Rideau sur le Festival de jazz

L'événement s'est achevé mercredi en fusionnant avec la... (Simon Séguin-Bertrand, LeDroit)

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L'événement s'est achevé mercredi en fusionnant avec la fête du Canada.

Simon Séguin-Bertrand, LeDroit

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S'il n'est pas réellement question de lifting pour cette édition fêtant dignement 35 ans d'existence, le Festival de Jazz d'Ottawa n'affiche, pour son âge avancé, aucune volonté de régime, et affirme sans complexe, à travers une programmation internationale et pléthorique, ses appétits d'ogre en matière musicale.

Le menu 2015 augmenté de deux journées promettait «123 concerts, 780 musiciens» sur deux semaines, soit une légère hausse de l'offre musicale par rapport à l'an dernier. Les têtes d'affiche - Huey Lewis, Steve Miller ou Pink Martini - ont réservé les soirées les plus prisées des festivaliers même si aucun chiffre relatif à la fréquentation n'a encore été avancé par l'organisation. Prudence, donc...

«Cette édition a été une véritable réussite», s'avance fièrement son directeur, le saxophoniste Petr Cancura, généralement peu enclin à partager les bémols de la manifestation. Joint entre deux répétitions avant d'accompagner sur scène Jamie Cullum, mardi en soirée, le capitaine du festival depuis 2011 a dressé un premier bilan élogieux de l'événement qui s'est achevé hier en fanfare, en fusionnant avec la fête du Canada.

Succès des séries inédites

Le directeur artistique continue bon an mal an de convoquer une programmation transversale, conviant aussi bien les musiciens aptes à mobiliser les foules que les jeunes poulains à faire découvrir. 

À l'instar de la nouvelle série South Africa Now qui, parmi cinq groupes provenant d'Afrique du Sud, a présenté au public ottavien le légendaire batteur Louis Moholo-Moholo ainsi que l'immense pianiste Abdullah Ibrahim.

«Cette année, l'accent a été mis sur l'international pour des concerts qui ont presque été joués à guichet fermé», s'est félicité le programmateur.

Partenariat tout aussi concluant entre le Festival de Jazz et l'Union européenne qui a commandité avec succès Euro Jazz en vedette, une toute nouvelle série présentant 21 musiciens européens issus de 15 pays différents.

À son palmarès personnel, Petr Cancura n'oublie pas de mentionner la prestation de la chanteuse portugaise Maria João, «magique» selon ses termes, ainsi que les jam-sessions tardives de Branford Marsalis et de son groupe.

De l'eau dans le jazz

On en oublierait presque l'absence de la fidèle église Dominion-Chalmers parmi les scènes du festival, cette année. 

«Nous y programmions des artistes connus mais le public ne suivait pas», regrette Petr Cancura. Était-ce trop éloigné du site du festival? Quoiqu'il en soit, il aura fallu faire une croix sur cette salle "à cause des coûts associés"» nous explique-t-il.

Le groupe gospel The Blind Boys of Alabama aura chanté en plein air cette fois. Tant pis pour l'acoustique.

L'édition 2015 a dû également composer avec une baisse des subventions octroyées par le programme Celebrate Ontario (passant de 300000$ en 2014 à 270000$ cette année).

Quant au budget annuel, il serait resté comparable à celui de l'an dernier, assure Petr Cancura. Il s'élève à 4,2 millions $ en 2015. Difficile, toutefois, de ne pas remarquer quelques changements ici et là qui trahissent des ajustements financiers.

Si le prix des passeports pour assister à l'ensemble des concerts n'a pas augmenté depuis l'an dernier, celui des billets individuels a subi une hausse non négligeable, pouvant atteindre jusqu'à 90$ le jour du concert de Steve Miller.

Explication? «Nous avons étendu la durée du festival, rajouté des concerts, sans compter l'inflation», s'est justifié l'organisateur.

Au chapitre météo, bête noire des organisateurs de manifestations en plein air, la pluie aura plutôt épargné le festival, en juin. Seul le groupe Beirut aura véritablement écopé du mauvais temps.

Une seule annulation au compteur 2015: celle du groupe Sonny Knight & The Lakers dont l'un des membres s'est vu refuser l'entrée sur le territoire canadien au poste des douanes.

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