Métamorphoses du grand âge

Marie-Thérèse Fortin, Marie-Ève Pelletier et Paul Savoie sont...

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Marie-Thérèse Fortin, Marie-Ève Pelletier et Paul Savoie sont les têtse d'affiche du dernier film du réalisateur québécois Bernard Émond Le journal d'un vieil homme.

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Il incarne Nicolas dans Le journal d'un vieil homme de Bernard Émond, en salles dès aujourd'hui. Paul Savoie interprète le personnage principal du film, un vieux professeur de médecine condamné par une maladie incurable. Au crépuscule de son existence, il réalise que sa vie bien remplie ne lui est d'aucune utilité pour affronter la vieillesse et bientôt la mort. Celui qui fut jadis grand chercheur est devenu un homme tassé sur lui-même. Cassé. Le regard lourd de fatigue, de solitude.

«J'avais 68 ans quand nous avons débuté le tournage, évoque Paul Savoie. J'aurais très bien pu être cet homme-là si j'avais été malade.»

Pour sentir et comprendre la réalité du personnage, l'acteur s'est astreint à un jeûne, le mois précédent le tournage. «L'affaiblissement de mon corps m'a fait m'approcher de son état. Mais c'est un jeu dangereux à jouer, avec des zones fragiles.»

Une décision toute personnelle, se dédouane le réalisateur Bernard Émond: «Je ne m'autorise pas à intervenir dans le travail intérieur de l'acteur, nous précise-t-il. Je me contente de les observer et de trouver avec eux le bon chemin.»

Pour ce scénario adapté d'une nouvelle du dramaturge russe Tchekhov, le cinéaste savait d'emblée qui allait interpréter Nicolas. «Paul est un comédien que j'admire, il a une grande intériorité, une grande profondeur, tout en restant sobre», raconte le réalisateur qui lui a confié son premier rôle sous sa direction dans le long-métrage La neuvaine, sorti il y a dix ans.

Entretemps, ils se sont souvent croisés au théâtre où Paul Savoie joue régulièrement. À son CV se multiplient les productions d'illustres metteurs en scène québécois: Denis Marleau, Wajdi Mouawad, Serge Denoncourt, Brigitte Haentjens pour ne citer qu'eux. À la télévision, le comédien participe notamment à la distribution de la série Trauma ou encore au téléroman O' diffusé sur TVA mais la liste est bien plus longue.

Approche théâtrale

Quand il raconte son travail avec Bernard Émond, Paul Savoie évoque une approche très semblable à celle de la mise en scène: la répétition du texte et des rapports physiques entre les personnages deux semaines avant le début officiel du tournage. «Une pratique très rare au cinéma», souligne-t-il. Le comédien se souvient de son travail face caméra: «Bernard ne regarde pas l'image sur moniteur quand il filme. Il préfère regarder les acteurs et suit le moindre de leurs regards, le moindre geste. Il nous ramène constamment à la sobriété.»

Documentariste à ses débuts, dans les années 1990, Bernard Émond en a gardé le souci du détail, du réalisme. Sa devise? «Chercher le maximum de vérité dans le minimum d'encombrement». Image, rythme, musique (Chostakovitch) participent au sentiment d'impuissance du vieillard qu'est devenu Nicolas.

«C'est un film sur la recherche de vérité, sur la solitude face à la mort d'un être qui n'a pas la foi», présente Paul Savoie.

Mettant également en vedette Marie-Ève Pelletier et Marie-Thérèse Fortin, Le journal d'un vieil homme a été présenté en première lors de la 65e édition du Festival international du Film de Berlin, en février, où il figurait en sélection officielle d'un nouveau volet Semaine de la critique. Le réalisateur ainsi que la comédienne Marie-Ève Pelletier seront présents à la projection de 19h mardi prochain, au Cinéma 9, pour discuter du film avec les spectateurs présents.

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