Loco Locass au Rockfest... puis en mode écriture

Batlam, Biz et Chafiik, de Loco Locass, feront... (Courtoisie)

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Batlam, Biz et Chafiik, de Loco Locass, feront monter la fièvre nationaliste durant La St-Jean du Rockfest, prévue dès le 22 juin à Montebello.

Courtoisie

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Batlam, Biz et Chafiik, de Loco Locass, feront monter la fièvre nationaliste durant La St-Jean du Rockfest, prévue dès le 22 juin à Montebello.

Outre le trio rap, la marina du village verra défiler entre autres Les Cowboys Fringants, Robert Charlebois, Les Trois Accords, Bernard Adamus, Groovy Aardvark et les Dead Obies, qui fêteront la St-Jean avec un peu d'avance, le 22, façon pour le festival de satisfaire les mélomanes francophones sans amoindrir sa programmation rock et metal -  anglo - au fil du week-end du 23-24 juin.

Mais célébrer la fête nationale du Québec aussi tôt ne dérange nullement Sébastien Ricard, alias Batlam, qui préférerait même la fêter dès le 21 juin, pour la valeur symbolique de cette « fête païenne » née du solstice d'été. « Pour faire évoluer la St-Jean, on devrait  l'enchâsser dans les célébrations autochtones du 21 juin. On pourrait en faire une fête métis, quelque chose d'incroyable, un gros pow wow ! »

Avec un seul album à son actif en 12 ans (un hiatus de huit ans sépare Le Québec est mort, vive le Québec !, album paru en 2012, à Amour oral, qui date de 2004), un petit extrait (Le Clan) sorti l'an dernier, et un tout récent titre, Nutshimit (écrit par des étudiants du collège autochtone d'Odanak), le trio Locass, quoiqu'officiellement actif, n'est plus guère prolifique. 

Chacun des membres mène indépendamment une vie artistique parallèle trépidante. Au point que d'aucuns s'interrogent  si le trio est mort. « La question est légitime, convient Batlam. On est moins présents, alors qu'on a été quasi-omniprésents pendant une décennie ; on a levé le pied de la pédale pour toutes sortes de raisons », reconnaît Batlam, en mentionnant le rythme des tournées qui ne s'harmonisait plus avec leur réalité de parents. 

Nouvelles chansons

En outre, Loco Locass a « toujours eu pour  objectif de parler des enjeux politiques québécois. C'est une matière riche, mais elle ne doit pas devenir redondante. On ne veut surtout pas  appliquer une recette. On essaie au contraire de trouver un angle nouveau à chaque toune. On évolue, on réfléchit, et on essaie de faire en sorte que nos chansons soient le reflet de cette évolution. Ça prend du temps. Mais [nous] les artistes, on doit prendre ce temps [afin de] rester authentiques, sincères dans ce qu'on fait. »

Leur site officiel est passablement laissé à l'abandon. « Je sais qu'on donne l'impression de ne plus trop être là, de ne plus trop avoir le goût, mais... non ! » Batlam s'empresse de rassurer ses fans : « Le désir de faire de la musique est intact entre nous, on l'a vérifié avec Le Clan qui nous a montré que notre capacité de travail, notre désir et notre talent sont encore bien là. Il faut juste trouver le temps de se réunir... et c'est justement ce qu'on a prévu de faire dans les prochains mois... »

« Je ne l'ai dit à personne, mais on se remet au boulot ! On s'est donné comme objectif de faire de nouvelles chansons pour un spectacle qu'on va faire en novembre, au Cercle, à Québec. Je ne veux pas m'avancer sur le nombre, mais j'espère qu'on ne tètera pas trop avec la puck ».  

L'idée d'explorer plus profondément l'ouverture linguistique - tel que Loco Locass l'a fait sur ses deux plus récents extraits (Le Clan, inspirée d'un séjour de Sébastien Ricard en Acadie, jonglait avec le chiac) titille plus que jamais le trio : « c'est une piste qui nous fait vraiment tripper, et c'est vers ça que s'en va Loco. Ça nous fait buzzer depuis longtemps. Nos premières collaborations avec Samian, il y a presque 15 ans, nous ont ouvert des portes dans les communautés [amérindiennes]. C'est quelque chose qu'on doit approfondir et mettre en chanson. Parler politique, pour Loco, ça va aussi [signifier] parler des réalités autochtones, de leur présence - et de leur absence », évoque-t-il.

 Même s'il se fait plus discret, le trio continue donc de faire résonner chaque été ses mémoires et manifestes, particulièrement à la St-Jean Baptiste (le trio se produira à Joliette le 23 et à Jonquière le 24, cette année)... mais également à travers quelques apparitions en festivals, jusqu'en août. 

Malgré le plaisir des rappeurs à se retrouver pour célébrer la St-Jean Baptiste, il y a le spectre, « drôle et inquiétant », de devenir « un groupe associé à une fête qui pourrait devenir une espèce de truc un peu folklorique », grimace Batlam en évoquant les fonds que le gouvernement fédéral injecte dans  les festivités nationales du Québec.  

Sa crainte ? Que les Québécois en soient réduits, dans un futur proche, à « souffler sur les braises » d'une « culture en voie de disparition », en participant à des St-Jean qui célébreraient en réalité la pan-canadienneté triomphante, alors qu'à ses yeux, le pays a, historiquement, largement contribué à affaiblir ses minorités linguistiques, dit-il. 

« Je me méfie de cette vision du Canada anglais 'formidable', où de plus en plus de monde [envoie ses enfants] dans les écoles francophones... T'as beau jeu claironner que tu ouvres des écoles au Manitoba, quand tu les a toutes fait fermer au moment où il y avait une véritable vitalité francophone, et que le français y est aujourd'hui moribond, argue-t-il en déplorant «l'institutionnalisation de la St-Jean»

POUR Y ALLER

Jeudi 22 juin, dès 17 h

Marina de Montebello

montebellorockfest.com




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