Dans l'Empire des sens

Empire mise sans contredit sur la proximité avec... (Jean-Marie Villeneuve, Archives Le Soleil)

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Empire mise sans contredit sur la proximité avec le public pour épater la galerie par le biais de numéros où la dextérité des uns et des autres devient quasi palpable.

Jean-Marie Villeneuve, Archives Le Soleil

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À cheval entre revue burlesque, cabaret et cirque, Empire repousse les limites des artistes, mais aussi celles des spectateurs - âgés de 16 ans et plus au moment de prendre place sous la tente de Spiegelworld. Une tente où quelque 500 personnes à la fois auront entre autres rendez-vous avec l'excentricité et l'audace des maîtres de cérémonie Fanny et Oscar, à Ottawa pour les quatre prochaines semaines.

Empire mise sans contredit sur la proximité avec le public pour épater la galerie par le biais de numéros où la dextérité des uns et des autres devient quasi palpable. Ainsi, pendant que certains spectateurs écarquilleront le regard devant les contorsions de la gracieuse Lucia Carabines ou celles du séduisant trio des Filles gorilles, d'autres devront refréner leur envie de reculer leur siège de crainte de recevoir un coup de patins à roulettes de l'étourdissant tandem Denis Petaov-Mariia Beseimbetova.

Le spectacle mise également sur le «rapprochement» avec le public pour créer des moments tantôt un tantinet décoiffants, tantôt résolument burlesques. Ces moments de «promiscuité», la foule les doit au couple - à la ville comme sur scène - Heidi Bruckner et Matthew Morgan. Incarnant Fanny et Oscar, les deux «clowns» n'hésitent pas à mettre les gens à contribution (volontaire, sinon plus ou moins contre leur gré), ni à entrer concrètement en contact avec eux.

«Nous aimons toucher les gens, autant en nous assoyant sur leurs genoux qu'en les déchaussant pour leur lécher les orteils ou en embrassant le coco dégarni de certains hommes, par exemple!» prévient en riant Heidi Bruckner.

Entre les deux hôtes d'Empire, la compétition s'avère d'ailleurs féroce: c'est à qui attirera le plus l'attention. Adepte de paillettes et de plumes, Fanny n'hésite d'ailleurs pas à jouer de tous ses atours pour charmer la foule. Ni à tomber robe et frou-frou.

«La relation entre mon personnage et les spectateurs est comme une invitation à la danse, explique Heidi Bruckner. Je ne suis pas là pour mettre qui que ce soit mal à l'aise, mais il n'en demeure pas moins que Fanny et Oscar ont un rôle à tenir dans le spectacle: c'est par eux que le rire, même s'il est parfois jaune, arrive!»

D'une soirée à l'autre, le duo de comédiens ne sait pas à quelle ouverture d'esprit s'attendre du public. Or, une chose demeure, pour Mme Bruckner: «Il n'y a rien que je ne ferais pas pour faire rire!»

Ce qui inclut d'attraper au vol des morceaux de banane... crachés par son conjoint de part et d'autre de la scène, voire parmi la foule. La principale intéressée éclate de rire à l'autre bout du fil quand ce numéro est évoqué. «Pour nous, il s'agit de jonglerie, soutient-elle. Ça exige beaucoup de concentration de notre part, si bien qu'on oublie pourquoi certaines personnes trouvent ça dégoûtant. C'est quand je reçois un morceau dans les cheveux ou mon décolleté que je me rappelle que, oui, il y a assurément un côté un peu dégueu à ce qu'on est en train de faire!»

Proximité et vulnérabilité

Travailler d'aussi près avec les spectateurs expose les artistes. «Cette proximité nous rend vulnérables, et pas seulement parce que Matthew et moi nous retrouvons à un moment donné presque nus sur scène», avoue Heidi Bruckner.

«En contrepartie, je dirais que ce côté humain rallie la foule à notre cause: les gens sont plus prêts à nous pardonner une erreur, du simple fait qu'ils nous voient vraiment de très près», renchérit-elle.

L'artiste, qui a mis du temps à assimiler quelques phrases en français pour les représentations ayant eu lieu à Québec et à Montréal, se réjouit par ailleurs de pouvoir faire entendre à Ottawa également son accent ainsi que ses répliques suggestives dans la langue de Molière.

Pour y aller

QUAND? Du 28 juillet au 23 août

OÙ? Cour Sud du parc Lansdowne

RENSEIGNEMENTS: evenko.ca

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