Mais la plus récente injustice commise envers des francophones de Parry Sound, Thunder Bay, Kenora et Frontenac me renverse. Elle me donne la nausée.
Vous avez sûrement lu cette nouvelle - et l'excellent éditorial du collègue Pierre Allard - dans notre édition d'hier. Des parents francophones des quatre régions ci-haut mentionnées ont été forcés de parler anglais à leurs enfants lors de visites surveillées. Ils se sont fait dire par les Centres de visites surveillées, qui sont sous la responsabilité du Bureau du procureur général, de parler à leur enfant dans une langue que leur enfant ne comprend pas.
Et pire encore, les régions mentionnées sont désignées selon la Loi sur les services en français.
Bref, ces parents se sont fait dire speak white par le gouvernement. La nausée, vous dis-je.
Et que dire de la réaction de la ministre déléguée aux Affaires francophones, Madeleine Meilleur? Bien qu'elle ait dit du bout des lèvres que la situation était inacceptable, voici ce qu'elle a ajouté: «On parle de quatre cas, il ne faut pas perdre les pédales».
Un cas, MmeMeilleur, un seul cas aurait été un cas de trop. Un seul cas aurait dû vous faire perdre les pédales. Qu'on en compte quatre est scandaleux!
Et n'oublions pas que les quatre parents en question ont dû porter plainte au Commissaire aux services en français de l'Ontario, François Boileau, pour signaler l'injustice commise envers eux. Combien de parents n'ont pas pris la peine de porter plainte et ont simplement abdiqué devant cette injustice flagrante?
«Il ne faut pas perdre les pédales», a dit la ministre. (Long soupir...) Qu'elle est épuisante, cette lutte interminable.
Voilà. C'était mon opinion sur cette histoire.
Mais semble-t-il que certains lecteurs n'aiment pas que j'émette mon opinion dans MA chronique.
Je ne sais trop ce que j'ai écrit dans mon papier d'hier qui a tellement choqué une lectrice (mais je soupçonne que c'est ma prédiction sur la défaite de Jean Charest aux élections du 4septembre prochain), mais voici le message que cette lectrice m'a laissé dans ma boîte vocale. Je vous le transcris intégralement:
«Bonjour M.Gratton,
«C'est au sujet de la chronique que vous écrivez dans le journal LeDroit. Vous pourriez vous en tenir à votre chronique de balivernes au lieu d'émettre des opinions sur la politique et ce qui se passe au Québec présentement. Il y a des spécialistes qui sont mieux renseignés que vous et qui peuvent nous donner l'heure juste.
«Vous, à mon avis, en tant que journaliste, vous devriez demeurer neutre. Et non émettre des opinions personnelles dans une chronique de ce genre.
«Je suis profondément déçue de votre attitude. Au revoir.»
CLIC. (Et ne se nomme pas.)
«Votre chronique de balivernes», a-t-elle dit. C'est gentil...
C'est une façon de la nommer, faut-il croire. Mais si vous saviez, chère dame, toute la pression liée à la rédaction d'une «chronique de balivernes» quotidienne et potentiellement lue par plus de 100000 personnes, vous choisiriez peut-être un autre mot pour la décrire. Mais libre à vous.
Vous avez raison sur deux points, Madame Sans Nom. Le premier, c'est lorsque vous dites qu'il y a des spécialistes (en politique) mieux renseignés que moi. Je vous l'accorde.
Et le deuxième, c'est lorsque vous dites que les journalistes doivent demeurer neutres. Vous avez tout à fait raison sur ce point.
Mais vous comprendrez que je suis journaliste, mais que je suis aussi chroniqueur. Chroniqueur à temps partiel depuis 19 ans et à temps plein depuis plus d'une douzaine d'années. Et le rôle du chroniqueur est parfois d'émettre son opinion sur un sujet choisi.
C'est l'une des grandes différences entre un journaliste et un chroniqueur.
Sur ce, passez un bon week-end, Madame. En espérant que vous continuerez de lire mes balivernes.
Changement de sujet...
Bonne nouvelle dans la section des arts de notre édition d'hier: l'assassin de John Lennon restera en prison. La commission des libérations anticipées a rejeté la septième requête de Mark David Chapman, qui purge une longue peine de prison pour avoir tué par balle l'ex-Beatles à New York le 8décembre 1980.
Excellente décision rendue par cette commission. Parce qu'il est clair que Chapman n'est pas guéri de ses troubles mentaux.
En fait, je pense qu'on saura qu'il est guéri quand il cessera de demander d'être libéré. Parce que c'est à ce moment-là qu'il aura compris qu'il est bien plus en sécurité en prison que dans la rue...