• Le Droit > 
  • Arts 
  • > Les décideurs 2016: une mission d'envergure 

Les décideurs 2016: une mission d'envergure

Le directeur général de la Maison de la... (Simon Séguin-Bertrand, LeDroit)

Agrandir

Le directeur général de la Maison de la culture de Gatineau, Steve Fournier

Simon Séguin-Bertrand, LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Après les émergents, place aux décideurs ! Tout au long de l'année, l'équipe des arts vous présente des femmes et des hommes qui façonnent le milieu culturel, en saisissent les enjeux et en connaissent les coulisses. Pour ce 10e rendez-vous, LeDroit a rencontré le nouveau directeur général de la Maison de la culture de Gatineau, Steve Fournier.

Le décor, d'abord. Deux fauteuils installés au beau milieu de la scène de la salle Odyssée, désertée. Steve Fournier, le nouveau directeur général de la Maison de la culture de Gatineau (MCG) a le sens du spectacle. Lorsqu'on le retrouve à l'heure convenue, dans son bureau fraîchement réaménagé, il se lève précipitamment et propose que l'entrevue se déroule... sur le plateau du théâtre qu'il dirige depuis le début de l'été.

Petite visite des coulisses, dans le noir - impossible de trouver l'interrupteur - on restera dans les couloirs à deviner les différentes pièces - la buanderie, les costumes, les loges. À la manière d'un châtelain qui ferait visiter son nouveau domaine mais n'en aurait pas encore toutes les clés. 

Steve Fournier, taille imposante et regard bleu perçant, n'est pourtant pas un débutant : avec plus de 15 ans de direction culturelle à la Ville, ce Gatinois d'adoption a été choisi pour diriger le plus grand centre artistique de la municipalité. Une mission d'envergure, puisqu'il remplace Julie Carrière, partie à la retraite en octobre après 15 ans de service à la tête de l'institution.

« J'ai connu Julie depuis le début de ses fonctions, se souvient le natif de Baie-Comeau. Elle est devenue un monument de la diffusion au Québec, elle est extrêmement respectée des producteurs et m'aide beaucoup. »

Le choix de Steve Fournier par la Ville, sous l'oeil bienveillant de sa prédécesseure, est un signal fort pour consolider le rôle pivot que la MCG joue à Gatineau : en plus d'être un vétéran des institutions municipales, M. Fournier a mené plusieurs projets qui peuvent éclairer « sa » vision d'avenir.

En vrac, il a participé à la mise en place de l'Orchestre symphonique de Gatineau avec Yves Léveillé et Yves Marchand, piloté les rénovations du Cabaret La Basoche et celles du Théâtre de l'Île, ou encore lancé un programme d'aide aux écoles défavorisées pour leur faciliter l'accès aux spectacles.  Le nouveau directeur a à coeur la notion de service public, dit-il, ce qui ne devrait pas changer dans ses nouvelles fonctions où il demeure un employé municipal.

Rendre la culture plus accessible

Quand on lui fait remarquer que le coût des billets s'envole parfois à des hauteurs inaccessibles au porte-monnaie de la classe moyenne, il assure vouloir développer des partenariats, travailler avec les producteurs « pour rendre les spectacles accessibles aux portefeuilles de toutes les catégories ». 

Les comptes de la MCG sont au beau fixe, dégageant un surplus financier à partir d'un budget comprenant 10 % de subvention seulement, et 90 % de revenus autonomes. Alors, comment faire évoluer une institution en bonne santé économique ?

« Il faut renouveler la programmation dans le respect de la demande du public actuel », répond sagement le directeur. 

De nouveaux créneaux de programmation s'ouvriraient en misant « sur le rock, le country moderne, l'international, la relève et le côté création». Quant au théâtre, M. Fournier se targue de l'audace de la MCG qui programme « deux pièces du Théâtre du Nouveau Monde » par saison. Des événements hors murs devraient se tenir tout au long des prochaines saisons.

« Je pense à des projets de création à compter de 2018. La MCG s'associerait à des productions en devenant co-diffuseur ; on participerait de façon active à l'accueil de créations et on favoriserait la circulation des productions au sein des réseaux de diffusion. »

« Je veux que l'on se distingue dans l'offre touristique, en produit novateur. C'est important que nos compagnies de théâtre soient soutenues par des diffuseurs. » 

Tout est affaire d'écologie culturelle, explique-t-il, où les créneaux artistiques des uns ne devraient pas empiéter sur celui des autres. 

« Nous devons rester complémentaires, diversifier notre offre ensemble. Je veux continuer le dialogue avec les autres salles de spectacles de la région, pour qu'on soit en mesure de bien répondre à l'ensemble des besoins de cette belle grande région. » L'homme a le sens de la formule polie, le sourire implacable quand on lui fait remarquer que son dernier projet à titre de chef de la diffusion culturelle a mis du temps à devenir réalité. Plusieurs conseillers municipaux lui ont reproché de ne pas avoir fait aboutir les réflexions sur la situation des ateliers d'artistes plus tôt. « Quand le milieu s'est pris en main, on a travaillé ensemble pour que ça se concrétise. » 

Une chose est sûre, la nouvelle recrue de la MCG ne manquera pas d'attiser les espoirs du milieu culturel local.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer