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Les cloches de l'enfer ont sonné à la Place TD

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«THUN-der! Oho ohooo Hooho! THUN-der!» As-tu déjà vu un stade vibrer de même? «THUN-der! Oho ohooo Hooho! THUN-der!»

Le refrain est déjà bien tapageur lorsqu'il est fredonné par trois personnes improvisant un choeur pour accompagner cette mélodie sitôt qu'elle se met à gronder sur un poste de radio... Imaginez ce que ça peut donner quand près de 30 000 voix s'époumonent en reprenant spontanément ce foudroyant Thunderstruck.

C'est ce qui s'est produit au stade de la Place TD, littéralement frappé par la foudre d'AC/DC, jeudi soir.

La bande des frères Young (aujourd'hui, seul subsiste Angus; Malcolm est hospitalisé pour démence depuis un accident cérébral survenu en 2013; il est depuis remplacé par leur neveu Stevie Young) a déferlé comme un ouragan. Appelons-le Hells Bells.

Ç'aurait pris un avis de tempête violente, rien que pour ce microcosme.

Ils jouaient jeudi à guichets fermés. C'était d'ailleurs le premier véritable show colossal du nouveau stade en plein air, où les employés ne savaient plus où donner de la tête, face à la horde de visiteurs cherchant leur chemin.

Il faut dire qu'AC/DC n'était pas venu à Ottawa depuis des lustres. Depuis le Black Ice Tour de 2009.

Rattraper le temps perdu

De toute évidence, les hard-rockeurs australiens n'étaient pas là pour plaire aux fans pointus, mais bien pour rattraper le temps perdu. Ils n'ont exploré que trois fois leur plus récent album, Rock or Bust, qui donne son nom à la présente tournée: en la pièce-titre a servi d'apéro au spectacle, puis ils ont entonné plus loin Play Ball et Baptism by Fire, que le public a écoutées sagement.

Les Australiens ont préféré farfouiller, bille en tête, dans l'impressionnante collection de hits qu'AC/DC traîne depuis le début des années 1970, au fil de 16 albums studio.

Shoot to Thrill et Back in Black en entrée, Hells Bells pour faire tinter le verre, You Shook Me All Night Long en pièce de résistance, sans oublier le trio T.N.T., Whole Lotta Rosie et Let There Be Rock, décoché en rafale au dessert. Une fausse finale: on a en réalité conclu, sur la passerelle, avec ces hymnes du rock lourd que sont Highway to Hell et For Those About to Rock (We Salute You), servies au rappel, pour ne pas se faire lancer de roches...

Bref, on n'a entendu personne, dans la foule, râler qu'il manquait Ride On, seule classique absente de la sélection de jeudi. Ni que la gang ne se démenait pas assez.

Angus Young possédé

L'entrée en scène s'est faite sous les feux d'artifices. Angus Young a soulevé le public dès son apparition... en tenue d'écolier, bien sûr, malgré ses 60 balais. On a rapidement eu droit à son inimitable duckwalk, qui galvanise une foule encore plus sûrement que ses shorts rouges. On vous laisse deviner l'ampleur de la vague lorsqu'il décoche les premières notes de Back in Black.

Le mythique riff na pas pris la moindre ride, contrairement au guitariste. Qu'on se rassure, Young fait plus son nom que son âge: il continue à crapahuter d'un bord à l'autre de la scène en toutes circonstances.

Comme possédé. Et ses solos, d'une interminable maestria, laissent bouche bée.

Au micro, Brian Johnson, le sourire fendu jusqu'à la casquette qu'il s'est vissée sur les yeux pour l'éternité, suait à peine moins que son collègue. «On va s'éclater... et la fête débute immédiatement», a balancé le vétéran en début de soirée. Ce seront quasiment ses seuls mots «parlés». Car si les Australiens sont redoutablement énergiques sur scène, il ne sont en revanche absolument pas loquaces entre les chansons.

La prestation du quintette (complété par le bassiste Cliff Williams et Chris Slade, de retour derrière la batterie, en remplacement de Phil Rudd) fut à la hauteur de sa réputation.

C'était notre baptême «acédécien». De feu. Et mémorable. Et vu l'âge plutôt jeune (au regard de celui des rockeurs) de la foule, on n'était clairement pas le seul à se faire baptiser.

L'effet Iron Man 2, sans doute? La bande originale du film de Marvel a repopularisé une quinzaine de vieux succès d'AC/DC.

Petit bémol: la quantité de décibels reçus en pleine gueule, jeudi.

Les amplis étaient plus saturés que les guitares et les petits bouchons pour les oreilles offerts en arrière des gradins n'étaient pas qu'une gentille attention: ils étaient une obligation.

Vintage Trouble en première partie

Il serait injuste de ne pas glisser quelques mots sur la prestation de Vintage Trouble, invité à lancer les premiers électrochocs.

Dans son beau costard à carreaux, le chanteur du quartet américain, Ty Taylor, s'est déhanché à s'en fracturer le pelvis, pendant que Nalle Colt (guitare), Richard Danielson (batterie) et Rick Barrio Dill (basse) s'en donnaient à coeur joie dans les dédales de l'album 1 Hopeful Rd, paru en août dernier.

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