Gatineau entend à rire

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François Bellefeuille et Mario Tessier en compagnie de Julie Carrière, directrice générale de la Maison de la culture de Gatineau.

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Les humoristes aiment la région et la région aime les humoristes. Il n'est pas surprenant, dès lors, que les initiatives se multiplient sur toutes les planches pour mettre en valeur les artistes émergents et capitaliser sur les talents établis.

Il fait bon rire... et faire rire, en Outaouais. C'est l'avis généralement partagé par les humoristes, qui ont nommé les Gatinois parmi les trois «meilleurs publics» de la province, aux côtés de Québec et Terrebonne. La région pourrait donc s'illustrer dimanche, lors du gala Les Olivier, dans cette catégorie nouvellement créée par les artisans de la grand-messe annuelle de l'humour.

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, sera d'ailleurs présent au gala pour aller chercher le trophée au nom de ses administrés, s'ils l'emportent.

«L'humour a la cote d'amour en région, et particulièrement à Gatineau», concède la directrice générale de la Maison de la culture (MCG), Julie Carrière, responsable de la programmation artistique de la salle Odyssée. Elle accompagnera le maire demain. Et lui aura préparé un petit discours ou sketch de circonstance.

Sur les quelque 300 soirs de spectacle présentés l'an dernier dans la salle municipale, le tiers fut accaparé par les gros canons du rire.

«Ces dernières années, on constate que les gens ont le goût de rire davantage. La majorité des humoristes vont faire plusieurs représentations à guichets fermés.»

Les humoristes de passage à la salle Odyssée - essentiellement, les mêmes qui voteront, dimanche - confient «souvent» à sa directrice à quel point ils aiment venir à la rencontre de ce «public généreux, réceptif et... génial».

«La majorité des humoristes nous demandent même de casser leur spectacle chez nous, pour vérifier ce qui ne fonctionne pas» avant de partir en tournée, rappelle Mme Carrière.

Lors du lancement de saison de la MCG, François Bellefeuille a fait «un cadeau aux abonnés en venant tester un numéro d'une dizaine de minutes, qu'il comptait justement présenter au gala», illustre-t-elle.

Des salles pleines

L'engouement pour les humoristes au Québec est croissant et marqué depuis sept ans, analyse Julie Carrière. Le phénomène correspond à une tendance inverse dans le milieu de la musique, dit-elle.

L'an dernier, le taux de fréquentation des spectacles d'humour à la MCG a été de 89 %. Ce taux est légèrement supérieur à celui des spectacles de variétés (85 %) et du théâtre (81 %). La différence devient plus criante quand on sait que l'humour, contrairement aux autres disciplines artistiques, n'est pas subventionné par les organismes de financement qui viennent en aide aux artistes et aux diffuseurs, souligne Mme Carrière. Ce moteur du divertissement tourne donc tout seul. Et rondement.

Les considérations logistiques et techniques, souvent beaucoup moins lourdes qu'au théâtre ou en musique, aident l'industrie de l'humour à ronronner, fait-elle valoir. L'humour reste une «discipline qui, par nature, rejoint des publics de tout âge», alors que les chanteurs et le théâtre s'adressent souvent à un public plus ciblé. En outre, «les humoristes ont beaucoup de visibilité au Québec: on les voit à la télé, dans des jeux questionnaires, dans les festivals. Ça joue un rôle...» dans leur succès, estime-t-elle.

Mais, ayant «toujours le souci de développer de nouveaux publics», la MCG cherche à attirer une «clientèle touristique» - en proposant d'importantes primeurs, comme le tout premier spectacle solo que l'ex-Grande Gueule Mario Tessier viendra présenter à Gatineau à six reprises, en juillet - ainsi que les jeunes Gatinois, conviés aux Lundis JPR, présentés en formule cabaret dans le foyer de la salle Odyssée.

L'humour se porte bien dans la région

Le producteur Richard Michaud est un des ténors de l'humour en Outaouais. Depuis plus de 50 ans, il fait débouler les humoristes montréalais des deux côtés de la rivière, tant au Centre national des arts (CNA) qu'au Théâtre du Casino du Lac-Leamy ou au Cégep de l'Outaouais, où plusieurs ont pris l'habitude de venir roder leurs spectacles.

Si Philippe Laprise pose ses valises au Cégep pour y présenter son nouveau spectacle du 10 juillet au 29 août - et il ne s'agit pas d'un rodage -, c'est grâce à M. Michaud. Le producteur est aussi l'argentier du spectacle bénéfice que Mike Ward présentera au Casino le 17 mai - un genre de gala auquel participeront entre autres les populaires Rachid Badouri, Guy Nantel et François Bellefeuille.

Bien que M. Michaud se targue d'avoir contribué au succès de Louis-José Houde, qui a réussi à vendre 30 000 billets à Ottawa-Gatineau seulement depuis 2013, le marché de l'humour n'est pas en aussi bonne santé qu'on peut le croire.

La multiplication des salles de spectacles en province, depuis une vingtaine d'années, a favorisé l'essor d'un nombre croissant d'humoristes, convient-il. Mais de nombreuses ont aussi fermé leurs portes, tel le Théâtre des Quatre-Soeurs, dans la Petite-Nation.

Sans vouloir comparer avec les autres régions, «l'Outaouais demeure un bon marché pour l'humour», admet le producteur.

Toutefois, poursuit-il, la conjoncture économique actuelle n'est pas particulièrement favorable à la consommation de spectacles d'humour, qui sont à ses yeux des «produits de luxe».

«Si l'on compare avec les années 1970, il y a plus de pointes de tarte, mais la tarte s'est rétrécie», illustre-t-il, avant d'évoquer les Yvon Deschanps, Cyniques, Jean Lapointe et autres RBO, qu'il a tous fait venir par ici, ou André-Philippe Gagnon, «qui pouvait remplir le CNA quinze soirs d'affilée».

Pierre-Luc Lafontaine... (Courtoisie) - image 3.0

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Pierre-Luc Lafontaine

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«On fait l'humour» au Petit Chicago

Les humoristes Alexandre Bisaillon, Éric Trottier et Mikaël Dallaire, qui font leur marque à Montréal, mais ont tous trois leurs racines à Ottawa-Gatineau, reviennent régulièrement au Petit Chicago pour y présenter du matériel inédit, à la faveur de soirée de stand-up comique.

Ces trois diplômés de l'École nationale de l'humour profitent de ce laboratoire pour prêter leurs micros à des humoristes émergents de la région.

Le 30 mai, à 19h30, à l'occasion d'une soirée intitulée On fait l'humour, le trio sera entouré de Patrick Guillotte (déjà invité en 2014) et de Pierre-Luc Lafontaine (en photo).

Le comédien originaire d'Ottawa, qu'on a pu voir dans La Galère et Sarah préfère la course, viendra faire ses premiers pas sur scène en humour.

Pour plus de renseignements, visitez le compte Facebook d'Alexandre Bisaillon.

Mardis de l'humour au Mardi Gras

Le Club Addiction de la promenade du Portage a cédé son enseigne au bar-pub Mardi Gras, mais n'a pas changé de propriétaire. Le nouvel établissement lancera ainsi, dès septembre, la 17e saison des Mardis de l'humour.

L'événement hebdomadaire a su fidéliser une clientèle en dilatant la rate d'environ 150 à 200 personnes par spectacle, d'octobre à décembre et de février à avril, assure son cofondateur Martin Deshaies. De nombreux humoristes aujourd'hui reconnus y ont fait leurs premiers pas à l'animation, dont Louis-José Houde et Patrick Groulx, qui en est l'instigateur.

L'animateur - il y a eu entre autres Guillaume Wagner, Philippe Laprise, Pierre Hébert et Mike Ward - est en général épaulé par trois autres humoristes.

Lors de la saison 2014-2015, qui s'est achevée le 7 avril, l'animation avait été confiée à Pierre-Luc Pomerleau. Humoriste polyvalent, qui a participé à l'émission Les Jokers et a assuré les premières parties des spectacles de François Bellefeuille, M. Pomerleau se retrouve d'ailleurs en nomination au gala Les Olivier, dans la catégorie Découverte.

«L'esprit des Mardis, c'est de choisir un animateur qu'on pressent être la prochaine vedette», souligne M. Deshaies, sans dévoiler qui portera ce chapeau la prochaine saison. 

Pour plus de renseignements, visitez le www.mardisdelhumour.com.

Du stand-up classique au Troquet

Un samedi par mois, le bistro Le Troquet se transforme en comedy club et promet «des malaises et du plaisir» en présentant la soirée Les Stand-Up Comiques, animée par Claude Desjardins, entouré d'une paire d'humoristes québécois prometteurs.

Hullois d'origine, M. Desjardins est diplômé de l'École nationale de l'humour depuis 2003 et a fondé sa boîte de production, Ozéclat. Cet adepte du stand-up classique qui revendique des influences américaines présente aussi à Montréal et à Mont-Tremblant la série du même nom, qui en est rendue à sa sixième édition.

Trois gars de la relève, Kevin Montreuil, François Tousignant et Jessy Sheehy, se partageront l'affiche du prochain spectacle au Troquet, prévu le 16 mai à 21 h. Aucune place assignée.

Pour plus de renseignements, visitez le www.letroquet.ca.

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