Une Journée des Autochtones avec Elisapie, Florent et Zachary

La chanteuse innue Elisapie Isaac convie les Ottaviens... (Archives, La Presse)

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La chanteuse innue Elisapie Isaac convie les Ottaviens à « se dégêner » en saisissant l'occasion que représente la Journée des Autochtones pour venir à la rencontre des communautés amérindiennes.

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Le parc Major's Hill vibrera au son des tambours sacrés et des chansons de plusieurs artistes issus des communautés inuit, métis et des Premières Nations, ce mercredi 21 juin, à l'occasion de la Journée nationale des autochtones.

En soirée, dès 19 h, un grand concert réunira Elisapie Isaac, Florent Vollant et la chanteuse d'opéra manitobaine Rhonda Head, d'origine crie. Se grefferont à eux la chanteuse country Genevieve Fisher et le Cajun Zachary Richard - parce que « Zachary est un brother ; il est sensible à la cause autochtone depuis longtemps et partage la même mission que nous », glisse Elisapie Isaac au téléphone. 

Animé par la chanteuse Beatrice Deer et la comédienne Devery Jacobs (Mohawk Girls), le spectacle sera télédiffusé en direct par la chaîne APTN (Aboriginal People's Television Network), qui orchestre ces célébrations en partenariat avec le Summer Solstice Indigenous Festival.

La chanteuse ottavienne métis Amanda Rheaume, ainsi que les artistes émergents Relic Kings et Shawnee monteront sur scène dès 17 h 15. Des activités culturelles, éducatives ou familiales s'y dérouleront toute la journée, dès 10 h 

« La société évolue tranquillement » et de plus en plus de Canadiens non autochtones participent à ces festivités accueillant le solstice d'été, observe Elisapie Isaac. Mais pas encore assez, ajoute-t-elle. Beaucoup « sont encore trop gênés pour saisir cette opportunité et venir nous voir ». Leur frilosité provient selon elle de la méconnaissance que la population entretient depuis longtemps, vis-à-vis de ses voisins autochtones 

« La gêne vient de la honte qu'on éprouve quand on est ignorant. [...] La curiosité et l'ouverture à l'autre sont nécessaires pour bien vivre ensemble. Il faut côtoyer les gens pour sentir qu'on ne fait qu'un. » Pour Elisapie, c'est au tour des Canadiens - et non pas aux institutions - de « faire un effort » pour améliorer les relations entre les communautés.

« On parle de [Commission] Vérité et Réconciliation... mais ce n'est pas à nous de faire cette réconciliation. C'est aux Canadiens de se réveiller, d'ouvrir les yeux très grands et de commencer à reconnaître la valeur de ces peuples, de leur culture, de leur attachement au territoire et à son harmonie. » 

En cette année de Canada 150, des festivités se tiendront aussi à Halifax, Montréal, Toronto, Winnipeg, Yellowknife, Edmonton et Vancouver. Elisapie Isaac se réjouit de l'ampleur grandissante de la Journée nationale des autochtones, et de l'appui fédéral. Mais elle préférerait voir Ottawa allouer cet argent à des formes de soutien plus nécessaires, sur le terrain. 

« On ne fête pas grand-chose, cette année, parce qu'il y a encore des [Autochtones] qui n'ont pas d'eau potable au Canada » et que les ressources sont quasi-inexistantes dans bien des communautés, dit-elle en évoquant le dramatique taux de suicide qui sévit parmi les jeunes, dans son Nunavik natal.

Ce soir, Elisapie ne sera pas là pour discourir, mais pour partager ses hits, une reprise inédite dont elle préfère garder la surprise, et « deux ou trois nouvelles chansons » offertes en avant-goût de l'album à venir cet hiver.




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