Le grand jeu de Valérie

«C'est un spectacle assez physique. J'ai même un... (Jean-Marie Villeneuve, Le Soleil)

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«C'est un spectacle assez physique. J'ai même un punching bag sur lequel je me défoule un peu au début», raconte Valérie Blais.

Jean-Marie Villeneuve, Le Soleil

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Comédienne bien connue de petit écran, Valérie Blais a décidé de se payer le grand jeu: un one-woman show. Un premier spectacle intelligent et mené avec l'aisance d'une femme qui sait exactement où elle va.

De passage à la Maison de la culture de Gatineau, mercredi soir, Valérie Blais n'a peut-être pas le côté agressif de son populaire alter ego de Tout sur moi, mais elle garde une mainmise sur son public.

Dès les premières minutes, elle réussit à créer un lien fort avec les spectateurs, qu'elle aime interpeller ici et là. Elle se permet de sortir de son texte, de glisser des silences ou encore d'étirer un suspense. Marie-Andrée Labbé lui a écrit des textes sur mesure avec lesquels elle s'amuse fermement. À la mise en scène, elle a retenu les services de son ami Éric Bernier.

C'est au son de Rhythm Nation de Janet Jackson, avec des gants de boxe aux mains, que l'humoriste de 46 ans a débuté son monologue. Illico, elle se débarrasse des sujets dont elle ne parlera pas (Couillard, Charlie, le gluten, Bolduc, Harper). Un selfie de groupe plus tard, Valérie Blais était prête à déballer son sac.

Devant un décor coloré et éclectique, composé de formes géométriques et d'un tapis en peluche, l'humoriste a commencé par rire de ses rondeurs et de son enfant intérieur. Puis, c'est la maternité sur le tard qui lui a inspiré les blagues suivantes. Ayant elle-même eu son premier enfant à l'âge de 43 ans, elle jase de ses ovaires qui étaient sur le bord de la retraite et des lunettes de lecture dont elle a eu besoin pour lire son test de grossesse.

Décidément, Valérie Blais fait les choses autrement. Pas question pour elle de remplir son spectacle avec le quota de 20% de «jokes de cul», comme le veut la règle dans le milieu de l'humour. Madame est trop pudique. Mais vraiment pudique. C'est très drôle et pas mal rafraîchissant à une époque où les humoristes pigent souvent à deux mains dans la vulgarité pour faire rire.

De retour de l'entracte, elle s'est amenée sur scène vêtue d'un tutu rose bonbon pour parler de son manque de finesse et de grâce. En talons hauts, elle a l'élégance de celle qui marche avec des bottes de ski.

La bienséance, très peu pour elle. Même si elle rêve d'avoir la classe de la comédienne Andrée Lachapelle, elle sait très bien que les cours de ballet ne sont pas la solution à tous ses maux.

Côté public, Valérie Blais ratisse large. Elle en profite pour s'amuser avec les stéréotypes propres aux trois générations assises devant elle. D'abord les boomers qui ne semblent pas vieillir; puis les X, qui se sont toujours frustrés (conséquences des épaulettes); et les Y, perpétuellement en manque d'attention. Elle atteint sa cible à plusieurs reprises. Un des meilleurs numéros de la soirée.

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