La chance de marcher dans les pas de Champlain

Synthétiser pour le petit écran, en six épisodes de 30 minutes, Le rêve de... (Courtoisie)

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Synthétiser pour le petit écran, en six épisodes de 30 minutes, Le rêve de Champlain, la monumentale biographie écrite par l'historien américain David Hackett Fischer. Magistral comme défi, vous dites? Mission accomplie pour les artistes et artisans gravitant autour de ce projet, dont le comédien Maxime Le Flaguais qui prête ses traits à Samuel de Champlain, le réalisateur Martin Cadotte et la co-productrice Marie-Pierre Gariépy, de Slalom. La docu-fiction prendra l'affiche dès lundi, à 21 h, sur les ondes de TFO.

Initiée par le réseau TFO dans le cadre du 400e anniversaire de la présence francophone en Ontario, cette aventure télévisuelle est produite par le Groupe Fair-Play ainsi que Slalom, une maison de production basée à Ottawa. Pour Marie-Pierre Gariépy, présidente et fondatrice de la boîte, la mission était claire.

«Nous avons voulu créer un rendez-vous familial. L'oeuvre de David Hackett Fischer est inspirante, elle nous aide à mieux comprendre nos origines et les valeurs qui nous unissent. Transmettre ce message aux enfants, réussir à les toucher, voilà ce qui était important pour nous», déclare-t-elle.

Et alors, on fait comment pour les rejoindre, ces jeunes, avec une matière aussi dense que la vie de Samuel de Champlain, sans tomber dans une overdose de didactique? «En déconstruisant les procédés traditionnels, en faisant autrement», répond le réalisateur Martin Cadotte, la parole intarissable et passionnée, comme celle de M. Fischer.

Cette «déconstruction» (20% fiction, 80% documentaire) prend tout son sens dans le format novateur de la docu-fiction. Documentaires, reconstitutions historiques et entrevues viennent ponctuer la série pour nous aider à mieux comprendre le parcours du militaire, ethnologue, diplomate, cartographe, navigateur et explorateur que fut Champlain.

Animée par Marie-Louise Arsenault, la série réunit aussi des «correspondants» que l'on retrouve sur le terrain en Europe, aux États-Unis, en Ontario et au Québec. Une ligne du temps a été créée pour nous situer dans l'époque et faire des allers-retours dans le temps. Les commentaires de spécialistes de renom, notamment Serge Bouchard, Laurent Turcot, Éric Thierry et David Hackett Fischer nous permettront de jeter un éclairage nouveau sur les divers enjeux.

Une longue aventure

Le projet a pris forme en février 2013, le tournage débutant au printemps 2014 pour ensuite se terminer en novembre. Pour Martin Cadotte, réalisateur chevronné (Tranches de vieLes Chefs!Destination Nor'OuestMotel Monstre), la série unit ses deux passions, le documentaire et la fiction.

Marie-Pierre Gariépy et Martin Cadotte.... (Étienne Ranger, LeDroit) - image 2.0

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Marie-Pierre Gariépy et Martin Cadotte.

Étienne Ranger, LeDroit

L'équipe de tournage de la docu-fiction Le rêve... (Courtoisie) - image 2.1

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L'équipe de tournage de la docu-fiction Le rêve de Champlain, sur les traces de l'explorateur.

Courtoisie

«Ce fut un privilège de travailler à cette production. J'ai eu la chance inouïe de marcher partout là où est passé Champlain.»

Totalement investi, le créateur a parfois travaillé jusqu'à 122 heures par semaine. «Ma plus grande fierté, c'est d'avoir réussi à unir toutes les forces en présence, des équipes venant du Québec et de l'Ontario français.»

Et son Champlain, comment l'a-t-il trouvé? «J'avais déjà un parti pris pour Maxime Le Flaguais, ce qui aurait pu le désavantager. Quand j'ai un favori, mes attentes sont trop élevées et je suis déçu en audition», dit-il.

Avec «Max», comme il le surnomme affectueusement, ce fut un coup de coeur dès les deux premières répliques. «J'ai senti qu'il avait cet instinct de survie et ce regard franc qui caractérisent les explorateurs. Il était super bien préparé et son jeu se démarquait nettement de celui des autres comédiens», a-t-il ajouté.

Une grande complicité s'est rapidement installée entre les deux hommes. Dans cette optique de «faire autrement», Cadotte a choisi de tourner les segments dramatiques à la façon documentaire. Avant une scène, il donnait ses consignes au comédien, seul à seul, pour ensuite faire entrer toute l'équipe technique. Caméra à l'épaule, jamais sur un trépied, les caméramans devaient suivre l'acteur, être alertes à ses moindres mouvements, insufflant un rythme bien particulier à la série. Pour Maxime Le Flaguais, ce fut une expérience des plus enrichissantes.

Et sa rencontre avec David Hackett Fischer, qu'en est-il? «Je l'ai vu à la toute fin du tournage, il m'a accueilli dans sa demeure. Je voulais assembler avec lui les nombreux morceaux de ce casse-tête que constituait la série. La boucle était bouclée, j'ai terminé l'aventure avec celui qui m'a inspiré, celui qui m'a fait découvrir le grand humaniste et rassembleur qu'était Champlain», ajoute Martin Cadotte, la voix empreinte d'émotion.

Maxime Le Flaguais... (Etienne Ranger, LeDroit) - image 3.0

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Maxime Le Flaguais

Etienne Ranger, LeDroit

Un captivant rôle-titre

«Je ne me suis jamais senti aussi beau... et viril!» s'exclame en riant Maxime Le Flaguais, lorsqu'on lui demande ce que signifie pour lui incarner Samuel de Champlain, le père de la Nouvelle-France, de lui donner un visage, une voix et une âme qui prendront vie dans la tête de milliers de téléspectateurs dès la semaine prochaine sur les ondes de TFO.

On ne pourra s'empêcher d'esquisser un petit sourire en coin, un tantinet sceptique, à cette réplique venant de la bouche d'un grand jeune homme au charisme indéniable. Devant notre étonnement, il ajoutera, un brin rougissant et très humblement: «Vous savez, ce n'est pas tous les jours qu'on peut porter une armure, manier l'épée et faire des scènes de combat!» 

isiblement, la carte de la modestie, il ne la «joue» pas, sa réaction étant empreinte d'une authentique sincérité.

UN BEAU CADEAU

Le rôle-titre du Rêve de Champlain n'a pas été un cadeau sur un plateau d'argent. Il l'a gagné par son talent. «J'ai dû passer une audition et à mes côtés se trouvaient des confrères pour qui j'ai la plus grande admiration. Je suis extrêmement fier d'avoir décroché le rôle», affirme-t-il avec une joie à peine contenue.

Celui qui interprétait le docteur Éric Lanoue dans la série Trauma réalise aussi un rêve: celui d'interpréter un personnage historique, une occasion unique qui se présente rarement dans la carrière d'un comédien.

Pour bien cerner Champlain, Maxime Le Flaguais s'en est tenu au scénario, ce qui constitue pour lui la base même du travail d'acteur, bien au-delà de toute autre lecture et recherche parallèle. Et, bien sûr, les précieux conseils du réalisateur Martin Cadotte sont venus enrichir son jeu.

«Martin est un passionné d'histoire, il a des étincelles dans les yeux. Je me suis tout de suite senti en confiance avec lui. J'ai pu suivre mon instinct, il a su me laisser beaucoup de place tout en me donnant des indications justes et toujours bienveillantes», a-t-il déclaré, ravi de son expérience et de cette rencontre.

Au moment de l'entrevue, le comédien n'avait vu qu'un seul épisode et semblait impatient de visionner la suite. Et pour cause, la série commence en force et ne laisse présager que du bon.

David Hackett Fischer, auteur de la biographie Le... (Etienne Ranger, LeDroit) - image 4.0

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David Hackett Fischer, auteur de la biographie Le rêve de Champlain

Etienne Ranger, LeDroit

La passion de David Hackett Fischer

Passionné, intarissable, érudit, captivant et attachant, les qualificatifs ne suffisent plus pour décrire l'historien américain David Hackett Fischer, auteur de la biographie Le rêve de Champlain, un ouvrage de près de 1000 pages, agrémenté d'appendices, de cartes et d'illustrations, sublimement traduit par Daniel Poliquin, et qui est à l'origine de la docu-fiction présentée dès lundi sur les ondes de TFO.

Lauréat du Prix Pulitzer en 2005, le professeur et communicateur hors pair ne nous donne qu'une seule envie: retourner sur les bancs d'école pour se faire raconter une histoire, l'histoire avec un grand «H» et celle, aussi, de Samuel de Champlain.

Tout a commencé dans l'État du Maine, à Mount Desert Island, là où habite David Hackett Fischer. En 2004, des amis lui «ordonnent» gentiment de donner une conférence à l'occasion des célébrations du 400e anniversaire de la présence de Champlain sur «l'Isle des Monts Déserts». Un nom en français qu'il aimera répéter, deux fois plutôt qu'une, le francophile en lui s'avouant heureux de reparler une langue qu'il connaissait bien jadis. C'est en prononçant cette allocution, il y a 10 ans, que naîtra ce qui deviendra une passion dévorante.

Le travail de recherche, colossal, durera quant à lui quatre ans.

«C'était comme une relation de couple, ou plutôt, un ménage à trois, composé de moi, ma femme Judy et du Grand Robert de la langue française», dit-il en riant aux éclats.

Afin de déchiffrer les centaines d'archives consultées aux États-Unis, au Québec, à Ottawa, en France et dans les Maritimes, le dictionnaire s'est avéré pour eux un outil indispensable.

«Mais ça ne s'arrête pas là, une quatrième personne s'est ajoutée au triangle: nul autre que Champlain! À force de fouiller sur lui, on pouvait l'imaginer sur la banquette arrière de la voiture, assis à côté du Grand Robert, pendant qu'on parcourait le pays à suivre ses traces.»

Un «tour de char» auquel on aurait bien aimé prendre part...

De son ouvrage, il voudra qu'on retienne à quel point Samuel de Champlain portait en lui des valeurs progressistes basées sur un humanisme profond, mais aussi le rôle important qu'il a joué dans le maintien de la paix entre les nations autochtones. Quand on lui demande son opinion sur la docu-fiction, à laquelle il a contribué, le verbomoteur se fait soudainement silencieux, l'émotion lui nouant la gorge.

«Les mots me manquent, souffle-t-il. L'exceptionnel travail de synthèse et de créativité accompli par l'équipe me renverse. Un réel désir de vulgarisation et de partage du savoir transcende les épisodes. C'est à l'image même de Champlain, de son humanisme, de ce qu'il aurait voulu faire.»

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