La série Homeland piégée par des graffiteurs

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David Rising
Associated Press
BERLIN

La vedette de Homeland, Claire Danes, marche dans une ruelle étroite du Liban, dans le plus récent épisode de la série de la chaîne Showtime, et passe devant un mur recouvert de graffitis en langue arabe.

Les producteurs avaient demandé quelque chose de générique - suggérant «Mahomet est le plus grand» - pour donner l'impression d'un camp de réfugiés contrôlé par le Hezbollah. Mais le groupe de trois artistes embauché pour ces graffitis a plutôt profité de la tribune pour poser un geste d'éclat.

Le message vu par plus d'un million de téléspectateurs lorsque l'épisode a été diffusé aux États-Unis, dimanche, était plutôt «Homeland est raciste».

La scène a été tournée cet été à Berlin, mais le groupe - qui s'est baptisé «Les artistes de rue arabes» en référence à son embauche par les producteurs de l'émission pour le décor - a gardé son geste secret jusqu'à la diffusion de l'épisode.

Mercredi, le trio formé des artistes Stone, Heba Amin et Caram Kapp a publié les détails de son geste sur le site web de Heba Amin, et les images ont rapidement fait le tour du monde.

«Je crois que ça a vraiment eu un impact, et nous avons visiblement touché une corde sensible», a déclaré Stone à l'Associated Press, jeudi

«À en juger par les réactions, plusieurs personnes n'étaient pas heureuses de cette émission, donc il y a beaucoup de joie qui vient vers nous en ce moment.»

Le coup d'éclat a été si bien fait, que même le producteur de Homeland, Alex Gansa, n'a pu que manifester son respect envers les artistes.

«Nous aurions aimé remarquer ces images avant leur diffusion, a-t-il déclaré dans un communiqué diffusé par Showtime. Toutefois, comme Homeland a toujours voulu être subversive à sa façon et lancer des conversations, nous ne pouvons qu'admirer ce geste de sabotage artistique.»

L'émission, qui en est à sa cinquième saison, est extrêmement populaire, mais a aussi été vertement critiquée pour la façon dont elle dépeint les musulmans et par les gouvernements du Liban et du Pakistan, qui n'apprécient pas le portrait que la série fait de leur pays.

Lorsque l'équipe de l'émission a approché Stone au cours de l'été, à la recherche d'«artistes de rue arabes» qui pourraient ajouter des graffitis semblant authentiques, le premier réflexe de l'artiste a été de refuser.

«Lorsque nous avons reçu l'appel, nous n'étions vraiment pas certains que nous allions travailler pour eux, et la plupart des artistes à qui j'ai parlé me disaient non dès le départ, ils n'étaient pas du tout intéressés», a-t-il raconté.

«Et c'est la conclusion à laquelle nous sommes arrivés, jusqu'à ce que nous ayons l'idée d'insérer nos messages dans l'émission.»

Stone a expliqué que les artistes avaient au départ songé à utiliser des proverbes arabes et à les réécrire légèrement avec des messages codés.

«La question était: comment pouvions-nous partager un message qui ne serait pas si évident qu'ils allaient tout de suite le reconnaître?, a-t-il relaté. Puis, lorsque le tournage a commencé, c'était clair que personne n'y prêterait attention.»

Ils ont donc commencé à écrire des messages directs, notamment: «Homeland est une blague et ne nous a pas fait rire», «Homeland n'est pas une série (télévisée)» et le slogan «Black Lives Matter».

Jusqu'à maintenant, les artistes ont été dépassés par la réaction positive des gens, surtout des téléspectateurs des États-Unis, mais aussi du Moyen-Orient.

«Nous croyions que ça avait le potentiel de devenir viral, mais lorsque c'est véritablement arrivé, ça a quand même été une surprise», a admis Stone.

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