Ariane Moffat, à 2222 km/h

Ariane Moffatt a envoûté la foule du Théâtre... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Ariane Moffatt a envoûté la foule du Théâtre du CNA, jeudi soir.

Etienne Ranger, LeDroit

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Il était 20h22, jeudi, lorsqu'Ariane Moffatt est montée sur la scène du Théâtre du Centre national des arts, pour s'installer devant le piano à queue qui l'attendait, afin d'entamer en douceur la pièce titre de son plus récent album, l'onirique «22h22», né dans la foulée de ses jumeaux.

«Maman» Moffatt continue de voir le chiffre «2» partout. Et s'en amuse, plutôt que de s'en excuser. Dès sa première intervention, elle s'est extasiée en découvrant deux jumelles identiques assises au premier rang. «C'est pas arrangé avec le gars de vues», a-t-elle promis.

Elle était à l'aise et en contrôle. Pleine d'humour et de bagout. «J'ai 'viré sur le top' avec la numérologie. Qui est dans le siège 22 ?» a-t-elle demandé après quelques morceaux. «Bien, tu vas monter sur scène et chanter avec nous» a-t-elle poursuivi en rigolant, sans attendre de réponse.

La chanteuse a rapidement enveloppé son public dans le cocon électro-pop de ce disque qui se démarque par l'omniprésence des claviers.

On n'a donc pas été étonné en découvrant l'imposante armada de claviers apportés pour reproduire les flottements de l'opus. 

Il y avait celui de Laurence Lafont-Beaulne. Elle, on venait de la voir en première partie, au côté de sa comparse Camille Poliquin (aux claviers, elle itou), l'autre moitié de Milk & Bone. Pas moins enveloppant, ce duo électro féminin. Une agréable mise en bouche avant l'heure fatidique. Milk & Bone a instantanément captivé son auditoire avec ses mélodies planantes.

Jonathan Dauphinais, le «capitaine» de l'équipe», alternait entre la guitare et le keybass, cet étrange instrument qui superpose une basse électrique et un clavier (une basse électronique), et que Dauphinais a inventé en 2007. 

La batterie synthétique était manipulée par Étienne Dupuis-Cloutier. 

De «Rêve» à «Retourner en moi», servies dans la douceur, en passant par les vagues «new wave» de «Nostalgie des jours qui tombent» ou l'interprétation musclée de «Les tireurs fous», recharpentée dans ses respirations et sa montée en puissance finale, Ariane Moffatt et ses complices ont fait un beau voyage dans cette «minute qui m'a aspirée pour faire cet album.»

Ce qui n'a pas empêché le quatuor de revisiter plusieurs chansons tirées de ses précédents albums, dont «Hasard» et «Poussière d'ange», pour leur faire subir le traitement «22h22». Même sa «millième version de 'Réverbère'» a donné l'heure juste.

Puis, retournant s'asseoir au piano, et après avoir sondé les envies du public, elle a interprété en douceur, une série de chansons moins récentes, dans des versions qui doivent faire de magnifiques berceuses, à la maison. En particulier «Imparfait» de Daniel Bélanger. 

Elle n'a pu s'empêcher d'embarquer sur la batterie à la fin de sa reprise - très réussie - de «In the Air Tonight», signée Phil Collins, dont elle a expliqué l'origine de ce «cri du coeur». 

Passé 21h, on avait quitté le calme et le nid douillet. Il y eu gradation du tempo. Puis l'explosive «Mon corps» a officiellement lancé la partie plus festive du spectacle. À 21h22, le public, rendu debout, se dandinait sur «Soleil Chaleur», qu'Ariane Moffatt a interprétée à la guitare.

À 21h32, habillées en jumelles, deux très jeunes «choristes», Élodie et Maëva, montaient sur scène pour aider à chanter «Debout».

La chaleur a collé le temps de visiter «Miami». Et «Montréal» s'est fait envahir par les sifflements d'oiseau venus du public - parmi lequel se cachait quelques amusantes corneilles.

À 21h57, le public a pu prolonger son heure de gloire, en participant au 'choeur magique' sur le refrain de « Toute sa vie». 

Ça s'est terminé avec un zeste de joyeuse nostalgie, sur «Je veux tout», version guitare sèche.

À 22h pile, le quatuor disparaissait.

Le spectacle - mis en scène par la comédienne Marie Brassard, venue filmer la prestation de jeudi - a défilé à toute allure. 

À 2222 km/h, probablement.

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