L'amour jusqu'au bout des doigts

Gisèle se souvient des mains des hommes qu'elle... (Courtoisie)

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Gisèle se souvient des mains des hommes qu'elle a aimés. Ces mains qui l'ont touchée, aimée, exaspérée et enveloppée.

Courtoisie

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Sortir d'un spectacle complètement sonné par une overdose de ravissement, le sublime ayant défilé sous nos yeux pendant 90 minutes pour nous atteindre droit au coeur, pour se poser dans notre imaginaire et à tout jamais y trouver demeure. Présentée jusqu'à samedi au Théâtre français du Centre national des arts, Kiss & Cry offre un concentré de créativité, d'inventivité et de beauté.

D'abord, il y a l'amour. L'amour qui, cinq fois, a traversé le corps de Gisèle, devenue aujourd'hui une vieille femme. Une voix masculine hors champs nous raconte sa vie, ses amours passés, fanés, perdus quelque part dans un trou de mémoire, qu'elle tente de raviver. Il y a le premier, celui qui arrive sans crier gare à l'âge de douze ans, l'espace de treize secondes, qui foudroie et toujours dans l'âme durera. Viendront les autres. De tous ces hommes-là, Gisèle se rappellera de leurs mains, des mains qui l'ont touchée, aimée, exaspérée, enveloppée.

Et puis, sur scène, un joyeux bazar règne, une multitude d'objets disparates étant éparpillés ici et là. On aperçoit des caméras, une console technique avec ordinateurs, un train miniature, quelques tables et bien plus encore. Un écran géant aussi. Neuf artistes s'affairent sur les planches, dont les danseurs Michèle Anne De Mey et Gregory Grosjean qui prêtent leurs mains, leurs doigts dansants et leur grâce infinie pour incarner des personnages, construire des paysages, inventer des images et nous entraîner dans un univers d'une singularité envoûtante.

La magie des techniciens

Au fil de la narration, toute l'équipe s'active pour créer en direct le film de la vie de Gisèle. Dans un coin ou un autre, un caméraman capte minutieusement les moindres mouvements des mains des danseurs. Ailleurs sur le plateau, des techniciens-comédiens-presque-même-magiciens s'activent pour placer tous les éléments de décor qui serviront à produire la prochaine scène. Au centre, assis devant des ordinateurs, deux personnes veillent, sans aucun filet, au montage et à la réalisation des images.

Sur l'écran géant s'installe alors la magie du moment présent que seul le théâtre peut offrir. Ce qui nous semble parfaitement orchestré et chorégraphié tient à un fil, un faux pas suffirait pour briser cette harmonie réglée au quart de tour. Avec une précision chirurgicale, les tableaux visuels s'enchaînent, faisant naître, mourir, oublier et revivre les amours de Gisèle, nous rappelant aussi que le temps, impitoyable, fait son oeuvre sur les souvenirs et les sentiments. On ne peut d'empêcher d'être complètement fasciné par l'exploit technique déployé sur scène, les artisans tels des chats se mouvant, avec une aisance désarmante, ce ballet ne venant en aucun temps nous distraire de la poésie théâtrale et cinématographique à laquelle nous sommes conviés.

Présentée en huit langues, la production belge a reçu des critiques dithyrambiques partout sur son passage. Un détour s'impose au CNA, question de découvrir à quoi ressemble un pêle-mêle artistique qui relève du génie.

POUR Y ALLER :

OÙ ? Centre national des Arts

QUAND ? Jusqu'à demain, 19 h 30

RENSEIGNEMENTS ?

Billeterie du CNA, 613-947-7000 ; Ticketmaster.ca, 1-888-991-2787

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