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Un auteur en résidence cherche son lieu du crime

«C'est un beau défi, de devoir situer l'action... (Simon Séguin-Bertrand, Le Droit)

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«C'est un beau défi, de devoir situer l'action d'un livre dans un lieu précis qu'on connaît peu ou pas», raconte Claude Raucy, le premier auteur belge à bénéficier d'une résidence à la Maison des auteurs de Gatineau.

Simon Séguin-Bertrand, Le Droit

Claude Raucy est arrivé dans l'Outaouais avec la prémisse de son prochain roman en tête: l'histoire d'un adolescent handicapé d'une quinzaine d'années, dont on retrouve le corps et la chaise roulante dans l'eau. Et depuis dimanche, ce tout premier auteur belge à bénéficier d'une résidence à la Maison des auteurs de Gatineau circule aux quatre coins de la ville afin de découvrir le lieu du crime.

«C'est un beau défi, de devoir situer l'action d'un livre dans un lieu précis qu'on connaît peu ou pas, et c'est là une part de l'intérêt, justement, de profiter d'une telle résidence d'auteur. J'avais une idée vague de mon intrigue, mais je ne savais pas du tout où mon personnage allait mourir», précise l'ancien enseignant qui compte neuf romans, 19 titres jeunesse et trois recueils de poésie, entre autres, à son actif.

«Il fallait trouver un endroit où il pouvait jeter un ado en chaise roulante dans l'eau. Je l'ai donc amené à la marina d'Aylmer, mais il y avait trop de monde pour que le crime puisse avoir lieu là, en pleine journée. Puis, nous sommes allés au Théâtre de l'Île, sur les rives du ruisseau de la Brasserie. J'ai présenté Claude à une employée du Théâtre, en lui disant qu'il était écrivain et qu'il cherchait un endroit pour tuer quelqu'un!», raconte en riant l'auteure gatinoise Loïse Lavallée.

«C'est un lieu merveilleux, que cette île du ruisseau de la Brasserie, mais quand il y fait aussi chaud et humide qu'au cours des derniers jours, il y a aussi un côté de son isolement qui peut devenir accablant et idéal pour mes besoins!», commente joyeusement Claude Raucy, qui mettra un point final à son Crime des bleuets sauvages avant de reprendre l'avion, le 29août.

Échanges d'auteurs...

Loïse Lavallée et Guy Jean, qui ont tous deux participé à la Foire du livre de Bruxelles, au printemps dernier, sont tous les deux responsables de ce projet de résidence d'auteur.

L'entente conclue entre l'Association des auteurs et auteures de l'Outaouais (AAAO) et le Service du livre luxembourgeois permet aujourd'hui cette grande première. Pendant que Claude Raucy séjourne à Gatineau un deuxième Belge devrait faire de même l'été prochain deux auteures de l'Outaouais, la poétesse Julie Huard et la romancière Geneviève Whitlock, sont pour leur part accueillies au Château de Pont d'Oye, en Belgique.

«Pour un auteur, de tels échanges ouvrent non seulement les portes à un tout nouveau lectorat, mais permet des échanges avec d'autres écrivains, fait valoir Loïse Lavallée. C'est très valorisant et enrichissant, comme expérience.»

...et entre auteurs et public

Afin de bien cerner les adolescents d'ici qu'il mettra en scène dans son Crime des bleuets sauvages, Claude Raucy pourra compter sur la collaboration d'un autre auteur en résidence à la Bibliothèque de Gatineau, celui-là et ex-enseignant et prolifique auteur jeunesse lui aussi, Michel Lavoie.

Les deux hommes prendront part à des rencontres avec des jeunes de la région, lors d'activités spécialement mises sur pied aux succursales Bowater (aujourd'hui, à 17h30) et Lucy-Faris (le 17août, à 13h30).

MM.Raucy et Lavoie discuteront aussi de la situation des littératures jeunesse belge et québécoise et des tabous dans ces littératures, sur l'heure du midi, à l'agora Gilles-Rocheleau, les 23 et 24août.

«Ce sera l'occasion d'échanger avec les jeunes, pour me mettre à niveau dans ce qu'ils écoutent comme musique, mieux savoir comment ils vivent, s'ils connaissent le même désarroi que les jeunes de chez nous, par exemple», souligne M.Raucy, bien conscient des différences qui peuvent exister entre les deux cultures.

«Je vais d'ailleurs devoir préciser aux lecteurs européens que les bleuets du titre ne sont pas des fleurs!», lance en rigolant celui qui avoue avoir «beaucoup lu (Michel) Tremblay» pour se faire l'oreille avant de s'installer en ville.

Claude Raucy est non seulement en train de démêler les écheveaux de son intrigue pour adolescents qu'il espère publier au printemps prochain mais il soutient que la région lui a aussi inspiré quelques chapitres pour une tumultueuse saga sur laquelle il travaille depuis quelque temps déjà. Son protagoniste, un Belge qui s'est marié au début du XXesiècle par obligation, coureur de jupons impénitent, pourrait bien se retrouver à Gatineau après avoir profité du naufrage du Titanic pour changer d'identité... et s'être trouvé une nouvelle flamme. Parmi les allumettières, peut-être, qui sait...

«Je suis un auteur comblé!», clame le principal intéressé.

Vlessard@ledroit.com

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