Passionné d'art visuel, ami des artistes, collectioneur et chroniqueur au Droit

Claude Bouchard nous a quittés

Le chroniqueur culturel et grand ami des arts... (Archives, LeDroit)

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Le chroniqueur culturel et grand ami des arts Claude Bouchard est décédé vendredi soir. Il avait 77 ans.

Archives, LeDroit

Véritable passionné d'art visuel ; ardent défenseur des artistes ; ami de Joseph Plaskett et Molly Lamb Bobak, de Marcel Barbeau, Pierre Gauvreau, Jean-Claude Riopelle et autres signataires du Refus global, aussi bien que de Sylvie Vaillancourt, JoAnne Migneault, Jean-François Provost et Dominique Laurent ; grand collectionneur ; et chroniqueur au Droit depuis le tournant des années 2000, Claude Bouchard est décédé vendredi soir. Il avait 77 ans.

« Claude était un bon vivant et il abordait d'ailleurs la peinture avec gourmandise. Quand il regardait un tableau, c'était avec passion et on sentait qu'il y recherchait justement cette passion qui l'animait », a tenu à témoigner Ninon Gauthier, la conjointe de l'automatiste Marcel Barbeau, dont Claude Bouchard a acheté quelques tableaux dès 1972, lors de leur première rencontre, à Paris.

« La passion dans les yeux des artistes, c'était ça qui l'allumait, lui », a précisé sa fille, Marie-France Bouchard.

Un intérêt constant

Parallèlement à une carrière dans la fonction publique fédérale, M. Bouchard s'est de tout temps intéressé à la peinture et à la sculpture. Il a toujours côtoyé des artistes. Au point de fonder la galerie Arts et culture, dans les années 1970, où l'art canadien était à l'honneur ; puis la galerie Francis-Alexandre, où, de 1984 à 1993, il a fait une place à la relève.

« Nous avons grandi entourés d'oeuvres d'art et d'artistes, s'est souvenu Mme Bouchard, qui a géré la deuxième galerie. Chaque fois que mon père arrivait à la maison avec un nouveau tableau, on s'excitait autant que lui ! »

« On s'attachait à ces tableaux, on s'intéressait aux artistes, que papa recevait souvent à manger à la maison, a enchaîné sa soeur, Jo-Anne Bouchard. C'était une passion, pour lui. Et il savait très bien communiquer, transmettre son enthousiasme, puisque ma soeur et moi travaillons maintenant nous aussi dans le domaine ! »

C'est en prenant la direction de la Galerie Montcalm, en 1999, que Dominique Laurent a pour sa part rencontré celui qui allait la remplacer comme chroniqueur en arts visuels au Droit.

« Claude était très engagé dans la cause des artistes et, plus encore, de la diffusion de leur travail, a-t-elle fait valoir. Plus que la carrière, il encourageait le talent. Le plus important pour lui était l'authenticité de la démarche. Dans certains cas, même s'il n'aimait pas nécessairement le travail, il savait reconnaître le potentiel, le talent. Et puis, s'il appréciait beaucoup la peinture et la sculpture, il s'était aussi ouvert à la multidisciplinarité des artistes plus contemporains, au fil des ans. »

Le regretté Pierre Gauvreau, décédé en avril dernier, et sa compagne, l'artiste Janine Carreau, se sont liés d'amitié avec M. Bouchard quand Postes Canada a émis, pour souligner le cinquantenaire du Refus Global, une série de timbres reproduisant des oeuvres de ses signataires. « Pierre avait été très touché par la façon dont Claude avait piloté ce projet », s'est rappelée Mme Carreau.

Cette dernière a également voulu rappeler le côté rassembleur du collectionneur : « Il avait un réel talent à mettre les gens en contact. Claude n'était ni jaloux, ni possessif de ses amitiés. »

« Il facilitait les rencontres, les échanges entre les artistes de grande réputation et ceux de la relève, a renchéri Dominique Laurent. Il prenait plaisir à réunir les gens chez lui, comme à l'époque des salons parisiens. »

Jean-François Provost fait partie des peintres de la nouvelle génération qui ont notamment bénéficié de l'expérience et des connaissances du chroniqueur.

« Claude a été pour moi, comme pour plusieurs, un conseiller inestimable. J'ai aussi l'honneur de pouvoir dire qu'il était un ami, un confident, a mentionné le peintre gatinois. Il était toujours à l'affût et accordait autant d'importance à notre travail qu'à celui d'artistes renommés ou établis. D'être suivi par quelqu'un comme lui, c'était précieux, parce que les gens respectaient son opinion, sa qualité de visionnaire. »

Des collections uniques

Claude Bouchard avait également réuni deux collections uniques. La première se compose de dizaines de palettes de peintres, incluant quelques-unes de Marcel Barbeau. « Claude fournissait les palettes à Marcel pour pouvoir les récupérer ensuite ! » a raconté Ninon Gauthier, un sourire dans la voix.

La seconde se décline en boîtes de cigares que plusieurs artistes avaient été invités à décorer à leur manière.

« Claude était arrivé chez nous avec sa boîte, en demandant à Pierre de la peindre, s'est remémoré Janine Carreau. Comme c'est le genre de requêtes que Pierre refusait toujours, j'étais certaine qu'il ne ferait jamais ça. Mais, au contraire, il lui a fait une très belle boîte, parce qu'il a aimé Claude tout de suite. »

Si Pierre Gauvreau lui a peint plus d'une boîte, au final, Mme Carreau aussi s'est prêtée à l'exercice : « Saviez-vous que Claude offrait un bâton amérindien (un talking stick) de l'artiste contemporain William Dunn en retour ? S'il a une belle collection de boîtes de cigares, nous, on a une belle collection de bâtons ! »

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