St-Nickel, la danseuse nue et la Vierge Marie

Au coeur - ou plutôt sur la scène... (Courtoisie)

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Au coeur - ou plutôt sur la scène - du St-Nickel, bar de danseuses emblématique de Sudbury, Nicole Martel (Noémie Yelle), fait la pluie et le beau temps, mais surtout assez de pourboires pour mettre un toit au-dessus de sa famille recomposée.

Courtoisie

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Geneviève Turcot

Collaboration spéciale

Le Droit

Fils d'un politicien qui a milité dans le dossier de la revitalisation du quartier Glebe, Julian Doucet a été témoin du décalage entre les plans d'urbanisme et les préoccupations des citoyens. C'est dans cette matière première qu'il a pigé la genèse de St-Nickel, sa toute première série de fiction, qui démarre mardi à 22h sur Unis TV.

Comédien et scénariste, Julian Doucet a mijoté St-Nickel pendant cinq... (Simon Séguin-Bertrand, LeDroit) - image 1.0

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Comédien et scénariste, Julian Doucet a mijoté St-Nickel pendant cinq longues années. Cette histoire de bar de danseuses menacé d'expropriation a atterri sur sa table de travail lors de ses études en écriture télévisuelle au Canadian Film Center.

Simon Séguin-Bertrand, LeDroit

Comédien et scénariste, Julian Doucet a mijoté St-Nickel pendant cinq longues années. Cette histoire de bar de danseuses menacé d'expropriation a atterri sur sa table de travail lors de ses études en écriture télévisuelle au Canadian Film Center.

Dans ses premières versions, la série St-Nickel était campée dans le quartier montréalais de Hochelaga, où son auteur résidait à l'époque.

«C'est aussi un quartier en pleine transformation, où il y a beaucoup d'églises», a expliqué Julian Doucet, rencontré lors de l'avant-première de la série au Cinéplex du parc Lansdowne. «C'est quand même drôle de présenter ça ici, devant mon père (l'ex-conseiller municipal Clive Doucet, NDLR) qui a tellement travaillé sur le projet de Lansdowne», confie-t-il en riant.

Le scénariste avoue sa hâte de voir l'accueil que le public réservera à cette série qui ne donne pas dans la dentelle. 

Au coeur - ou plutôt sur la scène - du St-Nickel, bar de danseuses emblématique de Sudbury, Nicole Martel (Noémie Yelle), fait la pluie et le beau temps, mais surtout assez de pourboires pour mettre un toit au-dessus de sa famille recomposée. Tandis que son amoureux se débat pour obtenir sa citoyenneté canadienne, son adolescent en pleine crise décide qu'il est temps pour lui de découvrir l'identité de son père biologique. Un secret de polichinelle auquel l'auteur a ajouté un petit vernis de crime organisé.

Nicole doit également veiller sur son cadet, qui doit composer avec les questions de plus en plus indiscrètes de ses petits amis sur le métier de sa mère.

Autour de Nicole gravitent aussi sa soeur Chantal (Isabelle Blais), qui collectionne les bouteilles vides et les mauvaises décisions, ainsi que son frère Hugo (Dany Boudreault) qui, lui, collectionne les aventures d'un soir et les cartes de tarot. 

La Vierge Marie

À cet ensemble pour le moins coloré et corrosif, Julian Doucet a décidé d'ajouter une touche de mystique. «J'aime l'idée de collision, de mettre en opposition, par exemple, la Vierge Marie, qui est, à mon avis, la fille-mère originelle et le personnage de Nicole», poursuit avec un grand sourire le scénariste, bien conscient que le personnage de la Sainte Mère, interprété par MJ (Marie-Josée) Colburn, détonne dans le paysage du St-Nickel.

Aux fins de l'histoire, cette dernière a décidé de prêter main-forte à Nicole dans sa croisade contre les autorités municipales, qui aimeraient bien raser son bar et donner un nouveau visage au centre-ville. «La Vierge Marie a choisi Nicole comme prophète, elle devient un peu comme son coach de vie. Elle veut l'aider à tirer profit de son potentiel, et elle ne la juge pas», souligne Julian Doucet, qui ne cache pas du tout le caractère féministe de son écriture. Ses personnages féminins sont forts et assumés. 

«Nicole aime son métier. Non, elle ne fait pas de covoiturage et elle ne fait pas non plus de biscuits, mais elle aime ses garçons et elle les élève du mieux qu'elle peut.»

Produite par la maison Carte Blanche, St-Nickel est la une première série de fiction originale à prendre l'affiche sur les ondes d'Unis TV. La chaîne célébrera son deuxième anniversaire en septembre. 

Cette série, qui compte six épisodes, a été réalisée par le fils de Jean-Claude Lord, Jean-Sébastien Lord, à qui l'on doit notamment le film L'Ange gardien, avec Guy Nadon.

Noémie Yelle: le deuil de la pudeur

La comédienne Noémie Yelle... (Simon Séguin-Bertrand, LeDroit) - image 4.0

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La comédienne Noémie Yelle

Simon Séguin-Bertrand, LeDroit

Se glisser dans la peau d'une danseuse nue doublée d'un caractère à faire trembler une administration municipale, c'est le défi qu'a relevé en audition la comédienne Noémie Yelle... cinq petites semaines après la naissance de son troisième enfant.

De passage à Ottawa la semaine dernière dans le cadre de l'avant-première de St-Nickel, Noémie Yelle était tout sourire. Elle ne pouvait espérer mieux pour son premier grand rôle dans une série de fiction.

«J'ai toujours rêvé de mettre la main sur un personnage où je devrais m'investir pas juste psychologiquement, mais aussi physiquement, de plonger complètement dans un rôle», a confié celle qui se dit pourtant «ultra pudique».

«J'avais pris 50 livres pendant ma grossesse. Quand j'ai obtenu le rôle, j'avais deux mois pour me remettre en forme et perdre le dernier 30 livres!» lance en s'esclaffant la comédienne, qui a trimé dur avec un entraîneur personnel pour arriver fin prête sur le plateau de tournage à Sudbury. 

«J'ai la chance d'avoir un conjoint qui travaille dans le même domaine, mais derrière la caméra. Quand j'ai obtenu ce rôle, il n'avait pas de contrat, alors c'est lui qui s'est occupé du bébé et qui a pris le congé de paternité.»

Celle que l'on a connue dans Ramdam a été séduite par le personnage de Nicole Martel imaginé par l'auteur ottavien Julian Doucet.

«Ce n'est pas un personnage de danseuse avec les clichés que l'on connaît. Oui, elle a une personnalité extravagante, un peu trash, mais elle aime vraiment son travail. C'est tellement le fun de jouer un personnage aussi fort, aussi coloré.»

Il n'en demeure pas moins que la veille du premier jour du tournage, la pression du premier rôle a semé des doutes chez la comédienne de 33 ans.

«Honnêtement, j'ai eu la chienne de ma vie! Mais après la première prise, les choses se sont placées.»

Noémie Yelle n'a que de bons mots pour le réalisateur Jean-Sébastien Lord, en qui elle a déposé toute sa confiance. «Je suis tellement pudique, et me retrouver à danser autour d'un poteau devant des figurants... Je me suis dit: je vais tout donner, pas question de faire une deuxième prise!»

Isabelle Blais: la noyade

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La comédienne Isabelle Blais

Simon Séguin-Bertrand, LeDroit

Pour interpréter Chantal Martel dans St-Nickel, la comédienne Isabelle Blais a dû laisser à Montréal son orgueil et sa fierté. Pour son très grand bonheur.

«C'est drôle à dire, mais il y a quelque chose de séduisant à jouer un personnage aussi désespéré. Pour un comédien, c'est très payant à faire, même si on se soucie quand même un peu de quoi on a l'air!» explique la comédienne, de passage dans la capitale fédérale, la semaine dernière, afin de visionner le premier épisode de St-Nickel avec une partie de la distribution.

Soeur d'une danseuse nue et d'un frère manipulateur, Chantal est de retour à Sudbury après que son mari, dont elle a payé les études en médecine à Toronto, l'a quittée pour une femme plus jeune. Aigrie, elle revient à Sudbury, son patelin natal, où elle accepte un poste d'enseignante. 

Portée sur la bouteille, elle laisse son jugement se noyer parmi les verres de vin. Et les conséquences sont désastreuses non seulement pour elle, mais aussi pour sa fille, Sophie (Erika Fagognolo), qui se retrouve à assumer les responsabilités de sa mère.

«C'est très dramatique ce qui arrive à Chantal, mais en même temps, c'est aussi comique. Il y a de la lumière au bout du tunnel. Il ne faut pas s'attendre à une finale rose bonbon, mais il y a quand même de l'espoir pour ce personnage», prévient Isabelle Blais.

Dany Boudreault: Hugo l'ésotérique

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Le comédien Dany Boudreault

Simon Séguin-Bertrand, LeDroit

Le comédien Dany Boudreault l'avoue d'emblée: il partage avec son personnage de Hugo Martel dans St-Nickel un certain penchant pour l'art divinatoire.

S'il aime bien plonger çà et là dans ce qu'il qualifie d'astro-pop, l'interprète de Hugo, un aspirant voyant, prend le temps de préciser que les similarités s'arrêtent là. «Disons que Hugo est un fin stratège qui évolue dans un monde dysfonctionnel!» lance le comédien qui a tout simplement savouré les textes de Julian Doucet. «C'est un personnage avec une rhétorique tellement agréable, c'est un plaisir de dire ses répliques!»

Frère du personnage central de St-Nickel, Hugo multiplie les aventures d'un soir avec des hommes mariés - et de préférence riches - tout en essayant de devenir un voyant capable de prédire l'avenir de ses semblables.

«Hugo essaie juste de trouver un sens. Il est tout simplement à la recherche de son père, une quête bien humaine quand on y pense», poursuit le comédien, qui a développé des liens étroits avec ses soeurs de plateau, Noémie Yelle et Isabelle Blais. 

«Travailler avec elles, c'était tout simplement génial. Ce fut aussi un plaisir de travailler avec Jean-Sébastien Lord à la réalisation. Il était très ouvert au dialogue et à l'écoute de nos propositions.»

Envie de découvrir votre avenir grâce aux cartes de tarot de Hugo? Rendez-vous sur le site Web de la série pour découvrir l'une des douze consultations ésotériques interactives.

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