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Les émergents: avant-dernier bilan, prise 2

La chanteuse Céleste Lévis, l'artiste visuelle Dinorah Catzalco... (Photomontage LeDroit)

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La chanteuse Céleste Lévis, l'artiste visuelle Dinorah Catzalco et le danseur Simon Renaud

Photomontage LeDroit

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Ils sont jeunes, plein de potentiel, et considérés «émergents». Ils oeuvrent à Gatineau ou Ottawa. L'équipe des arts du Droit suit leurs parcours depuis janvier, surveillant l'imminence de leur succès à travers une série de portraits trimestriels. Au cours des derniers mois, ils ont douté, remporté des prix, voyagé, créé à tous les vents. Certains ont même explosé médiatiquement, telle Céleste Lévis, dont on réserve notre portrait pour la semaine prochaine. Voici la suite de notre avant-dernier bilan de parcours avec les six artistes et collectifs émergents. Cette semaine: le danseur Simon Renaud et l'artiste visuelle Dinorah Catzalco.

Céleste Lévis, l'artiste «émergée»?

Céleste Lévis... (Etienne Ranger, Archives LeDroit) - image 3.0

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Céleste Lévis

Etienne Ranger, Archives LeDroit

La Franco-Ontarienne Céleste Lévis met présentement les touches finales à son premier album «professionnel», qu'elle a enregistré avec l'équipe de Tandem et en compagnie de ses nouveaux amis - et son amoureux David Fleury - rencontrés sur le plateau de l'émission La Voix. Un disque auquel ont aussi collaboré Lynda Lemay, Richard Séguin, Vincent Vallières, Luc De Larochellière et Matthieu Lippé.

Un rêve devenu réalité pour la jeune artiste originaire de Timmins, qui aura aussi la chance de se produire en première partie de Francis Cabrel lors de sa prochaine tournée au Québec, en mai 2016; deux arrêts sont d'ailleurs prévus au théâtre du Casino du Lac-Leamy: le 7 mai (déjà complet) puis le 8 octobre.

Céleste Lévis sera en outre l'une des têtes d'affiche de 400 ans, ça se fête, le grand spectacle de clôture du 400e anniversaire de la présence francophone en Ontario, qui réunira plus de 100 artistes de l'Ontario français (dont Le R, Yves Doyon, Brian St-Pierre, Mélissa Ouimet, Big Balade et L'écho d'un peuple) le 24 octobre à Toronto.

Peut-on vraiment continuer à parler d'une artiste émergente...?

Des projets et des idées plein la tête pour Dinorah Catzalco

Dinorah Catzalco nous accueille dans sa «jungle» colorée.... (Patrick Woodbury, LeDroit) - image 5.0

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Dinorah Catzalco nous accueille dans sa «jungle» colorée.

Patrick Woodbury, LeDroit

Dinorah Catzalco nous accueille dans sa «jungle» colorée. Les tableaux grands formats s'accumulent dans le sous-sol de la maison familiale. D'étonnantes créatures - qu'elle ira porter à La Fab, à Chelsea, où elle sera l'artiste du mois en novembre, «juste à temps pour la fête des Morts mexicaine!» - prennent la pose sur sa table de travail, entre pinceaux, tubes de peinture, pots de colle et autres bouts de carton. «J'y ai des petites oeuvres qui se vendent très bien. C'est un petit extra qui me permet d'autofinancer mon projet d'exposition (à la galerie Montcalm, en janvier 2017)», mentionne la principale intéressée.

Il y a surtout la toile toute ronde sur laquelle elle a esquissé sa prochaine oeuvre, en prévision de ladite exposition, pour laquelle elle veut explorer des canevas en forme de cercle de vie.

«Mon âme est revenue dans mon corps!» clame l'artiste visuelle, les yeux pétillants et le sourire serein.

Car Dinorah Catzalco ne le nie pas: lors du dernier rendez-vous, elle était «épuisée, un peu dépassée». Elle a même songé à réorienter son parcours professionnel, confie-t-elle. «Mais non, peindre, créer, c'est vraiment ce que je veux faire!»

Alors, elle s'est faite fourmi, engrangeant au cours des derniers mois assez de sous pour lui permettre de réduire ses heures au musée, où elle travaille désormais trois jours par semaine.

«Ça fait que j'ai maintenant quatre journées complètes par semaine pour créer! C'est un essai familial qu'on fait, côté budget, mais pour la première fois depuis longtemps, j'entrevois vraiment la possibilité de pouvoir compléter deux tableaux par mois d'ici à janvier. En tout cas, c'est l'objectif que je me suis fixé.»

Nul doute, Dinorah Catzalco est non seulement reposée, mais elle s'avère aussi plus motivée et inspirée que jamais. Et elle n'hésite plus à se mettre en valeur, soumettant son dossier pour les Culturiades («Ce que je n'avais jamais osé faire auparavant»), faisant une demande de bourse et de subvention au Conseil des arts et des lettres du Québec, répondant à divers appels d'offres correspondant à son travail.

«Réduire mes heures à l'extérieur m'a permis de renouveler mon énergie, de documenter ma démarche et mes oeuvres, de mettre en ordre et à jour mon dossier d'artiste. Je sème des petites graines partout. On verra bien ce qui poussera. Mais chaque accusé de réception que je reçois, je me dis que c'est peut-être une porte qui finira par s'ouvrir pour moi. Il y a de l'espoir!»

Simon Renaud trouve de l'inspiration sur le Vieux continent

Simon Renaud ne manque pas d'idées ni d'initiatives.... (Martin Roy, LeDroit) - image 7.0

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Simon Renaud ne manque pas d'idées ni d'initiatives. Un projet n'attend pas le suivant

Martin Roy, LeDroit

Sympathique effet estival: en se racontant ses vacances, on a l'impression d'y être encore. Celles de Simon Renaud furent nomades et européennes.

«Un mini château au milieu d'immenses clairières en Ardèche» fait plutôt bonne figure dans la discussion. Le jeune danseur et chorégraphe y a suivi un stage dans le cadre du Festival Format. «Tous les participants dormaient dans le même camping, on se baignait dans la rivière d'à côté, se souvient-il. Ça facilite les discussions, les rapprochements.»

Simon a ensuite pris la direction du Festival Montpellier Danse, qui n'avait cette année que des têtes d'affiche, comme l'Allemand Raimund Hoghe ou la Flamande Anne Teresa De Keersmaeker. Le jeune danseur n'en revient toujours pas: «J'ai pu assister à la dernière pièce de Maguy Marin pour 5 euros. Quand elle était passée au Festival TransAmériques, à Montréal, ça coûtait une quarantaine de dollars!»

Bienvenue en France, où les billetteries proposent souvent des tarifs très intéressants au jeune public, les moins de 25 ans étant plutôt bien lotis.

Simon en a profité pour s'offrir une mise à jour des plus récentes créations en danse contemporaine: le tout dernier spectacle de Benoît Lachambre présenté dans une cour intérieure pittoresque, ou encore Golden hours d'Anne Teresa De Keersmaeker, chorégraphie convoquant Shakespeare et Brian Eno... de quoi repartir bien inspiré, avec une longueur d'avance sur les programmations canadiennes.

À son retour, c'était encore un peu les vacances. «Notre» danseur émergent a participé à la Nuit Blanche d'Ottawa avec le Centre de danse ODD et s'enthousiasme encore de sa performance: «J'ai repeint l'intégralité d'une pièce et ses accessoires en bleu, 18 litres de gouache en une soirée!» Comme un mantra physique, l'exercice lui a inculqué «le renouvellement de la curiosité et de l'énergie». À 3 heures du matin, on le croit sur parole.

Les projets fusent

Le chorégraphe a également pris part aux Vitrines de l'avant-première proposées lors des Journées de la culture à Gatineau. Il présentait le duo noyé/e, en collaboration avec Joanie Audet, chorégraphie née de ses recherches pour un précédent spectacle. Son inspiration tourne autour du thème d'Ophélie dans Hamlet, mais aussi de l'idée de suppression des genres. Il intégrerait volontiers cette pièce à une précédente, L'inanité des bibelots.

On l'aura compris, Simon Renaud ne manque pas d'idées ni d'initiatives. Un projet n'attend pas le suivant. Il nous annonce, tout sourire, qu'il vient également d'être accepté au programme Emerging Voices Project initié par le Toronto Dance Theatre. Deux semaines d'ateliers et de mentorat à la clef, auxquels s'ajoutera une résidence de création à Hub 14 (Toronto) pour une chorégraphie destinée à un quintette féminin. Et ce n'est pas tout! La tournée de Solitudes solo (Daniel Léveillé) se poursuit avec lui au Canada et en Italie, fin novembre. Les vacances, vous dites?

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