Haïssables, mais engagés

À 17 ans, Rose Adam est la « vétéran »... (Simon Séguin-Bertrand, Le Droit)

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À 17 ans, Rose Adam est la « vétéran » des 4 Haïssables, dont les sketches sont écrits par Mathieu Gratton. Lequel montera sur scène avec eux à Gatineau.

Simon Séguin-Bertrand, Le Droit

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Les 4 Haïssables se feront-ils haïr, le 6 juin, à l'occasion de leur tout premier passage sur une scène gatinoise ? On parie le contraire.

La petite brochette d'adolescents humoristes a toutes les chances de se faire aimer, et chaleureusement applaudir, lorsqu'elle montera sur la scène des Brasseurs du temps (BDT), le 6 juin, puisque l'intégralité des revenus tirés de ce spectacle sera reversée à la Croix Rouge, afin de venir en aide aux sinistrés des inondations de l'Outaouais.

En outre, le commanditaire des Haïssables doublera le montant ainsi récolté, s'empresse-t-il de préciser.

Cette solidarité n'est pas le fruit d'un habile plan marketing : « c'était juste pour aider », avec l'espoir avoué « d'inspirer d'autres gens à faire la même chose », promet le producteur des Haïssables, l'humoriste Mathieu Gratton. 

L'ex-Crampe en Masse est aussi l'auteur principal des sketches au ton irrévérencieux défendus par ces quatre jeunes. Ceux-ci apostrophent les adultes en prenant un malin plaisir à leur renvoyer les travers, à travers le regard de la jeunesse. Et Mathieu Gratton connaît bien ce regard « un peu baveux », lui qui est l'heureux papa d'un adolescent. Et d'un tas de défauts parentaux qu'il reconnaît volontiers. 

Les 4 Haïssables sont en réalité cinq. La « maman » du groupe, Rose Adam, vient d'avoir 17 ans ; les autres petits allumés - Victor Boudreault, Philippe Scrive Jade Hébert et Frédérike Ambroise-Laplante sont à peine pubères, oscillant entre 12 et 13 ans. Les deux demoiselles se partagent le même rôle en alternance (c'est Frédérike qui montera sur la scène des BDT), afin de « ne pas nuire » à leurs études respectives, ni à leurs autres projets personnels et parallèles. 

Car certains sont des comédiens presque chevronnés. On a pu voir Victor Boudreault (qui est le fils du comédien Jeff Boudreault) dans le téléroman Mémoires Vives et au détour du des Gags full ados. Rose Adam a pour sa part décroché des rôles au petit écran (30 Vies, La Galère) et au grand (1981 et 1987 ; cet hiver, elle participait au tournage d'un film de Sophie Lorain).

Sur le Web

Les 4 haïssables se sont fait connaître en alimentant les médias sociaux de capsules vidéos cherchant l'équilibre du ton entre insolence et désinvolture, sur des sujets qui n'ont rien d'anodin. À preuve, cette vidéo intitulée Merci Justin!, félicitant le premier ministre canadien d'avoir donné le feu vert  à la légalisation de la marijuana... et déjà visionnée 50 000 fois. Ou cette autre vidéo, dans laquelle P-A Methot, en professeur d'humour débordé par les questions impertinentes de ses étudiants, tente en vain de leur expliquer qu'on ne peut plus rire de tout, en 2017...

« Il fallait d'abord nourrir la bête que sont les réseaux sociaux », mais la scène était la priorité dès le départ, explique Mathieu Gratton, dont le carré d'as donnera à Gatineau son 20e spectacle. 

Se sentant « de plus en plus confortable », le quatuor hésite d'ailleurs de moins en moins à improviser - ce qui peut donner des sueurs froides à l'auteur, qui sait à quel point « on marche sur la limite, et la ligne est mince », et qui, depuis la salle, guette le moindre dérapage. 

C'est que les sketches abordent de front des sujets comme le divorce et la garde partagée. Les mamans poules aussi bien que les papas pas discrets vociférant depuis les gradins des arénas. Ils abordent même la pédophilie et, sous la plume d'Alex Perron, l'homosexualité, mentionne le producteur, qui rêve déjà de voir Les 4 haïssables se décliner un jour en série télé.

Mais l'autodérision n'a guère sa place ici,  sauf pour parfois « remettre à sa place » l'un ou l'autre des jeunes comparses de Rose Adam. « On préfère se moquer des adultes », sourit-elle. Le spectacle s'adresse avant tout aux parents, « mais les plus belles salles, c'est quand il y a un mix des deux, quand les parents amènent leur ado. Ça amorce une discussion entre eux », observe-t-elle.

Les Haïssables ont tapé dans l'oeil du Club des Petits Déjeuners, qui, le 17 mai dernier, annonçait avoir fait d'eux ses « nouveaux jeunes ambassadeurs ». Plusieurs activités sont déjà prévues à leur horaire afin de récolter des fonds au profit de l'organisme, dont la Classique de golf, tournoi annuel organisé à Terrebonne le 5 juin prochain. 

Leur implication sociale est donc à l'image de leur humour : engagé.

« Je ne voulais pas juste faire un projet avec des jeunes, je voulais que ce soit porteur d'autre chose. Et les jeunes embarquent », souligne Mathieu Gratton, « Notre but premier, c'est de divertir, mais là, [sentir qu'on est utile en] soutenant des causes, c'est formidable ! » enchérit Rose Adam, mine réjouie.

« Le Club, c'est un cadeau du ciel : c'est fait par des jeunes, et pour des jeunes. C'est un match parfait », reconnaît l'auteur-producteur.

Pour y aller

Où : Les Brasseurs du temps

Quand : Mardi 6 juin, 20 h

Renseignements :

(819) 205-4999 poste 1

brasseursdutemps.com

lepointdevente.com




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