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Les émergents: avant-dernier bilan, prise 1

Caroline Yergeau, ainsi que les équipes de Nish... (Photomontage LeDroit)

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Caroline Yergeau, ainsi que les équipes de Nish Média et Neige-galerie

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Au cours des derniers mois, ils ont douté, remporté des prix, voyagé, créé à tous les vents. Avant-dernier bilan de parcours avec les six artistes et collectifs émergents que l'équipe des arts suit cette année. Cette semaine: Caroline Yergeau, ainsi que les équipes de Nish Média et Neige-galerie.

Un succès après l'autre pour Caroline Yergeau

Caroline Yergeau... (Martin Roy, LeDroit) - image 3.0

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Caroline Yergeau

Martin Roy, LeDroit

Avec l'automne vient le temps de récolter les lauriers pour Caroline Yergeau, comédienne, metteur en scène, directrice de compagnie et orthophoniste, entre autres. Les Prix Rideau l'ont récemment récompensée dans plusieurs catégories, reconnaissant ainsi la diversité de son implication dans le milieu théâtral de la région. La pièce Fucking Carl qu'elle a créée avec Louis-Philippe Roy s'est distinguée comme «Nouvelle création de l'année», tandis que Cinéma, qu'elle a mise en scène, a remporté plusieurs prix: celui de la conception de l'année pour la scénographie-vidéo (signée Benoît Brunet-Poirier et Marie Pierre Proulx) sans oublier le prix de la meilleure interprétation féminine pour Andrée Rainville. Une rentrée en beauté, vers de nouveaux horizons créatifs.

L'appui et la reconnaissance de son travail ne s'arrêtent pas là. Son projet de théâtre documentaire réalisé à partir de témoignages d'escortes vient de recevoir une subvention du Conseil des arts de l'Ontario. Un précieux sésame dans le processus de création. «Je peux désormais organiser un laboratoire d'exploration avec des comédiens, et peut-être un musicien», se réjouit-elle. Ce désir d'une forme théâtrale inusitée, à mi-chemin entre le documentaire et le théâtre, a déjà décanté dans l'esprit de Caroline Yergeau.

«Le sujet des escortes peut être émotif pour certaines personnes, note-t-elle. J'aimerais recréer un spectacle où l'émotion serait autant, sinon plus importante que ce qui est dit.»

Elle aura tout le loisir de peaufiner son idée au Banff Centre où elle vient d'être sélectionnée pour participer fin novembre à un stage sur la création de personnages, dispensé par Robert Bellefeuille.

Dans le parcours de Caroline, formation et production se coudoient naturellement. Orthophoniste de profession, elle s'est toujours intéressée au travail vocal. En 2013, elle effectuait un premier stage de voix au Centre artistique international Roy Hart, en France. Elle y est retournée deux mois et demi, cet été, afin de parfaire ses connaissances dans le domaine tout en prêtant main-forte à l'accueil des participants.

«On y pousse au maximum les possibilités de la voix, ce qui peut rendre fou entre les murs de l'établissement mais demeure très stimulant. Là-bas, j'ai pu me consacrer uniquement à ma pratique, faire le point sur ma démarche artistique, partager mon travail avec d'autres stagiaires, écrire, transcender certaines limites vocales que je ne pensais pas pouvoir dépasser.» À sa grande surprise, la note du contre-ré n'a plus de secret pour elle.

«Ce séjour a constitué un point pivot dans ma carrière, reprend-elle plus sérieusement. J'ai pris conscience qu'il était important que je continue de me former en explorant mes possibilités en tant qu'artiste. À ce point-ci de mon parcours, j'ai envie de créer!»

Du développement tous azimuts chez Nish Média

Eve Ringuette, Sonia Bonspille Boileau et Jason Brennan,... (Patrick Woodbury, LeDroit) - image 5.0

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Eve Ringuette, Sonia Bonspille Boileau et Jason Brennan, de la maison de production Nish Média

Patrick Woodbury, LeDroit

Depuis la sortie de son premier film, Le Dep, la boîte de production Nish Média s'éloigne doucement du documentaire pour mieux se consacrer à la fiction cinématographique.

Les projets se multiplient, mais rien n'est acquis, souligne le producteur Jason Brennan. «On a plus de notoriété qu'avant, mais on est à la même place que l'an dernier.» À la même époque, «on avait cinq projets télé en développement. Cette année, on en a huit en télé et cinq fictions, plus un projet de réalité virtuelle. [...] C'est bien beau, mais encore faut-il que ces projets se concrétisent, car le développement ne rapporte pas d'argent», précise-t-il.

Nish se prépare à tourner dès novembre un nouveau documentaire, La fosse aux tigres, qui suivra l'aventure du Gatinois David Leduc, un champion d'arts martiaux mixtes qui en janvier partira en Thaïlande, pour combattre un détenu dans une prison. Ce documentaire «va nous aider à sortir de la niche 'autochtone'. C'est important» de ne pas être étiqueté par les diffuseurs, laisse-t-il entendre.

Sa conjointe, la réalisatrice du Dep, Sonia Bonspille Boileau, entame l'écriture de son prochain long métrage de fiction, Sasha chez les Indiens, une comédie dramatique relatant la relation amoureuse entre une femme autochtone et un homme non autochtone. La SODEC vient d'accepter leur demande de financement. «C'est très rare: d'habitude, on te refuse une couple de fois, en te demandant de retravailler ton scénario», note M. Brennan. Du coup, la réalisatrice, qui planchait sur le scénario d'un autre long métrage, une fiction traitant des femmes autochtones disparues, a dû revoir ses priorités.

M. Brennan espère aussi pouvoir tourner Sasha en 2016, tout comme Wendigo, un long-métrage fantastique.

Le divertissement de demain passera par la réalité virtuelle (RV), pressent le producteur. Son équipe a donc investi dans une caméra technologiquement adaptée à la RV, car elle souhaite produire une série de «six expériences» immersives à saveur autochtone.

APTN leur a commandé une cinquième saison de Hit the Ice, leur populaire télésérie sur le hockey, ancrée dans la réalité autochtone. «Cette fois, ils nous ont demandé d'aller la produire à Winnipeg. [...] On partira en tournage là-bas l'été prochain.

Une aubaine pour le producteur, qui «va pouvoir accéder au crédit d'impôts [sur la main-d'oeuvre, dont bénéficient les productions cinématographiques] du Manitoba, qui est le plus élevé de tout le Canada».

Le Dep «a beaucoup plus plu à l'international et au Canada anglais qu'au Québec», analyse le patron de Nish, déçu tant par la sévérité des critiques que par les recettes engrangées. «Je ne suis pas rentré dans mon argent.»

Leur film est à présent disponible sur les plates-formes Illico, Bell et Telus. La vente en ligne sera étendue à Viméo et iTunes dans quelques semaines.

Il continue d'être projeté dans les petits cinémas indépendants, en régions, à raison d'un ou deux soirs par semaine. Son parcours en festivals n'est pas terminé non plus: en novembre, il sera en compétition à San Francisco.

Neige-galerie: les bons comptes font les bonnes maisons d'édition

Guy Jean, en pleine séance de... comptabilité et... (Patrick Woodbury, LeDroit) - image 7.0

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Guy Jean, en pleine séance de... comptabilité et autres tâches connexes

Patrick Woodbury, LeDroit

Pour publier un livre, il faut bien sûr un auteur et un éditeur, à un bout et à l'autre de la chaîne de production. Entre les deux, il faut des directeurs littéraires, correcteurs, directeurs artistiques ou graphistes pour assurer la mise en page.

Il faut aussi quelqu'un qui sache tenir les livres... de compte.

«On publie des nouveautés selon l'argent qu'on obtient, par la vente de nos titres, en subventions ou par le sociofinancement, comme pour le projet de David Dufour qui sera lancé plus tard cette année», fait valoir Guy Jean.

Ce dernier est responsable de «toute l'administration» de la maison d'édition outaouaise Neige-galerie. À titre de trésorier de l'organisme à but non lucratif, c'est donc lui qui surveille les entrées et sorties de fonds, envoie les demandes de subventions, verse leurs droits aux auteurs (10% du prix au détail suggéré de leur livre), etc.

«Nous voulons être reconnus comme une maison professionnelle, à l'administration transparente et impeccable, qui traite bien ses auteurs», précise le bénévole, qui doit aussi coordonner le dépôt légal des titres auprès des instances québécoise et canadienne et gérer l'inventaire de la maison.

Dialogues de l'oeil, le plus récent titre publié par la maison, «illustre bien ce que nous sommes, ce que nous voulons offrir comme expérience de lecture aux gens».

Or, le livre d'art tel que conçu par Neige-galerie «ne se vend pas aussi bien ici qu'en Europe», regrette-t-il.

Cela force l'équipe de Neige-galerie à emprunter d'autres voies de financement. D'où l'idée de se tourner vers le socio-financement pour Détroit de David «D-Track» Dufour, par exemple.

Cela lui donne aussi l'occasion d'établir d'autres types de partenariats. Dans le cas de Dialogues de l'oeil, projet mené en collaboration avec la Ville de Gatineau pour mettre en valeur sa collection permanente d'oeuvres d'art, «l'argent injecté par la Ville dans le projet nous a permis d'honorer nos contrats avec les auteurs, artistes et ayant-droits dont les oeuvres sont reproduites», explique Guy Jean.

«De telles subventions nous permettent également de rémunérer certains actes professionnels, comme la mise en page ou la correction des textes, renchérit-il. Souvent, les montants versés sont dérisoires... Nos professionnels 'commanditent' notre production par leurs heures de bénévolat.»

L'équipe de Neige-galerie aspire à publier quatre titres par année à compter de l'an prochain. Pour y parvenir, M. Jean vise maintenant une subvention du Conseil des arts du Canada, «dont toute maison d'édition a besoin pour survivre, mais qu'il est très difficile d'obtenir, lors des premières années d'opération».

Après avoir récemment soufflé les deux bougies d'anniversaire de Neige-galerie, le conseil d'administration croit avoir fait ses preuves. Et en ses chances.

En route vers le Liban

Deux membres de la famille de Neige-galerie, Christian Quesnel et Mélanie Rivet, prendront part au Salon du livre francophone de Beyrouth, à la fin du mois d'octobre. Le premier y présentera son projet Ludwig alors que la seconde verra son recueil Larmes, cycle d'une femme racine être traduit en arabe.

De plus, ils profiteront de leur séjour là-bas pour témoigner de leur expérience de créateurs-chercheurs et échanger avec  les étudiants et professeurs de l'Université Saint-Joseph (École de traducteurs et d'interprètes de Beyrouth), de l'Université Balaman (Académie Libanaise des Beaux-Arts) et de l'Université Libanaise (cours de BD et de littérature canadienne).

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