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Serena Ryder: la louve qui hurle à la pop

Serena Ryder: «La pensée positive à n'importe quel... (Le Droit, Patrick Woodbury)

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Serena Ryder: «La pensée positive à n'importe quel prix, très peu pour moi. De toute façon, c'est de la foutaise!» 

Le Droit, Patrick Woodbury

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(Ottawa) Serena Ryder est une louve. Capable de hurler à la Lune ses amours et désirs de femme autant que sa peur de l'abandon et ses peines. Capable de mordre pleinement dans la vie autant que montrer les dents pour se protéger. Inspirée par la légende cherokee des deux loups (le blanc et le noir) que chacun doit nourrir en soi, l'auteure-compositrice-interprète chante aujourd'hui sur Utopia son rêve d'équilibre. En mode pop.

Elle était en train d'écrire une chanson sur cette notion d'équilibre quand l'auteure Simon Wilcox (qui cosigne la pièce-titre du nouvel album de la Canadienne) lui a parlé de cette histoire autochtone, il y a un peu plus de deux ans. Si Serena Ryder s'est reconnue aussi rapidement dans cette vision des deux loups, c'est qu'elle a été diagnostiquée bipolaire et qu'elle a déjà composé avec la dépression. Les hauts et les bas, «et les montagnes russes entre les deux», elle a appris à les apprivoiser. Et à pleurer ou à rire, à crier de joie ou de colère, selon ce qu'elle ressent.

Dès lors, il n'est pas question pour la femme et artiste de 34 ans de nourrir un loup plutôt qu'un autre. «Parce qu'il y a alors le danger que le loup affamé dévore l'autre...» évoque-t-elle, attablée dans un restaurant lors de son récent passage dans la capitale canadienne.

«Oui, il faut s'assumer, essayer de voir le verre à moitié plein au lieu d'à moitié vide, mais il faut surtout accepter d'embrasser tout ce que l'on est, dans ce qu'on a de plus beau et de plus sombre, afin de trouver son point d'équilibre à soi. La pensée positive à n'importe quel prix, très peu pour moi. De toute façon, c'est de la foutaise!»

Voyage intime

Tout le concept sous-tendant son plus récent album, Utopia, tient donc à cette décision consciente de témoigner d'un voyage intime au cours duquel l'amour se vit en vibrations partagées (Electric Love), dépendances assumées (Sanctuary, «ma chanson préférée, très personnelle, aussi» témoigne de ces allers-retours faits entre «deux êtres qui s'aiment, mais n'arrivent jamais à être en même temps à la même place dans leur vie»), comme en volonté ferme de reprendre le contrôle de sa destinée (Got Your Number) ou de concrétiser ses envies de trouver l'homme (Me and You).

«Cette chanson à propos de l'homme parfait pour moi, je l'ai délibérément écrite au présent, pour l'attirer», explique-t-elle dans un sourire mutin.

- Comme un appel, quoi!

- Exactement! Comme une louve sauvage et libre! réplique-t-elle en éclatant de rire, évoquant du même souffle la pièce Wild And Free.

Serena Ryder décline du coup sa mélancolie comme son côté plus affirmé sur des airs pop assumés, passant des ballades à des rythmes plus incisifs. 

«Je n'aurais jamais imaginé pouvoir sortir un album comme ça avant. Ç'a été tout un périple d'en arriver à la pop qu'on peut entendre sur Utopia», fait valoir celle qui a émergé d'un registre à la Buddy Holly et Linda Ronstadt pour toucher ensuite à un folk à la Ben Harper, Neil Young et Tracy Chapman.

Du vécu

Si elle s'est d'abord tournée vers les autres pour s'inspirer, tant pour ses textes que pour ses mélodies, Serena Ryder puise aujourd'hui en elle pour écrire et composer. «Il n'y a plus de faux-semblants dans mes chansons : ce que je chante, c'est ce que j'ai vécu. Ça coule de là d'où je reviens...»  

Musicalement, la Canadienne l'avoue sans gêne : «Je sème à tous les vents. Je n'arrive pas à décider quel genre je veux jouer. En fait, je ne veux pas avoir à choisir.»

Si l'amour est toujours «affaire de compromis», Serena Ryder refuse d'en faire en musique. Quand vient le temps de créer, elle défend farouchement sa liberté de faire les choses à sa manière, comme elle les entend.

«Avant d'envoyer quoi que ce soit à ma maison de disques, je m'assure toujours que tout soit prêt... Mais je demeure quand même ouverte aux suggestions si, au mixage, quelqu'un arrive avec une idée qui peut améliorer ma chanson», clame la trentenaire.




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