La douce folie de Klô Pelgag

Klô Pelgag, de son vrai nom Chloé Pelletier-Gagnon,... (Photo: Yan Doublet, archives Le Soleil)

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Klô Pelgag, de son vrai nom Chloé Pelletier-Gagnon, a lancé mercredi dernier son premier album, L'alchimie des monstres.

Photo: Yan Doublet, archives Le Soleil

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Le grand public ne connaît pas encore Klô Pelgag (Chloé Pelletier-Gagnon de son vrai nom). Mais on a toutes les raisons de penser que la situation devrait évoluer. En attendant, la chanteuse québécoise qui sortait mercredi son premier album, L'Alchimie des monstres, présente de sérieux atouts.

Elle ne manque pas d'humour non plus. Dans l'usurpation d'identité, on ne fait guère mieux. Jugez plutôt: «À 42 ans, avec neuf enfants, un lourd casier judiciaire et judicieux, 230 livres à supporter et un grave problème auditif, elle s'est mise à écrire des chansons portant essentiellement sur le vaccin contre le H1N1» (biographie du site Internet officiel). Ou encore: «J'aurais voulu m'appeler Bonjour mais ma vie aurait été chaotique» (Twitter).

Pour une jeune artiste de 23 ans dont on sait encore si peu, cela ne manque pas de culot. Voilà qui risque fort de déclencher une présence inédite dans la sphère policée de la chanson française.

En entrevue, Klô Pelgag se raconte sans chichis ni embarras particulier. L'auteure-compositrice-interprète est originaire de Rivière-Ouelle, dans le Bas-Saint-Laurent, où rien ne semble la prédestiner à une carrière artistique, sinon quelques cours de piano - «encouragée par les parents» - leçons qu'elle finira par abandonner de toute façon. Elle ne sait pas lire ni écrire la musique. Ses parents ne sont ni musiciens, ni artistes. Elle ne s'était jamais rêvée chanteuse.

C'est à l'adolescence qu'elle retrouve le plaisir de s'exprimer par la musique, «pour libérer des choses».

Elle découvre alors les auteurs qui la feront grandir: Boris Vian, Ionesco, Claude Gauvreau, Lucien Francoeur, Denis Vanier. Des poètes, des surréalistes, mais pas seulement. «J'ai écouté beaucoup de rock progressif aussi», avoue-t-elle comme une coquetterie.

Imaginaire cousu main

On se souvient encore de son premier EP l'an dernier, un court album de quatre titres littéralement cousu main: rose et rouge, avec ses collages naïfs et ses visages tout sourire découpés sur la pochette, sa plume débridée et ses mélodies décomplexées. Une originalité qui nous la rendait déjà sympathique. De cet album-essai, l'artiste n'a conservé qu'une chanson (Comme des rames) dans L'Alchimie des monstres, mais gardé la même équipe de musiciens: seuls Lana Tomlin et Charles Duquette ont rejoint l'ensemble des huit autres musiciens que chapeaute son frère, Mathieu Pelgag, lui-même garant des arrangements et des guitares.

«Il m'a donné confiance en moi en me poussant à assumer ce que je voulais faire. C'est lui qui m'a encouragée à débuter avec un trio à cordes alors que je pensais que c'était trop pour moi.»

Un imaginaire qui galope à bride abattue, un sens aigu des harmonies: cette Alchimie des monstres sonne comme une douce folie folk où chacun des 13 titres renferme autant de cordes décadentes que de théâtralité... On y découvre tout un univers sonore et visuel emprunté à Maurice Sendak, le père de Max et les Maximonstres. Version Pelgag, cela donne des voyages plutôt étranges dans des contrées cauchemardesques, mais habilement apprivoisées.

«J'ai cherché à sublimer le réel pour le rendre plus beau, comme un tableau, métaphorise l'artiste. Je crois que les monstres, mal vus, renferment quelque chose de beau.»

Depuis trois ans, le rythme s'accélère pour la Riveloise. L'an dernier, Klô Pelgag a enchaîné concours, concerts et vitrines culturelles d'où elle est repartie couronnée de lauriers (prix Miroir Célébration de la langue française du Festival d'été de Québec; révélation de la Bourse Rideau 2013; et lauréate du prix des diffuseurs européens). Elle y a croisé les gérants de sa future maison de disque, Abuzive Musik (Karim Ouellet et Sexion d'Assaut). Un départ en fanfare pour celle qui ne s'était jamais imaginée «en haut de l'affiche».

Pour ne pas faire les choses à moitié, l'artiste s'est octroyé les services du metteur en scène et chorégraphe iconoclaste Dave St-Pierre dans la mise en beauté de ses concerts.

«Il sait faire pousser mes idées au maximum, tout en offrant un oeil extérieur formidable, a commenté la principale intéressée. Si je ne sais pas encore quelle tournure prendra la mise en scène, je peux déjà assurer qu'il y aura beaucoup de décors, plein de costumes, et que j'adore le rococo sur scène!»

Nous voilà prévenus.

Klô Pelgag sera de passage à La Basoche pour y offrir une prestation gratuite le 13 novembre prochain.

POUR Y ALLER :

OÙ? La Basoche

QUAND? Le 13 novembre, 19h (réservation requise)

RENSEIGNEMENTS? 819-243-8000

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