• Le Droit > 
  • Arts > 
  • Télé 
  • > La commandite de Découverte enfreint les normes de Radio-Canada 

La commandite de Découverte enfreint les normes de Radio-Canada

Dans une décision rendue publique mercredi, l'ombudsman de Radio-Canada, Guy... (Hugo-Sébastien Aubert, Archives La Presse)

Agrandir

Hugo-Sébastien Aubert, Archives La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Pierre Saint-Arnaud
La Presse Canadienne

Dans une décision rendue publique mercredi, l'ombudsman de Radio-Canada, Guy Gendron, conclut que la commandite de l'émission Découverte par l'entreprise de services financiers SFL Desjardins «enfreint la règle d'objectivité des Normes et pratiques journalistiques» de Radio-Canada.

L'ombudsman estime que cette commandite «peut donner l'impression de restreindre l'indépendance rédactionnelle» de l'émission et, en conséquence, «étioler la confiance du public».

La décision découle de la plainte d'un auditeur qui s'était inquiété de voir le logo de SFL Desjardins juxtaposé à celui de l'émission Découverte et qui s'interrogeait sur la possibilité que l'entreprise puisse avoir une influence sur le contenu de l'émission.

M. Gendron estime que, même si une telle commandite est «compréhensible» dans un contexte de compressions budgétaires où Radio-Canada subit des pressions pour trouver de nouvelles sources de revenus, la pratique de la commandite «constitue également une infraction aux règles des Normes et pratiques journalistiques concernant le financement d'émissions, qui n'autorisent aucun compromis pouvant compromettre la crédibilité et l'image de marque de l'information de Radio-Canada».

L'ombudsman «invite» Radio-Canada à cesser de juxtaposer des logos de commanditaires et ceux d'émissions d'information et, plus généralement, «à s'interroger sur les risques qu'une telle situation peut causer à sa réputation», tout comme dans les cas de marketing de contenu ou de publicité native.

La plainte avait d'abord été portée au directeur de l'information, Jean Pelletier, responsable des émissions d'affaires publiques présentées à la télévision de Radio-Canada.

M. Pelletier avait donné entièrement raison au plaignant et demandé à l'ombudsman de faire enquête.

Pas comme la publicité 

M. Gendron trace une ligne très nette entre le fait d'acheter de la publicité dans une émission, une pratique tout à fait acceptable que SFL Desjardins pourrait faire sans le moindre problème.

Il note toutefois que la «participation de SFL Desjardins va plus loin» en associant son logo à celui de l'émission, ce qui «brouille la distinction entre le contenu de l'émission et l'espace publicitaire» et représente «un glissement préoccupant de la relation entre, d'une part, l'information et, d'autre part, les sources privées de financement de Radio-Canada».

Bien qu'il ait obtenu l'assurance que «la commandite de Découverte n'accorde à SFL Desjardins pas le moindre droit de regard sur le contenu de l'émission», il souligne que cela n'empêche pas un téléspectateur de voir l'apparence d'un conflit d'intérêts et ajoute que la cohabitation des deux logos «ouvre la porte à une telle interprétation».

Recul des revenus chez les télés privées

Les stations de télévision traditionnelles privées ont vu leurs revenus totaux reculer de 46,6 millions $ entre 2014 et 2015, selon un rapport annuel du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC).

Le CRTC précise que les 93 stations privées du pays ont généré un revenu total de 1,76 milliard $ pour la période de 12 mois s'étant terminée le 31 août 2015 - une baisse de 2,6% comparativement à l'année précédente.

La plus grande partie des revenus de cette industrie est tirée de la vente de publicité nationale, qui a généré environ 1,2 milliard $, une somme pratiquement inchangée en 2015.

Les ventes de publicité locale ont reculé d'un pour cent, passant de 333,6 millions $ en 2014 à 330,1 millions $ cette année.

Malgré cette baisse de revenus, le CRTC affirme que les diffuseurs privés ont haussé à 652,8 millions $ leurs investissements dans la programmation canadienne, une augmentation de 33,5 millions $ comparativement à 2014.

Le CRTC oblige les stations de télévision à dépenser un pourcentage de leurs revenus en contenu fait par des Canadiens.

Du côté de Radio-Canada/CBC, les revenus publicitaires sont passés de 474,6 millions $ à 220,1 millions $ - principalement en raison de l'absence d'événements sportifs majeurs et la perte des droits de diffusion des matchs de la LNH depuis la saison 2014-2015. Le diffuseur public a également reçu 757,9 millions $ en crédits parlementaires pour ses 27 stations de télévision traditionnelles, une hausse de 32 millions $.

Les dépenses de programmation de Radio-Canada ont totalisé 687,3 millions $, incluant 557,2 millions $ pour la programmation canadienne.

- La Presse Canadienne

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer