Fin de Louis et début de trac

Philippe Carbonneaux, assistant metteur en scène, discute avec... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Philippe Carbonneaux, assistant metteur en scène, discute avec la journaliste du Droit.

Patrick Woodbury, LeDroit

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CHRONIQUE / La journaliste Maud Cucchi fait partie des 17 comédiens citoyens qui participent cette semaine à la pièce de Joël Pommerat, Ça ira (1) Fin de Louis. À quelques heures de la première, elle continue de rendre compte de son expérience. À suivre vendredi.

Sur la scène du théâtre du Centre national des arts, tout le monde attend. «Anna, elle est là, Anna?» Les répétitions pour la pièce Ca ira (1) Fin de Louis se poursuivent et sentent bon la colonie de vacances. Les participants commencent à se connaître, on s'échange des photos par courriel, on dîne ensemble à la cafétéria de l'établissement. Mais pas question de s'éterniser autour d'une soupe au chou-fleur, il reste encore beaucoup de travail pour la troupe de figurants sélectionnée parmi Les Forces Vives (ou FV pour les intimes), ces 17 citoyens intégrés au spectacle de Joël Pommerat.

Professeurs, fonctionnaires, étudiants ou retraités, assidus des programmations du Théâtre Français ou tout simplement curieux d'un défi peu ordinaire, tous ont répondu à l'appel lancé tous azimuts dans la région par le CNA.

Coup de pub réussi? Parmi la quarantaine de candidatures reçues, seul un tiers a été retenu, majoritairement dans la tranche d'âge des 40/50 ans.   

Jour J

Soir de première dans quelques heures. La pression monte. On se dit qu'avec le trac, la concentration, tout se passera bien et que la bonne soixantaine d'indications à retenir nous reviendra en mémoire sans défaillance (la bonne blague). Les assistants nous préviennent: «Attention, le grand danger de certaines scènes, c'est de s'endormir un peu.» Sur les 4 h 30 min de spectacle - rappelons-le - il faudra rester en alerte et guetter nos marqueurs, prêts à réagir ou à sortir de salle et changer de costumes (trois fois pour mon rôle, si j'ai bien compris...). Lundi, celles qui se demandaient si l'on se dénuderait en arrière-scène comme à la plage ont été rassurées: des mini-loges sont prévues à cet effet.

C'est par où la sortie?

Nos déplacements sont fléchés au sol dans les couloirs labyrinthiques du théâtre, une chance! Je n'ai absolument pas le moindre sens de l'orientation, toujours surprise de croiser les toilettes à gauche et la cafétéria à droite (ou inversement). Le b.a.-ba de la cartographie théâtrale nous a tout de même été expliqué pour différencier sur scène «à cour» et «à jardin», avec une histoire de Jésus Christ et de coeur de comédien à gauche.

La pièce n'ayant pas encore été publiée, les 20 scènes nous sont résumées au lance-pierre. «Vous avez compris?» nous demande-t-on régulièrement en cours de répétition. Les questions secondaires sont habilement expédiées tandis que les scènes-clés sont répétées consciencieusement. On goûte à l'énergie communicative de jouer ensemble et les fous rires ne sont pas rares. «Mais Jean-Guy, tu veux absolument être sur scène!» lance notre coach au malheureux égaré. Rires complices.  

Il y a encore la fin de la troisième partie à passer en revue, d'autres confrontations entre les politiciens; la nuit s'installe et les répétitions s'accélèrent.

«Il vous reste trois minutes», interrompt un technicien du CNA.

Le rideau tombe, la joyeuse troupe se disperse. Reste encore à trouver son chemin dans le dédale de la sortie...

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