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Simon Renaud: sur quels pieds danser

Simon Renaud... (La Presse)

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Simon Renaud

La Presse

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Difficile d'attraper Simon Renaud, plus souvent parti à l'extérieur de la ville, en tournée ou en formation.

Le danseur et chorégraphe exulte à l'autre bout du fil. Énergie débordante. Il est visiblement heureux d'avoir la chance de faire son métier. En ce 15 décembre, il est à Toronto où il suit une formation animée par Ame Henderson et Christopher House du Toronto Dance Theatre. Simon Renaud fait partie des neuf chorégraphes sélectionnés pour participer à cet atelier intensif de deux semaines.

«Nous apprenons à clarifier notre pensée chorégraphique, explique-t-il lors d'une pause qu'il s'accorde avant de retourner en studio. Nous travaillons davantage le côté intello de la création et ressortons des sessions la tête en Jell-O.»

Chaque participant bénéficie de la supervision d'un mentor, tandis que les danseurs du Toronto Dance Theatre sont mis à leur disposition. Cette formation offre des avantages pratiques très prisés de la relève en danse.

«Notre participation est détachée de la pression de devoir produire un spectacle, souligne-t-il. J'en profite pour penser à l'extérieur du chemin chorégraphique que je me suis construit. C'est rare de se retrouver dans un tel environnement où l'on peut discuter de ses peurs, de ses doutes.»

Des désirs, Simon Renaud en a mille en bandoulière. Il sait ce que «remuer ciel et terre» signifie et ne cache pas que sa participation à notre série sur les artistes émergents lui a permis d'étoffer son portfolio pour les demandes de bourses. En attendant de savoir si son dossier sera accepté, il a postulé pour que le duo noyé/e, collaboration avec Joanie Audet, soit présenté en festivals, cet été. «Sauf qu'elle est partie trois mois en Inde, les répétitions devront attendre», nuance-t-il.

Danser dans la pente

Mais le jeune interprète chorégraphe a plus d'un tour dans son sac: il vient de rencontrer la saxophoniste Ida Toninato, ex-membre de la compagnie La La La Human Steps avec qui il espère débuter un projet multidisciplinaire. Entre-temps, il continue de participer à la tournée de Daniel Léveillé et rêve d'être sélectionné pour faire partie de sa prochaine création.

Grâce à lui, Simon a pris goût à la vie de tournée. Il retournera à Paris fin janvier après avoir visité l'Italie cet automne - «nous avons présenté le spectacle dans un vieil opéra italien avec plateau incliné, se souvient-il. C'était tout un défi d'effectuer les porters en pente!»

Le danseur semble rudement heureux, aussi, d'avoir pu transcender son épilepsie grâce à son art - même si «la médication reste à améliorer».

Son année 2016 fourmille déjà de projets. Un signe de santé qui ne trompe pas.

Caroline Yergeau: quand le théâtre fait des scènes

 

Caroline Yergeau... (Etienne Ranger, LeDroit) - image 3.0

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Caroline Yergeau

Etienne Ranger, LeDroit

C'est l'événement théâtral que tout le monde attend en 2016 au sein de la communauté franco-ontarienne: l'ouverture de la «nouvelle» Nouvelle Scène, prévue en janvier. Dans les rangs des artistes, on se réjouit de profiter prochainement d'un lieu plus lumineux, spacieux, moderne et à la fine pointe de la technologie avec ses deux salles de répétitions que d'aucuns convoitent avec impatience. Enfin un centre culturel à la hauteur des aspirations collectives? Il faut avouer que les studios ne sont pas légion dans la région.

«Je répétais dans mon sous-sol, on faisait vraiment pitié», mentionne Caroline Yergeau. 

La comédienne espère rapidement pouvoir travailler dans de meilleures conditions. En 2017, un théâtre flambant neuf et ses quatre salles de répétition devraient aussi voir le jour avec l'ajout d'un programme bilingue en art dramatique de type conservatoire, à l'Université d'Ottawa. La création de ce baccalauréat s'arrimera au vaste projet municipal de réaménagement de la Cour des arts.

En attendant, Caroline Yergeau peaufine chez elle ses projets futurs: le retour, en 2017, d'un Parcours Vanier nouvelle mouture, à partir de témoignages d'habitants. Elle continue ses recherches en vue d'une pièce documentaire sur les escortes, «un sujet délicat pour lequel il est très difficile de trouver des intervenants». Et prépare également la tournée ontarienne de Cinéma, signée Mish­ka Lavigne, pour laquelle la comédienne Andrée Rainville s'est distinguée dans la catégorie «interprétation féminine de l'année» aux derniers Prix Rideau.

Entre temps, Caroline Yergeau retourna en répétitions avec Louis-Philippe Roy afin de préparer la reprise de Fucking Carl, programmée par le Théâtre du Trillium en juillet 2016.

La comédienne, metteure en scène et directrice artistique est aussi orthophoniste. Depuis septembre, elle joint l'utile à l'agréable en proposant des ateliers de théâtre aux adolescents qu'elle suit à l'école secondaire le Carrefour. 

«Ces élèves atteints de dysphasies sévères ont embarqué dans le projet, ils n'ont pas l'impression de travailler. Je leur fais explorer la capacité de se mettre à la place de l'autre même si l'objectif premier reste langagier.» L'art comme force de changement, Caroline Yergeau y croit passionnément.

Elle continue d'ailleurs d'être une actrice active de son développement professionnel. Elle revient d'un stage de trois semaines au Banff Centre organisé par l'Association des théâtres francophones du Canada (ATFC).

«J'y ai acquis beaucoup d'outils. Je repars avec l'impression d'être plus solide en tant que créatrice».

Au cours de l'année, Caroline Yergeau aura beaucoup travaillé. En tant qu'artiste, mais aussi en femme qui élabore, construit, dirige, soutient les autres. Et qui rêve. Généreusement. En entraînant les autres dans de vastes projets poétiques.

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