• Le Droit > 
  • Arts 
  • > Derniers adieux à un phare de la littérature franco-ontarienne 

Derniers adieux à un phare de la littérature franco-ontarienne

L'écrivaine, critique littéraire et professeure Gabrielle Poulin... (Archives, LeDroit)

Agrandir

L'écrivaine, critique littéraire et professeure Gabrielle Poulin

Archives, LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Gabrielle Poulin n'a jamais écrit sur l'Ontario français, ni sur sa minorité francophone. Ce sont les femmes, de tous les âges, horizons et époques, qui ont plutôt été au coeur de son oeuvre littéraire, de Cogne la caboche (1979) à Ombres et lueurs (2003), en passant par Les Mensonges d'Isabelle (1983), entre autres.

L'écrivaine, critique littéraire (notamment dans les pages du Droit) et professeure à l'Université d'Ottawa, qui s'est éteinte le 31 janvier à l'âge de 85 ans, n'en demeure pas moins une pionnière de la littérature franco-ontarienne. Son décès équivaut à la perte d'une «pierre angulaire», de l'avis du poète et président de l'Association des auteures et des auteurs de l'Ontario français, Éric Charlebois.

«Gabrielle a été la première femme à publier un roman en littérature franco-ontarienne contemporaine», rappelle pour sa part Lucie Hotte, titulaire de la Chaire de recherche sur les cultures et les littératures francophones du Canada et professeure agrégée au Département de français de l'Université d'Ottawa.

Québécoise de naissance, Gabrielle Poulin s'est installée dès les années 1970 dans la capitale nationale avec son mari, l'auteur et essayiste René Dionne (mort en 2009). Ils se sont vite «identifiés comme Franco-Ontariens» et ont formé un couple phare dans le milieu culturel, et plus particulièrement littéraire.

«Lui a été un archéologue, un historien de la littérature franco-ontarienne. Elle a participé à construire cette littérature par son oeuvre. Tous deux croyaient en cette prise de parole écrite, digne d'être lue et entendue, mais aussi étudiée, enseignée et critiquée à l'égale des littératures québécoise et autres», renchérit Mme Hotte, qui a d'ailleurs dirigé René Dionne et Gabrielle Poulin: oeuvres et vies croisées, récemment publié aux Éditions David.

De son côté, Éric Charlebois mentionne avoir «eu l'insigne chance de pouvoir continuer à la visiter dans sa résidence, jusqu'à l'an dernier, dans ses pénultièmes mois, alors qu'elle avait encore des beaux moments de lucidité».

Pour lui, Gabrielle Poulin n'était rien de moins qu'«un parangon», un modèle à suivre, tant dans la vie que dans son écriture. «Gabrielle, c'était l'élégance, la grâce et la probité.»

Il évoque une «grande dame, toujours souriante et amène», sans la moindre once de prétention. Sa délicatesse «se reflétait dans tout ce qu'elle écrivait, et dans la moindre de ses rencontres».

Les personnes intéressées peuvent faire un don à sa mémoire au Fonds Gabrielle Poulin-René Dionne de la Fondation franco-ontarienne. La messe funéraire a eu lieu le samedi 14 février, à 11h, en l'église Sacré-Coeur d'Ottawa.

- Avec Yves Bergeras

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer