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Le combat intérieur au Musée de la guerre

Le thème du front intérieur a été abordé... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Le thème du front intérieur a été abordé récemment par le musée Bytown. Il revient à l'affiche dans une perspective nationale et plus généraliste dans cette nouvelle version ajoutée à l'exposition permanente du Musée canadien de la guerre.

Etienne Ranger, LeDroit

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Située sur le parcours de la Première Guerre mondiale, entre la bataille de Vimy et Passchendaele, une nouvelle section permanente vient d'être ajoutée au Musée de la Guerre: Le front intérieur, 1917.

«On associe l'idée de front à la France et à la Belgique occupées. Mais les civils canadiens, à distance, ont eux aussi participé à la guerre sans être sur le champ de bataille», rappelle Mélanie Morin-Pelletier, historienne spécialiste de la Première guerre mondiale.

Ouvriers, fermiers, familles de soldats, directement ou indirectement impliqués dans les événements, tous furent touchés par les difficultés engendrées par les années de conflits. Le Canada était alors considéré comme le grenier des alliés et représentait le deuxième grand pays exportateur de blé après les États-Unis. Comment ses habitants ont-ils vécu et contribué à l'effort de guerre?

Le thème du front intérieur a récemment été abordé sous l'angle local par le musée Bytown dans l'exposition Ottawa se mobilise!, close le mois dernier. Il revient à l'affiche dans une perspective nationale et plus généraliste dans cette nouvelle version ajoutée à l'exposition permanente du Musée canadien de la guerre.

Le thème, si dense, mériterait certainement un musée à lui tout seul. Beaucoup d'informations se juxtaposent sur les modules: l'approche défendue balaie large, privilégiant la présentation laconique à l'explication fouillée. Il faut dire que l'espace consacré à la Première Guerre mondiale comporte déjà plus de 12 sections au musée!

En deux «zones» distinctes, Le front intérieur, 1917 livre un aperçu de la façon dont les Canadiens ont vécu cette période. D'abord, du point de vue des chaumières - une horloge et un faux tapis se chargent de rappeler la vision domestique de la première partie. Les objets exposés convoquent des histoires vécues, à destination des adultes comme des plus jeunes visiteurs.

Cet ourson aux couleurs de l'armée retrace l'histoire du jeune Aileen Rogers qui avait confié sa peluche à son père parti au front. On lui renverra son porte-bonheur accompagné d'autres effets personnels du soldat retrouvé mort. «L'ourson est devenu la star du musée, partage l'historienne. Il est le symbole des parents partis en guerre qui ne reviennent pas et reçoit de nombreuses lettres d'enfants.»

Télégrammes annonçant les décès aux familles, plaques d'identification, photos des tombes où sont enterrées les victimes outre-Atlantique, extraits de correspondances, chaque objet choisi parmi les centaines de milliers que détient le musée témoigne des sacrifices et du combat intérieur que menaient les Canadiens à cette époque. L'exposition souligne aussi la contribution des femmes face à la pénurie de main-d'oeuvre.

La seconde section de l'exposition s'articule autour de la conscription. Parmi les premiers soldats appelés, 93 % demanderont une exemption. «En avril 1918, une loi spéciale abolit toutes les exemptions malgré les récentes promesses électorales d'exempter les fils de fermiers», explique Mélanie Morin-Pelletier. Jusqu'alors, des tribunaux locaux se chargeaient de donner leur décision. Une application interactive permet de revenir sur certains cas, pour vérifier si notre décision aurait été validée par le juge d'alors. Est-ce que ce garçon, dont les deux frères sont déjà morts au combat, bénéficiera d'une exemption? Et ce directeur d'école dont le travail est indispensable à la collectivité, verra-t-il sa demande acceptée? Ces parti-pris extrêmement vivaces imposent une visite, à l'heure où il ne faut encore surtout pas oublier...

Pour y aller

OÙ? Musée canadien de la guerre

RENSEIGNEMENTS: 819-776-7000 ; www.museedelaguerre.ca

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