Six «Mad Max» franco-ontariens

Les derbys sont « incroyablement populaires » dans l'Est ontarien, a constaté... (Courtoisie)

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Les derbys sont « incroyablement populaires » dans l'Est ontarien, a constaté la productrice ottavienne Léa Pascal, à la barre de BlikTV, qui vient de consacrer une série documentaire intitulée Le choc des bolides à ces pilotes-démolisseurs.

Courtoisie

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S'ils sont à la base des amateurs de mécanique et des pilotes... ce sont avant tout des maniaques de tôle froissée, pliée, cabossée, incendiée.

Ce sont, aux yeux de leurs admirateurs, des gladiateurs des temps moderne qui, pour le plaisir des yeux et de l'adrénaline, s'affrontent dans des arènes pleines de pneus usés et d'huile à moteur. En s'emboutissant à qui mieux-mieux, au volant de voitures désossées puis copieusement retapées, au cours de ce qu'on appelle des derbys de démolition. 

Et il se trouve que ces dangereux derbys sont « incroyablement populaires » dans l'Est ontarien, a constaté la productrice ottavienne Léa Pascal, à la barre de BlikTV, qui vient de consacrer une série documentaire intitulée Le choc des bolides à ces pilotes-démolisseurs. Canal D en diffuse le second épisode ce mercredi 30, à 19 h.

Le premier,  diffusé mercredi dernier, profitait d'un tournage à la Foire agricole de Navan pour présenter aux néophytes ce qu'est un derby de démolition, quels sont les enjeux, les risques et les règles qui entourent ce sport automobile où il est moins question de dépasser ses adversaires que de les démolir . 

Dans cette compétition, sera déclaré vainqueur le conducteur du dernier char en mesure de rouler. Une épreuve sans temps mort, dans cette course contre-la-montre où l'on est éliminé après une minute si l'on n'a encore embouti personne. Et où tous les coups sont permis ou presque.

La productrice avoue qu'elle ne connaissait pas grand-chose aux derbys, avant de se pencher en 2016 sur ce sport automobile en raison de l'engouement « à peine croyable » qu'il suscite. « Les gens l'ignorent, mais il existe un véritable circuit pour les derbys dans la province, surtout dans les communautés rurales. » Le site Ontario Demolition Derby dénombre pas moins de treize compétitions au fil de cette saison 2017, qui s'étale de la mi-juillet à la mi-octobre.

C'est que la multitude de foires agricoles que compte la province, de Russell à Vankleek Hill en passant par Navan, Shawville ou Welland, se sont toutes mises à accueillir de tels derbys, éclaire la productrice, qui a suivi six pilotes francophones - dont une femme - durant l'été 2016.

Mais ce n'est pas tant les exploits sportifs des pilotes qui retiennent l'attention de la documentariste que leur passion. Car il s'agit d'un hobby somme toute onéreux, puisque les véhicules survivent rarement à plus d'un ou deux derbys, et qu'il faut donc constamment en racheter, note Léa Pascal, tout en précisant qu'il s'agit de voitures « proches de la casse ». 

Moissonneuses-batteuses

Elle se dit aussi « fascinée » par la créativité et l'ingéniosité dont font preuve les concurrents à chacune des étapes précédant les courses. « Ils déconstruisent et reconstruisent complètement les voitures », pour des raisons évidentes de sécurité, mais aussi pour  « trouver l'astuce mécanique qui va pouvoir leur donner l'avantage sur les autres ». 

S'il existe des règles strictes entourant la sécurité, il n'y a en revanche guère de bornes à l'imagination des concurrents, laisse entendre Mme Pascal. Elle mentionne un vol plané effectué au volant d'un corbillard dans un derby organisé à Saint-Ferdinand, au Québec. « Pas la voiture la plus légère », observe-t-elle. Et d'ajouter : « mais en général, ce ne sont pas des voitures confortables. On  a enlevé tout ce qui peut casser et brûler, parce que c'est quand même [un sport] dangereux. Ce ne sont plus des voitures, mais des tanks ! » 

Et parce que huit cylindres, ce n'est pas toujours assez pour faire un bon spectacle, l'épisode de ce mercredi suivra un pilote, Jean-François Santerre (le « cow-boy »), déterminé à entrer sur la piste de Vankleek Hill au volant d'une moissonneuse-batteuse, pour affronter d''autres monstres mécaniques agricoles. 

La série se penche principalement sur six de ces mordus en quête d'adrénaline. Six francophones, forts en caractère, que l'équipe de production présente d'abord sous forme de personnages archétypés - le bad boy, « le vétéran », le cow-boy, le mécano, le bon gars et la fille - mais dont l'authentique personnalité se révélera au fil des images.

Pour rendre justice à cet univers empruntant au rodéo autant qu'à la course-poursuite à la Mad Max,  Blik TV a sorti les grands moyens : trois caméras GoPro placées dans les véhicules de chaque candidat, des caméras au sol capables de super-ralentis, un drone au-dessus de la piste, et deux caméra mobiles pour couvrir tous les angles de la course. La série s'appuie également sur un montage dynamique. 

Le choc des bolides se permet toutefois de s'éloigner de la forme documentaire lorsque la réalité manquait de relief, pour mieux s'appuyer sur des séquences scénarisées, admet la productrice, à qui l'on doit aussi les séries Jardins, diffusée à l'antenne de Radio-Canada, ainsi qu'Ottawa Underground et Chic Choc (lauréate Prix Gémeaux 2009 du multiculturalisme).




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