Golf de printemps

Denis Gratton
Le Droit

Dieu qu'il a fait beau hier ! Une première vraie journée de printemps, deux semaines avant que cette saison arrive officiellement. J'adore ces journées de mars. Et en prime, on passe à l'heure avancée en fin de semaine. Fini les journées où la noirceur s'installe à 18 h.

Je mentirais en disant que l'hiver a été long. Parce qu'il a été plutôt clément, sans périodes prolongées de grands froids, et sans tempête de neige significative. Et j'avoue qu'une semaine dans le sud à la mi-février a vite fait disparaître les winter blues qui m'habitaient.

Mais c'était tout de même l'hiver. Et clément ou non, je déteste cette saison. Mais il achève, ce maudit hiver. Enfin.

« Deniiiis ! ». « Deniiis !!».

Vous savez qui m'appellent de la sorte ? Non ? Ce sont mes bâtons de golf. Eux aussi ont constaté que la saison de golf est à nos portes.

Mais ne leur dites pas mais... je les échange cette année. Je n'ai pas encore trouvé le courage pour leur annoncer mais je les vends et je m'achète un nouvel ensemble de fers à la fine pointe de la technologie. Et il était temps...

J'en discutais avec un collègue de travail hier et celui-ci me disait qu'il avait récemment échangé ses fers au magasin Golf Town pour un nouvel ensemble flambant neuf.

« Combien t'ont-ils donné pour tes anciens fers ?, que je lui demande.

- Un peu plus de 200 $.

- Hmmm... intéressant. Je me demande combien je pourrais avoir pour mes vieux fers.

- De quelle marque sont-ils ?

- Des Titleist DCI.

- Pour savoir combien ils valent, tu n'as qu'à vérifier sur Internet, trouver la marque de tes bâtons et on t'indiquera à l'écran leur valeur d'échange.

- Je vais faire ça. »

----

Je suis tout de même triste de dire adieu à mes vieux Titleist. C'est Manon qui me les avait offerts en cadeau il y a une dizaine d'années, peut-être un peu plus. Ils valaient 800 $ à l'époque. C'était très cher dans le temps mais il s'agissait de bâtons - comme m'avait dit le vendeur anglophone - « top of the line ». Des bâtons qu'un laboureur de week-end comme moi ne méritait pas.

Mais ils m'ont tout de même adopté. Et ils m'ont donné de beaux coups au fil des années. Beaucoup plus de coups affreux, on s'entend. Beaucoup de visites en forêt aussi. Mais quelques excellents coups. Ils vont me manquer.

Mais allons voir sur Internet combien je pourrai obtenir pour eux. Qui sait ? Si je peux obtenir 200 $ ou 250 $, je pourrai peut-être me permettre d'autres bâtons « top of the line ».

Un petit clic par-ci, un petit clic par-là et... voilà. Le prix est affiché.

Oh. Merde.

« Qu'est-ce qui se passe Gratton ?, me demande un collègue.

- Je viens de vérifier la valeur d'échange de mes fers.

- Et... ?

- C'est pas fort.

- Combien t'offrent-ils ?

- 24 dollars et 99 cents.

- (Éclat de rire). Mais de quelle année datent-ils ! ?

- 1998 ou 1999, j'oublie.

- T'obtiendrais plus chez un antiquaire !

- Très drôle.

- Non, mieux que ça ! Fais-les fondre pour le fer. Je suis sûr qu'on t'offrira plus que 25 $.

- Va te faire cuire un oeuf.

- De qui les avais-tu achetés au juste ? Sam Snead ou Ben Hogan ?

- Pfff...

- Mais comment faisais-tu pour jouer avec ces antiquités, Gratton ! ?

- Tu m'as déjà vu jouer, non ?

- Ouais... d'accord. Ça explique plusieurs choses. »

----

Vingt-cinq « piasses » pour des bâtons de 800 $... il n'y a pas de justice. J'ai déjà eu des voitures dont la valeur ne dépréciait pas autant !

Et il va sans dire que je vais tracer une croix sur des fers « top of the line ». Je pense même que je vais garder mes vieux Titleist. Parce que j'ai une idée.

Il y a ce petit musée du golf au terrain Kingsway, à Aylmer. Je vais aller voir mon ami et « pro » de ce club, Marc Foucault, à l'ouverture de la saison.

Qui sait ? Peut-être m'offrira-t-il un peu plus que 25 $ pour exposer mes fers dans ce musée...

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