Rêveuse, fonceuse, loyale

Après une soirée remplie d'émotions dimanche soir, Stéphanie... (OSA Images/TVA)

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Après une soirée remplie d'émotions dimanche soir, Stéphanie St-Jean n'a pas eu le temps de faire une pause. Elle a dû se soumettre un marathon médiatique. La Gatinoise croit encore flotter sur «son nuage».

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Sacrée grande gagnante de l'émission La Voix, dimanche soir, Stéphanie St-Jean est exténuée mais ravie.

«Je me sens très bien; je suis encore sur un nuage», stipule la Gatinoise qui, au terme de cette «expérience magnifique», a trouvé quelques minutes pour nous parler, lundi, à la fin d'une marathonienne journée d'entrevues. «Une quarantaine», estime-t-elle, au téléphone, d'une voix toujours énergique, mais d'où commence à poindre de petits signes d'éraillement, liés à la fatigue. 

Non pas à cause du gros party organisé une fois les caméras éteinte - «j'ai essayé de quitter le plus tôt possible, après un verre de bulles; je savais que j'avais une très grosse journée qui m'attendait» - mais parce que la nuit fut microscopique, malgré tout. «J'ai à peine deux heures de sommeil, à cause de l'excitation. Je n'ai pas pu redescendre de mon nuage.»

«C'est un rêve devenu réalité. Un rêve que j'ai depuis que j'ai huit ans», lâche-t-elle en se revoyant, petite fille, «chanter dans [s]a brosse, devant [s]on miroir».

Pour cette finale, son coach Pierre Lapointe lui avait écrit Ma chambre, une chanson particulièrement émouvante où, entre ce lit qui l'avale et ses idées qui s'emballent, l'on sentait flotter les souvenirs de son internement au Centre hospitalier Pierre-Janet, spécialisé en psychiatrie. La chanteuse de 25 ans n'a en effet jamais caché les troubles de personnalité limite avec lesquels elle doit composer. 

«Un message d'espoir»

«Je ne me suis pas sentie plus exposée que je l'avais été, avant. Disons que j'ai été exposée d'une plus belle manière, parce que Pierre m'a vraiment offert une chanson magnifique, tant dans la mélodie que dans les mots, c'était très touchant. [...] La chanson signifiait beaucoup, pour moi, et ç'a été beaucoup de préparation pour ne pas verser de larmes pendant que je l'interprétais.» 

D'ailleurs, et bien qu'ils furent nombreux, tous les compliments et toutes les tapes dans le dos qu'elle a pu recevoir de ses coaches (Éric Lapointe fut le premier, avant qu'elle soit repêchée par Pierre Lapointe) tout au long de cette aventure télévisuelle, ne la «touchent pas autant» que les «témoignages des gens qui souffrent du même trouble» qu'elle, et pour qui sa lente ascension vers le sommet de l'émission à constitué «un message d'espoir». «Ils m'écrivaient pour me dire que ça leur donnait un deuxième souffle, que ça leur avait donné envie de se remettre à leur passion. C'est en lisant ces messages que j'ai le plus versé de larmes», avoue Stéphanie.

Après avoir été abandonnée, volée, puis mise en danger (soumise à l'approbation du vote populaire), la concurrente gatinoise a fracassé tous les records de l'émission en remportant 93% des voix du public pour sa prestation lors des demi-finales. Dimanche, devant une moyenne de 2,7 millions de téléspectateurs, elle a terminé son parcours exemplaire en émergeant (d'un petit point de pourcentage, à 32% contre 31%) de la vague favorable au candidat acadien Travis Cormier, cette fameuse Travismania dont l'émission ne détestait pas se faire l'écho. 

Stéphanie St-Jean se sait redevable du public. Particulièrement celui de Buckingham, où, ces dernières semaines, on s'activait pour faire sortir le vote, que ce soit au bar Alexandra, au restaurant Lala Bistro, ou au Café des artistes, où la chanteuse a déjà travaillé. Elle avoue au passage avoir trop peu communiqué avec ses fans de l'Outaouais pour les remercier comme il se doit. Entre les chansons à apprendre, les numéros à monter - les finalistes devaient aussi participer à plusieurs prestations offertes par les vedettes invitées sur la scène de LaVoix - et le volet plus médiatique des opérations, «j'ai été tellement occupée que j'ai à peine eu le temps de parler à ma famille », s'excuse-t-elle. 

Pas qu'elle se plaigne de cette charge. «Ça fait partie du boulot. [...] J'ai vécu des choses plus difficiles, dans ma vie. [...] Et puis j'aime travailler sous la pression. Travailler fort, c'est ma recette magique pour me calmer», explique cette «fonceuse» qui connaît bien le labeur quotidien et les aspects moins glamours de ce métier qu'elle pratique depuis plusieurs années, au sein du duo Steph et Phil, au côté du musicien Philippe Bigras.

Loyauté

En rétrospective, «le seul moment que j'ai trouvé vraiment difficile, c'est peut-être quand j'ai appris que j'avais été éliminée. Ça c'était dure, même si ç'a duré quoi, à peine 45 secondes, avant que Pierre me vole ? J'avais vraiment pas le goût de m'en aller, moi...» poursuit-elle, en retrouvant son énergie souriante.

Mais n'allez pas lui demander ce qu'elle va faire avec le pactole (50 000$) destiné à aider le vainqueur à produire un disque. 

Où et quand et avec qui enregistrera-t-elle ? «Aucune idée. Pas eu le temps de penser à tout ça.» Tout cela fera l'objet de discussions avec la production, dans les jours qui viennent, indique-t-elle.

La chanteuse de Buckingham se montre ouverte à toute éventualité, mais son sens de la loyauté résonne dès qu'on émet l'hypothèse qu'un album solo puisse mettre en péril l'avenir de son duo artistique.

«Le duo, je ne sais pas s'il va continuer, mais ma collaboration avec Philippe Bigras, elle va durer toute la vie. C'est un guitariste incroyable. Il est justement en train de s'écrire un album, et il veut que je participe; et moi aussi, je veux sa participation sur le mien. J'y tiens énormément et je vais tout faire pour que ce soit possible», tonne-t-elle, la voix pleine d'autant d'admiration que de détermination.

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