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Ma fille n'est pas à vendre: au coeur de la traite humaine

Sarah Hauptman a fait les manchettes, lors de... (Courtoisie)

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Sarah Hauptman a fait les manchettes, lors de sa fugue du Centre jeunesse de Laval, en 2016. Elle avait alors 16 ans. Son témoignage et celui de sa mère Josée Chaput s'avèrent aussi bouleversants que décillants.

Courtoisie

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Des filles d'abord traitées telles des princesses, puis « cassées » pour mieux rembourser leurs dettes à celui qu'elles craignent ou dont elles sont tombées amoureuses, et qu'elles n'osent dénoncer. Et des mères qui cherchent à comprendre ce qui leur est arrivé, qui veulent surtout retrouver leurs adolescentes en fugue, enjôlées par des proxénètes sans scrupules. Ma fille n'est pas à vendre, le plus récent documentaire d'Anaïs Barbeau-Lavalette présenté à Télé-Québec ce lundi à 21 h, plonge au coeur de leur descente aux enfers et de la troublante réalité de la traite humaine et de l'exploitation sexuelle juvénile au Québec.

« Nos enfants sont toutes des victimes potentielles. Personne n'est à l'abri de voir sa fille tomber sous l'emprise de tels manipulateurs par l'entremise de Facebook, Snapchat, etc. Ce constat m'a foudroyée ! » clame la cinéaste (Le Ring, Inch'Allah) et auteure (La femme qui fuit).

« En plus de les sensibiliser aux drogues et à l'alcool au volant, aujourd'hui, il faut donc aussi parler de prostitution à nos filles. »

Approchée par les Productions Bazzo Bazzo « avec un dossier de 500 pages sur le sujet », maman de trois enfants « dont la plus jeune est une fille », elle a senti l'« urgence » de tourner un film sur ce fléau. 

Il n'était toutefois pas question de faire un film « d'experts » sur le sujet. Il lui fallait plutôt trouver un angle pour toucher le coeur des gens, pour leur faire vivre de l'intérieur la spirale dans laquelle ces victimes sont entraînées (le témoignage de la jeune Sarah Hauptman, dont la fugue avait fait les manchettes l'an dernier, s'avère aussi bouleversant que décillant). Le cauchemar de quatre mères, aussi, tiraillées entre leur culpabilité et désarroi face aux décisions de leur enfant, et cet amour inconditionnel qui les empêche de renoncer à les chercher. Malgré cette hantise sourde, douloureuse, qu'elles ressentent à l'idée de les retrouver brisées...

Or, à la base, il y a cette soif adolescente d'aimer et d'être aimée. « Entre 13 et 17 ans, on a toutes envie et besoin de se faire dire qu'on est belle et spéciale », rappelle Anaïs Barbeau-Lavalette.

Endoctrinement...

C'est sur ce désir que les proxénètes capitalisent sans vergogne. À l'instar des agents de recrutement et de radicalisation de Daech, ces hommes jouent des failles des jeunes filles pour les subjuguer, puis les faire chuter. « Dans les deux cas, il s'agit d'enrôlement, de lavage de cerveau, de programmation », souligne la cinéaste.

Ces étapes mènent à une forme de déshumanisation, à la honte.

« Si, mettons, je reviens, est-ce que ma mère va vouloir me réaccepter comme avant ou elle va juste être dégoûtée par son enfant ? » entend-on une adolescente demander, sur des images de chambres d'hôtel...

... et fardeau de la preuve

Dans les dernières minutes du documentaire, les quatre mères abordent la question du poids de la preuve pesant encore sur les épaules des victimes d'agressions sexuelles. Elles s'indignent que le renversement du fardeau de cette preuve ne soit pas encore effectif.

Car si le projet de loi 38 modifiant la « loi Mourani » a été déposé le 9 février dernier, il faudra vraisemblablement quelques années avant que des accusations puissent être portées sans le témoignage des victimes, soutient-on à la fin du film, en invitant la population à faire pression sur le premier ministre Justin Trudeau dans ce dossier.




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