Il est temps de convertir le touché

Le pointage final était digne d'un match de football où les botteurs s'en... (Archives, LeDroit)

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Marc Brassard
Le Droit

Le pointage final était digne d'un match de football où les botteurs s'en seraient donnés à coeur joie, 15-9.

Pourtant, il y a eu un touché hier à l'hôtel de ville d'Ottawa.

Malgré une forte opposition menée par le conseiller du Glebe Clive Doucet, Lansdowne Live est plus en vie que jamais après que le conseil municipal d'Ottawa soit passé au vote après trois longues journées de délibération, et des mois de débat dans la communauté.

Ça n'a pas été facile, on dirait que ce ne l'est jamais quand des questions d'infrastructures sportives se retrouvent devant des politiciens qui font dans la rectitude politique et ne veulent surtout pas froisser les empêcheurs de tourner en rond qui ne veulent rien dans leur cour.

Pourtant, le choix aurait dû être facile : entre laisser le parc Lansdowne dans son état de décrépitude actuel - en particulier le stade Frank-Clair qui tombe en lambeaux, et former un partenariat avec l'entreprise privée pour revitaliser tout le site de 37 acres, incluant le stade et le Centre municipal à un coût de 250 millions $ partagé avec des gens d'affaires réputés qui ont obtenu une franchise de la LCF, la logique dictait d'aller de l'avant.

« Présentement, nous avons Lansdowne Dump, pas Lansdowne Live, a lancé le conseiller Rainer Bloess, du quartier Innes. C'est le temps de charrier le ballon de l'autre côté de la ligne des buts, pas de l'échapper. »

Neuf conseillers n'étaient pas d'accord, certains parce qu'ils ne veulent rien savoir de laisser l'entreprise privée donner un coup de main à une municipalité qui a négligé trop longtemps cette gigantesque mer d'asphalte et de béton située à côté du canal Rideau. C'était le cas de Doucet, Georges Bédard et Jacques Legendre, notamment. « C'est parce que j'aime ma ville que j'essaie de protéger Lansdowne », a lancé Doucet, la larme à l'oeil alors qu'il a terminé son discours après une interruption du maire Larry O'Brien.

Un autre francophone, Michel Bellemare, s'est opposé parce que le stade n'est pas suffisamment accessible par le transport en commun, selon lui.

« Cette entente est trop compliquée », a dit pour sa part une autre opposante, Diane Holmes.

Évidemment qu'avec les multiples motions qui sont venues « raffiner » le projet hier, l'entente avec Roger Greenberg, Jeff Hunt, William Shenkman et John Ruddy n'est pas facile à comprendre pour le commun des mortels.

Mais l'important en bout de ligne, c'est que quelque chose va se faire. Le payeur de taxes devrait voir sa communauté améliorée par cette entente, qui devra être ratifiée pour de bon en juin prochain.

« C'est une autre étape qui est franchie, ce n'est pas encore terminé car nous avons encore des conditions à remplir. Mais c'est un bon partenariat et les intérêts de la Ville d'Ottawa ont été bien défendus par les conseillers et les fonctionnaires », a dit Greenberg au sortir de la salle du conseil.

Après des heures à écouter les nombreuses questions, les nombreux commentaires et la rhétorique parfois illogique, le propriétaire des 67's Jeff Hunt était particulièrement soulagé.

« Les gens ne réalisent pas que je suis doublement impliqué dans ce processus. Au-delà d'un stade pour l'équipe de la LCF, le fait que le Centre municipal soit rénové assure aussi l'avenir des 67's pour les prochaines 30 ou 40 années... Maintenant, si tout va bien avec le processus d'approbation et les appels d'offres, on espère pouvoir mettre pelle en terre au début de 2011 et commencer à jouer au football en 2013. »

Malgré toutes les embûches, Hunt a dit que ses partenaires et lui n'ont jamais songé à lancer la serviette : « Ce n'est pas notre genre d'abandonner dès qu'il y a un peu d'adversité », a-t-il confié.

De l'adversité, il risque d'y en avoir encore cependant. Il ne faudrait pas se surprendre de voir les opposants au projet s'organiser pour faire appel devant la Commission des affaires municipales de l'Ontario (CAMO), même si le conseiller Peter Chiarelli me disait qu'il pense que la légalité de l'entente ne peut être attaquée devant celle-ci.

Le maire O'Brien espère qu'après « des années de négligence, le parc Lansdowne va redevenir un endroit magique de rassemblement » dans la capitale.

Le parc Lansdowne revitalisé ne sera pas Disneyland, quand même.

Mais avec son stade et son aréna rénovés, avec ses petites boutiques et ses restaurants, ses parcs et son marché de fermier, son futur hôtel et son cinéma, il devrait être bien mieux qu'il l'est actuellement.

Maintenant, il ne reste qu'à convaincre Jeff Hunt et ses amis d'oublier leur idée de ramener le nom des Rough Riders pour la franchise de la LCF.

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