Et il y a quelque chose de magique dans une odeur de printemps en janvier. Tellement beau faisait-il que je suis allé prendre une marche. À quand remonte la dernière fois que j'ai pris une marche un mardi matin d'hiver? J'oublie. C'est trop loin dans ma mémoire.
Mais hier matin, ce qui devait être une courte et rapide marche jusqu'au dépanneur s'est transformé en une longue et paisible balade dans les rues secondaires de mon quartier. Une marche printanière sous un soleil rayonnant en plein mois de janvier. Je croyais rêver.
Mais les nuages sont vite revenus en fin d'avant-midi, le ciel s'est couvert et l'hiver est réapparu. Comme s'il avait fait la grasse matinée. «Désolé, a dit l'hiver, mon cadran n'a pas sonné ce matin. Mais je suis de retour. Ici pour rester avec vous jusqu'en avril. Êtes-vous contents?»
Ici pour rester... Avec sa neige et ses maudits grands froids que je déteste tant.
Et à la télé et à la radio, on nous répétera qu'il fera un maximum de -15 °C aujourd'hui, -25 °C avec le refroidissement éolien. Ou le facteur vent, si vous préférez.
Ça vous énerve quand on ajoute le «refroidissement éolien» dans un bulletin météorologique? Oui? Moi aussi.
Déjà qu'on est bien conscient qu'on se gèlera le popotin à -15 °C, pas besoin d'en rajouter. C'est comme s'ils nous disaient que 25 centimètres de neige tomberont, mais qu'ils vous paraîtront comme 50 cm quand vous sortirez pelleter.
Et ça veut dire quoi, au juste, le «refroidissement éolien»? Je suis allé voir sur le site Wikipédia et voici ce qu'on peut lire: «Le refroidissement éolien, parfois aussi appelé facteur vent dans le langage populaire, désigne la sensation de froid induite par le vent sur un organisme qui dégage de la chaleur et qui s'ajoute à la température réelle de l'air ambiant.»
Traduction Gratton: «Le facteur vent, parfois appelé 'Y fait frette en tabarouette!' dans le langage populaire, est la température que vous ressentiriez si vous sortiez dehors nu comme un ver... pas de bas.»
C'est ça le refroidissement éolien. Ce qui m'amène à la prochaine question:
«Êtes-vous déjà sortis dehors en hiver nu comme un ver?» Non? Moi non plus. Et je suis pas mal convaincu qu'on fait partie de la majorité. Alors pourquoi ajoutent-ils le sapré facteur vent à tous les maudits bulletins météo!? On sait s'habiller, vous savez!
Voici ce qu'on devrait vraiment entendre à la télé et à la radio lors de ces bulletins: «Aujourd'hui à Gatineau et à Ottawa, on prévoit une journée ensoleillée avec un maximum de -20 °C, ou de -35 °C si vous prévoyez sortir pelleter ou pratiquer votre activité hivernale favorite... à poil.»
C'est ce que j'aimerais entendre. Qu'on nous dise les vraies choses.
(Long soupir...) Vous ai-je mentionné comment j'ai hâte de me sauver dans le Sud le mois prochain...?
Où dans le Sud, demandez-vous? Je ne sais trop.
Pas en Floride. Been there, done that. Et entre vous et moi, c'est plutôt ennuyant la Floride. Décorez le terrain de stationnement d'un Wal-Mart de palmiers et de sable et... voilà! La Florida.
La République dominicaine peut-être? Non plus. J'y suis déjà allé deux fois. Et de me barricader dans un chic complexe hôtelier pendant une semaine pour éviter tout contact avec la population, question de sécurité, n'est pas mon idée de plaisir. On se sent tout drôle «en prison» avec un piña colada dans les mains.
Un retour à Cuba, alors? Peut-être. J'ai beaucoup aimé mon séjour là-bas, il y a trois ans. Et les Cubains sont d'une bonté et d'une hospitalité inouïes. Si seulement ils pouvaient apprendre à faire la bouffe...
Et si on disait la Jamaïque? Alors là, j'aimerais. J'aimerais vraiment. Mais il n'est pas donné, le pays de Bob Marley.
Et en ce qui a trait au Mexique, ce pays n'est pas mon premier choix par les temps qui courent. Il ne passe pas une semaine sans qu'on apprenne la mort d'un touriste canadien dans ce pays. Pas très invitant, mettons.
Mais il y a plein d'autres endroits. Je finirai bien par me décider.
«Et si on laissait faire le Sud cet hiver et qu'on allait en Europe l'été prochain?», m'a justement suggéré Manon l'autre jour.
J'y ai pensé. Pendant approximativement 45 secondes. C'est-à-dire jusqu'à ce que j'entende les mots «refroidissement éolien» à la radio...
Que chantait Robert Charlebois encore? Ah oui, ça me revient:
«Demain l'hiver, je m'en fous.
Je m'en vais dans le Sud, au soleil,
Me baigner dans la mer
Et je penserai à vous
Assis dans la soupe bleue jusqu'au cou.»