H'SAO, du soleil à quatre voix

Il suffit d'aller tendre une oreille à son interprétation de Summertime pour... (Courtoisie)

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Courtoisie

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Il suffit d'aller tendre une oreille à son interprétation de Summertime pour s'en convaincre: le groupe tchadien H'SAO possède une grâce infinie, décuplée lorsqu'il se produit avec la soprano Marie-Josée Lord. Leur collaboration ne dure que le temps d'une chanson, mais qui s'en plaindrait quand chaque seconde fait des étincelles.

On connaissait la musique malienne, ses cousines sénégalaises ou congolaises, mais la musique tchadienne? Le Festival des cultures Molokaï de Gatineau remédie à notre méconnaissance en programmant H'SAO le 15 août.

Du haut de sa huitième édition, la manifestation se propose de faire ainsi découvrir des artistes de différentes origines culturelles et de plusieurs pays, à partir de vendredi jusqu'au 16 août, au parc Jacques-Cartier.

Les trois frères Romtabaye, Caleb, Mossbass, Irza L, et leur ami d'enfance Dono Bei L y offriront un aperçu de leur quatrième album, Saar, paru le mois dernier. Ce nouvel opus navigue aux quatre vents, et l'on comprend pourquoi lorsque Dono, batteur et compositeur du groupe, nous explique d'où vient son inspiration. «De par sa situation géographique, la musique tchadienne comprend des influences du Maghreb, du Niger, du Soudan mais aussi du sud de la Centrafrique», partage-t-il.

Le musicien évoque tantôt un rythme Saï du sud du Tchad, de l'ethnie Sara, tantôt souligne l'importance du chant a cappella dans son pays d'origine. Quant à savoir dans quel registre vocal il s'inscrit, Dono s'indigne de sa voix flûtée: «Houlala! On n'a pas été dans une école de musique; On ouvre la bouche et c'est tout». C'est déjà beaucoup.

Métissages

Le groupe a vu le jour dans une église mais choisira un autre cap que le gospel dès les années 1995. Il y revient d'une certaine manière avec Saar - qui signifie «source» en Kabalaye, l'une des langues du Tchad. «Nous recherchions l'ambiance de nos débuts, raconte Dono, alors que nous n'avions pas ou très peu d'instruments, une guitare seulement et des voix.»

Le groupe déménage à Montréal en 2001, séduit petites salles et grandes manifestations publiques: Jeux de la Francophonie, 400e anniversaire de Québec, gala de remise des Prix du Gouverneur général, Fête du Canada au Parlement. C'est à cette occasion qu'il rencontre Marie-Josée Lord avec qui se concrétisera la reprise de Summertime, dans le cadre d'une prestation très applaudie à l'émission Studio 12 de Radio-Canada.

H'SAO ne se contente pas de représenter la musique africaine comme un exotisme. Chant a cappella, voix entrecroisées dans d'inventives compositions, bruitages, rires: l'urgence rythmique de ses chansons se coordonne à la nécessité de s'exprimer. Lorsqu'il s'adresse à l'auditeur en français, Saar soulève des problématiques occidentales. Le groupe revendique un répertoire à connotation sociale, livre ici une composition sur le capitalisme, là un brûlot contre les OGM. «J'en suis venu à la conclusion que l'on avait beau venir d'un pays du tiers-monde, au moins on y mangeait bio, là-bas, et ce n'est pas un luxe!» ironise Dono, rejoignant ainsi une veine politico-écologique qui n'est pas sans rappeler le groupe Tryo. À découvrir samedi prochain au festival Molokaï.

Quand : Du 14 au 16 août

Où : Parc Jacques-Cartier

Renseignements : www.festivalmolokai.com

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