Pétards et cascades en série

La bande de superhéros  présentera son spectacle aujourd'hui... (Etienne Ranger, LeDroit)

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La bande de superhéros  présentera son spectacle aujourd'hui et demain au Centre Canadian Tire.

Etienne Ranger, LeDroit

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Marvel Universe Live, qui donne chair et corps à 25 des plus prestigieux super-énergumènes de la galaxie Marvel, nous promettait un « spectacle monumental » mettant en scène une « bataille électrisante entre le bien et le mal ».

Livrée à grand renfort d'acrobaties aériennes, de combats martiaux, de courses à motos, au fil de scènes d'action au rythme soutenu, la grande bataille rehaussée d'effets spéciaux a bien eu lieu, vendredi soir au Centre Canadian Tire. Elle s'y poursuit d'ailleurs aujourd'hui et demain. Certes on reçoit une bonne dose de bings, de bangs, de whizzzz, de vroom... mais en ce qui concerne l'électricité? Bof! On repassera.

Les effets lumineux qui font jaillir les éclairs du marteau de Thor, la toile de Spiderman ou les rayons d'Iron Man sont saisissants. Explosions et cascades sont bien réalisées. Mais on n'est guère tenté d'ajouter des superlatifs aux compliments à adresser à cette production qui, en dépit des wows visuels qu'elle induit, fera peu vibrer.

Le spectacle plaira davantage aux enfants qu'aux « vieux » fans de Marvel. Mettons qu'il s'adresse par la bande aux papas, lequels seront sans doute heureux d'avoir contribué au bonheur écarquillé de leur progéniture. Masculine, est-on tenté d'ajouter. Le public, sans surprise, était à 75 % testostéroné, vendredi.

Tourbillon d'aventures « peu entraînant »

Pour cette production grandeur nature, j'ai contacté plusieurs amis n'ayant pas encore abandonné totalement le plaisir des lectures geeks de leur jeunesse perdue, et qui étaient donc susceptibles de savourer en ma compagnie les prouesses de surhommes en collants bariolés tapochant d'autres hercules en spandex d'un coloris légèrement différent... Ô désespoir, mon cri n'avait rallié personne parmi cette ligue d'adulescents. Mauvais signe...

Mais comme le destin de l'univers se jouait vendredi, et que mon patron attendait un texte, je me suis résolu à aller affronter seul la bande de supergugusses qui promettaient de m'aider à retrouver mon super-émerveillement d'enfant.

Marvel Universe Live a eu du mal à m'entraîner dans son tourbillon d'aventures.

C'était peut-être l'effet ricochet d'Empire, spectacle circassien du Spiegelworld dont les corps à corps, d'une autre sensualité, m'avaient ébloui la veille au parc Lansdowne (son chapiteau y est planté jusqu'au 23 août)? On a un peu boudé notre plaisir. Indifférence, quand tu nous tiens...

La bande de superhéros entame une course contre-la-montre pour empêcher Loki de se servir du « cube cosmique » aux pouvoirs dévastateurs.

À défaut de proposer de véritable surprise, le scénario a le mérite de faire appel à un large panthéon de personnages. La firme Feld Entertainment a sorti les gros canons : la fine fleur des Avengers, Tony Stark et son bras droit Peter Parker, une poignée de mutants - dont l'irascible Wolverine - et quelques homologues féminins (Captain Marvel, La Veuve Noire, Storm).

Sans oublier Bruce Banner, qu'on a hâte de voir perdre son calme, pour enfin découvrir Hulk. (On sera déçu : le colosse vert a plus l'air d'une grosse marionnette pataude que du monstre, fut-il mécanique, attendu.)

Idem du côté des méchants : Loki (fourbe frangin de Thor, pour ceux qui se sont assoupis durant le film), Rhino, Green Goblin, Madame Hydra, Red Skull et ses sbires. On finit par ne plus être sûr s'ils sont à la solde de Loki, ou rivaux, car les tableaux s'enchaînent très vite. Ouf, ça n'aura aucune incidence sur l'issue des combats...

Ceux-ci sont réglés au quart de poil, mais loin de parvenir au réalisme cinématographique. En fait, l'illusion des coups échangés varie beaucoup selon l'angle d'observation.

Les personnages frappent, s'enflamment, culbutent, volettent (les déplacements en « vol », tirés par des câbles discrets, ne sont pas super-convaincants) ou prennent des postures de couverture de bédé.

Les tableaux sont chargés (être doté de plusieurs paires d'yeux aurait été utile, lors des batailles rangées) et orchestrés au son d'une trame sonore héroïque servie le « piton » volume poussé dans le fond.

Malheureusement, on n'a plus 10 ans et les pétards pyrotechniques ne nous procurent plus les mêmes frissons. Idem pour la technologie qui fascine quelques secondes mais qui, au final, ne sert pas un dessein plus « dramatique ». Même géant, l'écran reste un écran de fumée.

Qu'importe : le jeune public était en liesse. La prochaine fois, on viendra avec fiston, plus susceptible d'être fasciné. Son super-sourire béat titillera sans doute nos émotions mieux que ne l'ont fait ces héros bien intentionnés.

***

POUR Y ALLER :

OÙ : Centre Canadian Tire

QUAND? Samedi, 11 h, 15 h et 19 h

Dimanche, 11 h.

En français : Dimanche, à 15 h

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