Julian Rachlin, le violon chevillé au coeur

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Aujourd'hui, à 43 ans, Julian Rachlin enchaîne les concerts aux quatre coins du monde : il est l'un des solistes les plus sollicités, à mener sa vie comme il l'entend, maître d'un art souverain, d'une carrière suzeraine.

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Son dernier concert à Ottawa remonte à janvier 2016 : le violoniste et altiste Julian Rachlin jouait alors sous la direction du chef d'orchestre Daniele Gatti avec l'orchestre National de France, au Centre national des arts.

Le soliste revient sur invitation du Chamberfest pour un programme consacré aux Saisons, celles de Vivaldi mais aussi d'Astor Piazolla. Un tango entre inspirations européenne et argentine, à découvrir le 1er août, à 19 h, à L'Église unie Dominion-Chalmers.

L'idée du concert est née à Mexico où Julian Rachlin et le directeur du Chamberfest Roman Borys ont interprété ensemble les Quatre Saisons de Buenos Aires, de Piazolla ainsi que le célèbre classique de Vivaldi. « Roman voulait présenter le même programme pour son festival à Ottawa, » explique le violoniste-vedette, en tournée plus d'un tiers de l'année. L'affiche regroupe ainsi des musiques que l'on pensait à jamais séparées. Saisons naturalistes, vivantes et claires de Vivaldi face à celles plus violentes et tragiques de Piazzolla, un tableau musical comme autant de saisons de l'âme.

Au fil de l'archet

C'est à Vienne qu'a grandi ce fils d'un violoncelliste et d'une pianiste. Il a travaillé son instrument sous l'impulsion de son professeur de quinze ans, Boris Kushnir. À 13 ans, il attire l'attention des promoteurs et maisons de disques suite à une compétition télévisée majeure dont il remporte le premier prix. Travail et passion le mèneront à rencontrer plusieurs maîtres du violon, dont Pinchas Zucherman, ancien directeur artistique de l'Orchestre du CNA, dont il devint l'élève au milieu des années 90.

« C'est l'un des plus grands violonistes de tous les temps, l'une de mes idoles. J'ai beaucoup appris de lui et aujourd'hui encore, quand je saisis mon violon, je pense à ce qu'il m'a dit, partage-t-il. La technique de l'archet et la façon de tenir le violon ne sont pas naturelles, à la différence du piano ou du violoncelle. Se sentir à son aise avec l'instrument est presque impossible. Il m'a beaucoup transmis sur le maniement de l'archet, qui est au violoniste ce que le pinceau est au peintre ».

Aujourd'hui, à 43 ans, le violoniste enchaîne les concerts aux quatre coins du monde : il est l'un des solistes les plus sollicités, à mener sa vie comme il l'entend, maître d'un art souverain, d'une carrière suzeraine.

« Malgré tous les conseils que l'on peut recevoir, il faut savoir écouter son propre corps dans la réussite de sa carrière. La gestion du temps est primordiale pour préparer un concerto, une semaine, un mois ou un an à l'avance ». 

Julian Rachlin a appris la gestion du décalage horaire, celle du stress et de la préparation d'avant-concert où la journée entière est tendue vers la prestation.

« Au dernier moment, la seule chose à faire, c'est d'essayer d'être reposé, prendre soin de soi, raconte-t-il. Pendant une ou deux heures, je répète et fais travailler mes doigts. Mais j'essaie de ne pas trop rencontrer de gens pour rester concentré et trouver mon équilibre qui me permettra d'être prêt au concert. »

Cette préparation ne l'empêchera pas de ressentir un certain trac, « comme si je donnais mon premier concert. » À Ottawa, il jouera les Saisons sur un Stradivarius datant de 1704.   

L'occasion de vérifier le pouvoir suprême de la musique, cette faculté de réconciliation qui fait fi des âges, des styles, des époques et des lieux.

Pour y aller

Quand ? 1er août, 19 h

Où ? Église unie Dominion-Chalmers 

Renseignements : www.chamberfest.com/fr




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