Ballade au pays des souvenirs (en vidéo)

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Pour Amanda Forsyth, la violoncelliste solo de l'OCNA, la tournée au Royaume-Uni aura un cachet émotionnel particulier. Une touche plus personnelle qui s'intitule A Ballad of Canada.

«Qu'on ait inclus la toute dernière oeuvre de mon père dans le programme de l'orchestre me touche évidemment beaucoup», évoque-t-elle d'un ton ému, lors de notre rencontre au terme du concert pré-tournée présenté au Centre national des arts, le 8 octobre dernier.

Commandée au compositeur Malcom Forsyth, A Ballad of Canada est une oeuvre pour choeurs et orchestre que l'OCNA a interprétée en première mondiale en juin 2011, peu de temps avant son décès. Sa fille ne l'avait pas rejouée depuis.

«J'ai travaillé très fort pour ne pas me laisser submerger par l'émotion, ce soir. Dans des moments comme ceux-là, je me force à porter un masque, afin que mon visage ne me trahisse pas trop. Je préfère alors laisser parler mon instrument et la musique», mentionne-t-elle.

Originaire d'Afrique du Sud, M. Forsyth a immigré au Canada à la fin des années 1960. Quand le Centre national des arts lui a passé la commande pour une oeuvre, il y a environ quatre ans, il s'est demandé pendant quelque temps ce qu'il allait composer, se souvient la violoncelliste.

«Puis, un jour qu'il se promenait à Ottawa en observant les monuments et statues érigés à la mémoire des soldats tombés au combat, il m'a appelée tout excité en me disant: "Je crois que je sais ce que je vais raconter!" Cette pièce, il l'a écrite en hommage à son pays d'adoption», rappelle-t-elle fièrement.

Son père a puisé dans les textes de quatre poètes du Canada anglais pour mettre leurs mots en musique et ainsi évoquer les divers visages de la nature canadienne. De Ralph Gustafson (In the Yukon) à E.J. Pratt (The Toll of Bells et Newfoundland), le compositeur fait ainsi voguer sa partition d'un océan à l'autre. Il ne pouvait toutefois se douter qu'en incluant le fameux poème In Flanders Field de John McCrae, il donnerait à sa Ballad of Canada une portée encore plus symbolique.

«Papa n'avait pas écrit sa pièce en prévision de la tournée que nous allons faire, mais c'est vrai que ça lui donnera une autre dimension quand nous l'interpréterons là-bas.»

Quel mouvement aime-t-elle particulièrement jouer, dans cette pièce?

«L'ouverture du dernier mouvement, répond-elle. Pour moi, c'est comme si la musique traversait l'espace tel un immense rayon de lumière, alors que les dernières mesures évoquent les ultimes vacillements de la vie quittant la terre pour le ciel. Du moins, c'est ainsi que j'interprète cette partie de son oeuvre...»

Et un petit peu d'Elgar

Il y a aussi un peu de Malcom Forsyth dans le (trop) court Sospiri pour violoncelle et orchestre de Sir Edward William Elgar (1857-1934), qu'elle livrera au Royaume-Uni.

«Papa et moi avons passé plusieurs heures à étudier l'oeuvre d'Elgar, mais je n'avais encore jamais interprété cette pièce, dont nous avons dû trouver les bons arrangements pour nous, pour la tournée.»

Ce «soupir» d'environ cinq minutes qui la met en vedette a été ajouté au programme à la demande expresse des commanditaires du concert prévu à Bristol.

«Il s'intègre bien, d'autant mieux que, quand je le joue, j'ai l'impression de voir se déployer les vastes plaines anglaises sous mon archet», soutient la violoncelliste.

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