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J'y étais... aux répétitions de Ça ira (1) Fin de Louis

Philippe Carbonneau (à gauche) prodigue ses conseils.... (Martin Roy, LeDroit)

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Philippe Carbonneau (à gauche) prodigue ses conseils.

Martin Roy, LeDroit

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CHRONIQUE / La journaliste Maud Cucchi fait partie des 17 comédiens citoyens qui participent cette semaine à la pièce Ça ira (1) Fin de Louis. Des répétitions aux représentations du 16 au 19 mars, elle témoigne de son expérience dans nos pages Arts et spectacles. À suivre mercredi prochain.

«Vous allez voir, la pièce est touffue»

Assis en cercle dans une salle aveugle du Centre national des arts, nous voilà à écouter les conseils de Philippe Carbonneaux, l'assistant du metteur en scène Joël Pommerat, et de son propre assistant, David. À la fin des 7 heures de répétitions intenses, dimanche, un coéquipier a bien résumé l'impression générale: «je ne pensais pas qu'on serait autant sollicités durant la performance!». 

Dix-sept participants, dont je fais partie, ont répondu à l'appel des Forces Vives, cette troupe de citoyens recrutés localement dans chaque ville où le spectacle Ça ira (1) Fin de Louis est présenté. Même à Sao Paulo, une quinzaine de participants francophones se sont prêtés au jeu.    

Notre point commun? Aucun d'entre nous n'est comédien amateur ou professionnel. On nous conseille de jouer sur le naturel, de ne pas chercher à incarner un personnage, mais d'«être authentiquement soi» pendant la représentation. Comme si, justement, ça allait de soi. Allons donc!

Chaque mot de présentation est pesé: «Forces vives» plutôt que «figurants», l'équipe de création tient à valoriser notre participation à cette production de 4h30, incluant deux entractes.

«Vous avez un rôle très important, nous répète-t-on: faire exister les courants politiques pendant la Révolution française». Sauf que, j'ai regardé autour de moi les réactions de l'assemblée pas encore constituée et les moues étaient plutôt dubitatives.

«La société est en train de changer et la population veut plus de droits; il va falloir faire vivre ce climat de peur, de danger et de risque!». Ça se corse et les questions fusent.

En formation accélérée, nos deux mentors ont résumé les grands enjeux de la Révolution française. Il y eut quelques bâillements, certes, un assoupissement discret (une nuit trop courte?), mais l'assemblée est restée captivée par cet exposé visiblement bien rôdé et plus enthousiasmant qu'un chapitre scolaire. Les souvenirs lointains du tiers état, de la noblesse et du clergé, des cahiers de doléances aussi, ont ressurgi des cours enfouis du secondaire. Un verre d'eau pour faire passer le tout, et ça repart!

Le résumé des assistants n'a pas manqué sa cible par ses résonnances actuelles: parmi les personnages, pas de politicien langue de bois, paraît-il, que des individus à la pensée assumée... Réactions autour de la table. On comprendra très vite que les répliques de cette création théâtrale n'ont gardé que la substantifique moelle des tensions politiques et sociales à l'oeuvre, à forte résonnance contemporaine.      

En 1h30 de descriptions, d'explications et de commentaires, nous avions couvert autant de temps de spectacle, soit seulement un tiers de la représentation.

Il était temps de passer à la démonstration vidéo, incluant ces scènes que nous ne verrions jamais des coulisses (frustration 1). Puis vint l'inéluctable pratique, les déplacements sur le plateau. Et avec, les premiers vertiges de néo-comédien. Comment retenir toutes les indications de mise en scène (frustration 2)? On se raccrochera au mot de la fin de notre assistant motivateur: «c'était dense, mais après c'est que du bonheur!». Allez, on y croit!

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