Cityfolk : Rodriguez chantera Sugar man

Sixto Rodriguez est devenu un symbole de la... (Courtoisie)

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Sixto Rodriguez est devenu un symbole de la contre-culture sud-africaine.

Courtoisie

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Deux albums au succès confidentiel dans les années 1970, puis l'Américain Sixto Rodriguez a disparu des radars. Sauf en Afrique du Sud, où sa musique folk-soul est devenue un hymne à la liberté dans une société en plein apartheid. Le principal intéressé n'en a rien su, forcé de revoir ses plans de carrière : des études en philosophie à l'université de Détroit, suivies de petits boulots sur des chantiers de construction pour faire vivre sa famille.

Pendant ce temps-là, ses hymnes au sexe (I wonder), à la drogue (Sugar man) et à l'amour (I think of you) s'étaient frayé un chemin là où aucun groupe pop anglo-saxon ne mettait les pieds. Sous le régime sud-africain répressif, Rodriguez était devenu, sans le savoir, un symbole de la contre-culture.

Le voilà qui revient sous les feux des projecteurs en 2012 grâce au documentaire oscarisé Searching for Sugar Man, retraçant la quête de Stephen Segerman et du journaliste Craig Bartholomew pour retrouver l'artiste. « Les gars prenaient des photos de ma maison à Détroit, se souvient-il. Ils sont revenus à quatre reprises et m'ont convaincu, ces jeunes cinéastes. »

Convaincu de quoi, au juste ? D'apparaître « 8 minutes dans leur film », précise Rodriguez en nuançant son implication dans le projet, se considérant plutôt une âme « musicale et politique ». Dans le cadre d'une tournée pancanadienne, il se produira le 17 septembre au Cityfolk en compagnie de son groupe.  

Comme le titre de leur documentaire l'indique, les cinéastes pistaient l'auteur de Sugar Man, que l'on disait mort et même suicidé sur scène. La vedette oubliée menait plutôt une existence modeste et paisible auprès de ses trois filles à Détroit. La vie, parfois, rivalise avec le meilleur scénario hollywoodien. 

L'engouement autour de ce film réalisé par Malik Bendjelloul a dépoussiéré la musique psychédélique de Rodriguez et l'a catapulté de nouveau sur scène. Les tournées internationales se sont enchaînées. Un retour inattendu qui ravivait l'espoir de réentendre en concert les paroles cultes de Sugar man, chanson poignante et entêtante à souhait.   

Mais le septuagénaire le reconnaît aujourd'hui, il n'était pas prêt à remonter sur scène il y a quatre ans. Les comptes-rendus d'alors évoquaient des prestations où il jouait souvent épuisé et à moitié ivre. On lui prédisait son ultime tour de piste.    

« Pour cette tournée, c'est différent, je reste straight, pas de drogue ni d'alcool », prévient-il. L'artiste continue de s'entourer de son « staff familial » et s'adjoint les services de jeunes musiciens à l'énergie communicative qui lui font espérer une tournée sans fin. « De scène, j'aime entendre le public, c'est gratifiant, » avoue-t-il en entrevue.      

Mais comme si sa folle histoire multipliait les rebondissements, le réalisateur du film Malik Bendjelloul s'est suicidé en 2014. Il continuera d'accompagner en images le destin de cet artiste iconoclaste, fils d'émigrant mexicain savourant à 75 ans son succès et qui, un brin fataliste, commente cette reconnaissance tardive hors norme : « the show must go on ». 

Les chansons de Sixto Rodriguez parlent surtout d'une vie passée sous l'égide de l'intégrité, questionnant en filigrane notre époque qui prône essentiellement l'art du compromis.

Pour y aller

Quand ? 17 septembre, 20 h 30

Où ? Cityfolk, parc Lansdowne

Renseignements : https://cityfolkfestival.com ou 613-232-6767




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