Une Sérénade pour le caporal Cirillo

Une minute de silence a été observée à... (Valérie Lessard, LeDroit)

Agrandir

Une minute de silence a été observée à la mémoire du jeune soldat Nathan Cirillo. Ce récital était le premier événement public de l'actuelle tournée au Royaume-Uni de l'Orchestre du Centre national des arts. Sur la photo, de gauche à droite, Jeremy Mastrangelo (violon), David Thies-Thompson (alto), Leah Wyber (violoncelle) et Rosemary Thompson (directrice des communications et affaires publiques du Centre national des arts).

Valérie Lessard, LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(ÉDIMBOURG) Pinchas Zukerman n'a pas «l'habitude de s'adresser à la foule, lors d'un concert». Il n'a pas pourtant hésité à le faire, jeudi soir.

«Vous le savez, un jeune soldat innocent, qui ne faisait que son devoir, a été abattu de sang-froid [mercredi] à Ottawa. Face à de telles tragédies, la plus belle manière pour moi de dire merci à la vie, aux gens et à la paix a été et sera toujours la musique», a déclaré le maestro.

Il a donc décidé, sur l'impulsion du moment, d'ajouter une pièce inattendue au tout premier concert de l'Orchestre du Centre national des arts (OCNA) dans le cadre de sa tournée au Royaume-Uni.

La Sérénade pour cordes du compositeur britannique Edward Elgar est ainsi venue terminer sur une note particulièrement touchante une soirée fertile en émotions pour les musiciens, «encore sous le choc» de la fusillade survenue à quelques pas de leur lieu de travail, confiait l'un des violonistes, après la prestation.

Donnant le coup d'envoi à une tournée visant à commémorer le centenaire de la Grande Guerre, le concert de jeudi a d'ailleurs été dédié à la mémoire de la victime de la tragédie, le caporal Nathan Cirillo. Un concert qui aura donné une poignante résonance aux oeuvres inscrites au programme, voyageant justement entre hier (Vaughan Williams, Bruch et Beethoven) et aujourd'hui (John Estacio), ainsi qu'entre la Grande-Bretagne, l'Allemagne et le Canada.

L'acoustique remarquable du Usher Hall ne peut à elle seule expliquer la qualité et la charge émotionnelle donnée à la Fantaisie sur un thème de Thomas Tallis de Vaughan Williams, en ouverture. Les 42 musiciens alors sur scène ont fait vibrer les cordes de leur violon, alto, violoncelle et contrebasse avec une sensibilité profondément ressentie.

Brio du Canadien John Estacio a ensuite donné l'occasion aux vents et cuivres de briller tour à tour, du basson au cor, de la flûte au trombone. Plus contemporaine, la pièce a plu à la foule qui a chaleureusement applaudi le compositeur, présent sur les lieux.

Et si la Symphonie no 7 de Beethoven a elle aussi été appréciée, le moment fort de ce premier concert demeure le solo de Pinchas Zukerman. Tapant du pied pour bien rythmer ses intentions, jouant à la fois de son archet comme d'une baguette pour diriger l'orchestre et pour faire entendre toutes les nuances de son instrument, il a livré le Concerto pour violon de Bruch avec autant de fougue contagieuse que de finesse d'interprétation.

Un peu plus tôt au cours de la journée, les trio de cordes (Jeremy Mastrangelo, David Thies-Thompson et Leah Wyber) et quintette de cors (Lawrence Vine, Julie Fauteux, Elizabeth Simpson, Nicholas Hartman et Jill Kirwan) avaient pour leur part présenté un récital mariant jazz et airs plus solonnels en la cathédrale St. Giles. Quelque 80 personnes s'étaient rassemblées dans la magnifique église, fondée par le roi David au XIIe siècle, pour les écouter.

Il s'agissait du premier événement public de l'OCNA dans le cadre de l'actuelle tournée et un moment de silence à la mémoire du caporal Cirillo a également été observé en cette occasion.

Les frais de ce voyage sont en partie assumés par le CNA.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer