Les trois virages de Kaïn

Eric Maher, Yanick Blanchette, Steve Veilleux et John... (Courtoisie)

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Eric Maher, Yanick Blanchette, Steve Veilleux et John Anthony Gagnon Robinette seront de passage au Minotaure pour un spectacle à guichets fermés le 20 septembre.

Courtoisie

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Pour Kaïn, aller à la rencontre de son public, ce n'est pas seulement un pas respectueux : c'est une étape fondamentale de la vie du band.

« C'est la base du projet de Kaïn, c'est dans son embryon, parce que toute notre inspiration vient des gens, vient de la route et des belles rencontres que nous y faisons depuis ces 16 dernières années. c'est vraiment ça notre école de musique. Et quelle meilleure raison que ces rencontres [existe-t-il] pour s'entêter encore à faire des albums ensemble ? », lance le chanteur Steve Veilleux.

Les membres de Kaïn s'apprêtent à lancer leur nouvel album - Welcome Bonheur, le 6e de la bande - mercredi 20 septembre à Gatineau, après avoir fait la même chose à Drummondville (leur fief), Montréal, Québec puis Trois-Rivières, et juste avant de s'enligner pour Sherbrooke deux jours plus tard. 

Ce qui fascine Steve Veilleux, c'est « la loyauté particulièrement touchante » de leurs admirateurs. « Et Gatineau fait partie depuis le début de notre petite et longue histoire à la fois. On y a eu de très beaux moments en festivals, que ce soit aux Montgolfières ou dans les environs, d'Aylmer à Buckingham. Je crois que c'est [en Outaouais] qu'on est montés sur nos premières grandes scènes. Et puis nos concerts à la salle Odyssée [quelques années plus tard] sont restés gravés dans notre disque dur collectif », précise le chanteur, pour qui « ça allait de soi que la belle région de Gatineau allait être de la fête », incluse dans cette série de lancements au cours desquels la bande joue le disque dans son intégralité.

Prévu au Minotaure, ce lancement gatinois affiche déjà complet... signe que la fièvre Kaïn a instantanément repris, sitôt la mise en marché estivale du premier extrait, Comme un bum - « qui a reçu un bel accueil » constate Veilleux.

Nouveau réalisateur

Il faut dire que le quatuor a un peu forcé les fans à travailler sur leur patience : le disque est prêt depuis presque un an. L'album a été réalisé par Éloi Painchaud - qui est pratiquement « devenu le cinquième » larron du quatuor, observe Steve Veilleux en s'excusant du « cliché ». 

« Éloi, c'est vraiment un gars de bande, et on tenait absolument à travailler avec lui. C'est pour ça qu'on est rentrés si tôt en studio », seule façon d'accommoder les horaires chargés des uns et de l'autre. 

Nouveau son

« Éloi nous a permis de rapper notre son », estime Veilleux, en mentionnant leur grande appréciation commune  pour les sonorités des années 70. 

« En studio, on a écouté beaucoup de Tom Petty et de Eagles, mais l'idée, c'était pas de reproduire ou recopier textuellement les arrangements vocaux - de toute façon, qui oserait ? - mais de retrouver l'esprit de l'époque, la façon de faire des prises de son, les craquements, l'écho des B-3 [orgues Hammond, NDLR], les [ajouts de choeurs] dans les refrains, le côté tantôt un peu plus rock 'n' roll, tantôt plus touchant, introspectif  ou épuré... Tout ça, c'était des avenues  qu'on avait peu explorées, et où Éloi nous a amenés. »

Welcome Bonheur a été enregistré en octobre 2016. « On s'est encabanés, on s'est payé la traite : ç'a été un gros party musical, fait dans une belle sérénité. » Laquelle a d'ailleurs « donné le titre de l'album ».

Car après avoir pris le parti de Pleurer pour rire (son dernier album, paru en 2013), Kaïn affiche aujourd'hui sa volonté d'accueillir à bras ouverts une sérénité qui n'a pas toujours fait partie de son ADN, malgré les chansons festives. La bande a accepté qu'il ne servait à rien de se battre contre « le bien-être et la reconnaissance qu'on vit en ce moment, tant à titre personnel que collectivement, en tant que band ».  

« Le mixage a été achevé un mois plus tard, retrace le chanteur. «Mais ça fait des mois qu'on se le réapproprie et qu'on fait des retouches. En fait, on retouche tout, sans arrêt : les photos, les pistes, les mix... Ça ne sert à rien de se mentir, des musiciens réunis ensemble, avec beaucoup trop de temps sur les bras, c'est ça que ça donne, poursuit-il en s'esclaffant de rire. Le peaufinage est toutefois mesuré : «On fait attention de ne pas se perdre», ajoute-t-il en reprenant son sérieux.

Les quatre gars ont «profité de ces quelques mois pour amener l'album exactement là où on le voulait». Reste qu'«il était temps qu'on le sorte. On a très hâte de le partager avec le monde !»

Nouveau membre

La fébrilité de Veilleux vient aussi du fait que Kaïn est à un «tournant» de son existence. Le quatuor a changé de profil. 

En avril dernier, le guitariste Patrick Lemieux a quitté le navire. Pas en claquant la porte, mais tout de même pour des raisons de divergences de perspectives quant à l'avenir de la bande, au niveau d'implication et de sacrifices que cela allait représenter, laisse entendre Steve Veilleux, en soulignant que l'ex-collègue a tout de même participé «en totalité» à l'enregistrement du disque. En «condensant» les sources de friction, les semaines passées ensemble en studio ont constitué «le point culminant» qui a permis à tous de réaliser qu'«il fallait prendre une décision».  

Les trois anciens - Eric Maheu à la basse, Yanick Blanchette derrière la batterie et Steve Veilleux à la guitare et au micro - se sont donc adjoint une nouvelle recrue, John Anthony Gagnon Robinette, qui s'est emparé de la deuxième guitare. «John Anthony était notre premier choix, sur notre courte liste. On l'avait vu jouer dans un festival en Gaspésie, avec un super band country et une énergie contagieuse.» 

En le rencontrant en personne, par après, les gars de Kaïn avaient instantanément apprécié «la personnalité, le contact humain et l'échange musical» du jeune guitariste, ainsi que «son vécu, assez exceptionnel pour un jeune de 26 ans». La transition s'est donc faite en douceur, «avec un naturel assez déconcertant», s'étonne encore Steve Veilleux. 

«Il reste très humble et très groundé, alors qu'il pourrait s'enfler la tête, en étant parachuté là. Et ce qui nous fait du bien, à nous autres, c'est le coup de pied aux fesses qu'il amène, avec sa drive. Il nous rappelle la reconnaissance et la fougue de nos débuts. C'est un vent de fraîcheur, un regard extérieur qui nous fait vraiment du bien, tant dans le camion de tournée que quand on prend un café ensemble.»

Pour y aller

Quand ? Mercredi 20 septembre, 18 h (à guichets fermés)

Où ? Minotaure (3, rue Kent)

Renseignements : 819-600-6466 ; minotaure.ca




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