Country-rock au coeur tendre

Kira Isabella est la tête d'affiche samedi soir... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Kira Isabella est la tête d'affiche samedi soir au Festival de la Curd de Saint-Albert.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Le chef-lieu du fromage en grain, Saint-Albert, accueille ce soir la chanteuse country Kira Isabella, qui, à l'entendre, ne résistera pas longtemps à l'envie de déguster quelques échantillons de la spécialité locale, lorsqu'elle passera à l'arrière-scène du Festival de la curd.

Native d'Ottawa, Kira Isabella, 21 ans, a le vent dans les voiles. En 2012, la Canadian Country Music Association (CCMA) estampillait Rising Star (étoile montante) la jeune chanteuse dans la foulée de son premier disque, Love Me Like That, soutenu par Sony Music Canada. Des Mecques de la country - tels le Boots And Hearts Festival, en Ontario, ou le Big Valley Jamboree, en Alberta - l'invitent aussitôt pour partager la scène avec quelques pointures, dont Gord Bamford et Carrie Underwood. L'année suivante, la CCMA lui remettait le prix de l'Artiste féminine de l'année.

Paru en octobre dernier, son second album, Coffe & Big Dreams, aux sonorités beaucoup plus country-rock et modernes, s'est quant à lui retrouvé en nomination aux prix Juno.

Bref, celle qui, enfant, rêvait de devenir la prochaine Shania Twain, commence à être habituée aux grosses foules - on a encore pu la voir sur la scène principale du Ottawa Bluesfest, le mois dernier, au côté de l'Américain Jason Aldean. Pourquoi, alors, venir se produire dans la relative intimité du chapiteau est-ontarien?

«C'est toujours spécial de se retrouver face à une grosse foule et constater que sa musique émeut autant de monde», mais la jeune artiste prend un plaisir non dissimulé à «connecter» avec le public, ce qui est toujours «un peu plus facile» lorsqu'il y a moins de monde.

Et puis, «c'est toujours spécial de jouer à proximité de chez soi. Même si je suis souvent sur la route en tournée, je me sens encore chez moi à Ottawa. J'adore jouer dans la région: ça me donne l'occasion de retrouver plein d'amis et la famille», convient-elle.

Mais quelle que soit la taille de la scène, pas question de rétrécir la prestation. Kira Isabella met un point d'honneur à «offrir aux petits festivals et les rodéos exactement le même show que celui qu'on fait dans les arénas. Et certainement la même énergie.»

«J'adore le fromage»

Mais l'ingrédient «secret», pour attirer Kira Isabella à Saint-Albert... c'était la curd.

«Je connaissais le CurdFest, et j'ai hâte d'y aller depuis longtemps, car j'adore le fromage. J'ai vécu un certain temps aux États-Unis, et ils n'ont de fromage en grains nulle part, à part au Wisconsin, et ça m'a beaucoup manqué», avoue-t-elle en riant.

«Je suis très excitée de jouer pour vous», nous confiera-t-elle dans un français à peine voilé, en clin d'oeil à ce public qu'elle devine très francophone, et qu'il lui reste encore à apprivoiser.

Même sans comprendre précisément les paroles, elle aime entonner certaines chansons country francophones entendues à la radio. Plus jeune, il lui est même arrivé de chanter du Marie-Mai en version originale, relate-t-elle. «La barrière du langage n'empêche en rien d'apprécier la musique», dit-elle, confiante que ça fonctionne dans les deux sens.

Succès

Entourée de son band, elle reprendra ce soir la dizaine d'extraits radios tirés de ses deux albums, ainsi que quelques chansons de Big Dreams, ainsi intitulé parce que «ça me fait toujours rire quand on me demande si j'ai toujours désiré ce succès...»

«Mon rêve n'a jamais été de devenir une vedette, mais bien de faire de la musique, et de voir combien de gens pourraient être touchés par mes chansons, ou en retirer quelque chose. Et de grandir en tant qu'artiste et en tant que personne.»

Il n'en demeure pas moins que Kira Isabella était âgée d'à peine sept ans lorsqu'elle tombe en amour avec l'album Up de Shania Twain, et se met aussitôt en tête de suivre les traces de son idole.

Elle penche d'abord pour la batterie; son père lui fait entendre raison, et lui enseignera la guitare. Elle ne lâchera plus l'instrument - sauf tout récemment, pour se frotter au ukulélé, instrument qu'elle refuse pour l'instant d'apporter sur scène. Parvenue à l'adolescence, elle trouve dans la centaine de poèmes qu'elle a déjà écrits matière à composer ses propres chansons, en raboutant les meilleurs passages.

Ses influences s'élargissent. Elle lorgne d'abord du côté des États-Unis, où elle trouve en Faith Hill, Sheryl Crow et Talylor Swift ses égéries. Puis du Canada, citant alors Terri Clark (dont elle a assuré la première partie en 2012), Michelle Wright et Carolyn Dawn Johnson, à qui elle voue «le plus grand respect».

La jeune auteure-compositeure tente d'être à la hauteur de ces distinguées précurseures en signant des textes qui, bien sûr, «racontent des histoires, car cela fait partie de la tradition de la musique country», mais qui «témoignent aussi d'une certaine maturité». Kira Isabella, dont le public n'est pas particulièrement âgé, dit préférer les chansons à messages et les mises en garde («cautionary tales») aux invitations au party.

Quarterback, extrait de son deuxième album, a cartonné en évoquant avec sensibilité la consommation d'alcool chez les jeunes et les relations sexuelles non consenties [«date rape»]. Sur Late Bloomer, elle invite les jeunes filles trop promptes à vieillir à profiter plutôt de leur innocence. Elle cherche moins à juger qu'à «apporter un éclairage» sur certaines situations, car «en tournée, je rencontre beaucoup de jeunes et je constate qu'ils sont souvent enclins à commettre ce genre d'erreurs.»

Un paradoxe, venant de la part d'une demoiselle pratiquement devenue vedette avant d'atteindre la majorité? «J'avais quatorze ans quand j'ai commencé à composer mon premier album [...] mais je regardais en arrière pour parler de ma vie. Le contenu reflétait cette innocence», se défend-elle. Alors que «dernièrement, on a beaucoup travaillé le live et le côté rock de ces chansons qui sont nettement plus matures.»

Yoan et Marc-André Lemieux

C'est le gagnant de La Voix, Yoan Garneau, qui réchauffera les planches de Kira Isabella, ce soir, à 20 h. Ils seront précédés des groupes francos-ontariens Hey, Wow (13h30) et Big Balade (17h30). Antoine Cantin fera quant à lui des démonstrations de cube Rubik en cours d'après-midi.

Demain, le festival accueillera Les Petites Tounes (11h) ainsi que Marc-André Lemieux, originaire de Limoges, et The Phil Denault Band (13h30). La remise du prix de la cinquième édition du grand défi Intervillages est prévue pour 16h30.

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