Points de vue sur l'abstraction

Jacques Boissinot présente une douzaine de ses oeuvres...

Agrandir

Jacques Boissinot présente une douzaine de ses oeuvres à l'Espace Odyssée.

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

La médecine a occupé son quotidien pendant 30 ans en Outaouais. Trois ans après avoir quitté la pratique, Jacques Boissinot se consacre entièrement à la peinture, une passion qu'il chérit depuis sa tendre enfance, lui qui à l'âge de 10 ans voyait ses dessins présentés à la célèbre émission pour enfants Bobino. Du petit écran à l'Espace Odyssée où se tient son exposition Points de vue, rencontre avec un artiste autodidacte - de quête et d'instinct.

De quête, parce qu'il cherche constamment à approfondir son art. Depuis 2010, il suit des cours comme auditeur libre à l'École multidisciplinaire de l'image de l'UQO et dès cet automne, il entamera une maîtrise en pratique des arts. «En ce moment, je suis plongé dans L'art comme expérience de John Dewey, souligne-t-il. Je suis des cours théoriques qui contribuent à enrichir ma réflexion. En lisant des philosophes et des théoriciens de l'art, notre façon de regarder une oeuvre évolue. On développe sa propre compréhension de l'art et on finit par saisir ce qu'un artiste a voulu exprimer, même lorsqu'une pièce semble très hermétique.»

D'instinct, parce qu'il s'adonne depuis 10 ans à la peinture abstraite, celle-ci étant à l'honneur, tout comme le paysage abstrait, dans les onze toiles de grand format exposées à la galerie de la Maison de la culture de Gatineau. «Avec l'abstrait, on n'a pas d'idée quand on commence, c'est le hasard qui mène. Parfois, un accident intervient, ce qui nous fait faire de belles choses. Bien que ce soit - au départ - une peinture instinctive, il y a par la suite une réorganisation au niveau des couleurs, de l'harmonie et des contrastes, comme dans le tableau figuratif.»

Et la peinture figurative, il connaît. Inspiré par les maîtres québécois, notamment Jean-Paul Riopelle, dont il salue la capacité de se renouveler, et Francesco Iacurto, un Italien d'origine mort en 1908, membre de l'Académie royale des arts du Canada, M. Boissinot créait et vendait déjà ses premières oeuvres à l'âge de 17 ans.

«J'ai grandi dans la capitale où j'ai vu les maîtres peindre, live, dans le Vieux-Québec, sans oublier les nombreuses galeries qui s'y trouvent, et, un peu plus loin, le Musée national des beaux-arts du Québec. Tout ça m'a profondément marqué.»

Au fil de la création, des symposiums et des expositions en collectif et en solo, il constate aujourd'hui que l'art contemporain le satisfait davantage, le virage abstrait lui permettant de jouer avec les couleurs pures et des formes différentes, de ne plus être «prisonnier de la figuration». «Dans le cadre de mes recherches académiques, j'explore le travail de l'Espagnol Antoni Tàpies et l'Américain Robert Rauschenberg, deux artistes qui intègrent divers matériaux à leur peinture, précise-t-il. J'en suis là dans mon processus créatif: je m'interroge sur la façon d'utiliser des objets investis du quotidien - à l'intérieur et autour de mes toiles - des objets courants, recyclés ou anciens qui ont une âme en quelque sorte.»

Apprendre l'un de l'autre

Jacques Boissinot se nourrit aussi de l'enseignement en donnant lui-même des cours, chez lui, à des petits groupes de quatre personnes. «Comme médecin, je me souciais de mes patients et j'ai le même sentiment envers mes élèves. Nous apprenons l'un de l'autre. Je suis toujours impressionné de voir où l'instinct, l'improvisation et la spontanéité les amènent. Mais il y a une chose sur laquelle j'insiste: savoir regarder. Sinon, on apprend à peindre par automatisme.»

L'exposition Points de vue est d'ailleurs une invitation qu'il lance au spectateur, celle de faire sa propre interprétation des tableaux. «En art, la moitié de l'oeuvre est réalisée par le peintre et l'autre par spectateur, rappelle-t-il. Elle existe seulement lorsque le 'regardeur' se l'approprie. J'aurais très bien pu ne pas mettre de titres et laisser au public le soin de nommer mes toiles au gré de leurs émotions et sensations.»

Pour y aller

Où: Espace Odyssée

Quand: Jusqu'au 20 septembre 2015

Renseignements: www.maisondelaculture.ca

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer