Mais enfin. Bien content d'être (déjà) de retour dans cette page et de vous retrouver, chers lecteurs.
Je viens de passer de très belles vacances. Une semaine de golf et deux semaines dans un merveilleux chalet de Val-des-Bois. Deux semaines de sainte paix sans Internet, sans téléphone (même le cellulaire ne servait à rien, sauf pour donner l'heure juste) et sans télévision.
Seul petit regret: j'ai raté la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques et la déconfiture d'Adam Scott au «British Open». Deux événements que j'aurais aimé voir en direct, mais je n'ai pas perdu de sommeil.
La chienne Alfie et la chatte Bibi étaient du voyage. Pour Alfie, il s'agissait de sa première expérience en forêt. Elle a adoré. Mais il y a des suisses et des écureuils qui étaient bien contents de la voir partir au bout de deux semaines.
Bibi, elle, s'est cachée sous un lit pendant 24heures. Mais une fois sortie du chalet, elle ne voulait plus rentrer. Elle a même découché une nuit, la sauvage.
J'appréhendais le pire avec ces deux animaux. Mais tout s'est bien déroulé, ils se sont vite adaptés et, au bout de deux semaines, ils suppliaient les pics-bois de leur cogner sur la tête et de ne pas les laisser r'venir en ville.
Oui, tout s'est bien passé avec Bibi et Alfie. Sauf la fois que...
Lundi matin. Deux jours après notre arrivée.
«Vas-tu au village chercher tes journaux? me demande Manon.
Est-ce que le Pape est catholique?
C'est un «oui» ça?
Oui.
Alors je vais y aller avec toi. Je veux arrêter au Dollarama».
(Drôle de phénomène, c'est «Dollarama», ou c'est «Dollar ou deux», ou appelez-les comme vous le voulez, ces «magasins de gugusses à une piasse». Dans les années 60 et 70, chaque petit village du Québec avait son minigolf. Qui était habituellement construit de toutes pièces à côté du casse-croûte du village. Mais les minigolfs ont disparu pour faire place aujourd'hui aux «Dollarama». Avant, on s'amusait en famille avec une «piasse». Aujourd'hui, on magasine en famille avec une «piasse». J'aimais mieux les minigolfs.)
Pourquoi veux-tu arrêter au «Dollarama», Manon?
Juste pour voir. Et on pourrait arrêter au restaurant pour le petit-déjeuner.
Et que fait-on de Bibi et Alfie?
On les laisse ici. Il n'y a pas de danger. On les laisse seules à la maison quand on sort. Pourquoi est-ce que ce serait différent ici?
Parce qu'elles ne connaissent pas l'endroit et qu'elles risqueraient de paniquer.
Tu t'en fais pour rien, Denis.»
Nous avons passé environ deuxheures au village. La quincaillerie («juste pour voir»), le «Dollarama» (qui s'appelait Déco Dollar, ou quelque chose comme ça), le dépanneur, la boulangerie (un très bon pain), l'épicerie et, enfin, le restaurant. (Je pense qu'il s'appelait la Pizzeria Val-des-Bois. Un excellent petit-déjeuner, ainsi qu'une pizza, que j'ai mangée pour souper plus tard dans la semaine, qui était délicieuse).
Retour au chalet. On entre, Bibi est couchée sur le divan du salon, occupée à faire sa toilette. Mais Alfie n'est ni vue ni connue. Mais où est-elle passée? Habituellement, elle accourt à la porte à notre arrivée.
«Alfie! Alfie!». Rien. Elle n'accourt pas. Elle n'aboie pas. Elle a disparu!
«Je vais aller voir en-haut», me dit Manon d'un ton plein de panique.
En haut, c'est le loft. Une magnifique chambre à coucher avec un lit construit en bois rond.
«Denis!
Quoi!?
Alfie est ici! Viens m'aider!».
«Viens m'aider», a-t-elle dit? Mais que se passe-t-il là-haut? Je monte à toute vitesse.
Je ne sais trop comment Alfie s'est retrouvée là. Courait-elle après Bibi? Voulait-elle nous voir arriver par la fenêtre du loft? Je ne sais pas. Mais la pauvre chienne avait le corps coincé dans le store vénitien avec le soleil qui plombait à travers la fenêtre (il faisait 33 degrés), et sa petite tête était coincée entre deux poteaux en bois rond de la tête de lit!
«Elle est coincée Denis et je n'arrive pas à la déprendre! me crie Manon en tentant de lui retirer la tête d'entre les deux poteaux.
Attends Manon! C'est comme un bébé qui sort du ventre de sa mère. Une fois la tête passée, le corps va suivre.»
Puis j'ai délicatement tiré Alfie vers l'avant pendant que Manon lui déprenait le corps du store vénitien.
Combien de temps avait-elle passé dans ce «piège» pendant que Bibi se prélassait dans le salon? Trente minutes? Une heure? Deuxheures? On ne le saura jamais. Mais à en juger par la quantité d'eau qu'elle a bue une fois libérée, elle frôlait la déshydratation complète, voire la mort.
Alfie s'en est vite remise. Mais Manon n'est pas revenue au village des vacances...