Vaillant Vallières

Vincent Vallières n'a pas mis de temps à... (Erick Labbé, archives Le Soleil)

Agrandir

Vincent Vallières n'a pas mis de temps à mettre ses admirateurs à l'aise, mercredi soir, à la salle Odyssée de la Maison de la culture de Gatineau.

Erick Labbé, archives Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

CRITIQUE / Mardi, Vincent Vallières était convié à une vitrine musicale réunissant parlementaires et décideurs de l'industrie, à Ottawa. En ambassadeur sérieux des chanteurs canadiens à succès. Le lendemain, il retrouvait son public pour lui présenter humblement son septième opus, Le temps des vivants à la Salle Odyssée qu'il remplissait et envoûtait avec, comme spectateurs invités gracieusement, une vingtaine de « sinistrés des inondations. » Mais loin du concert plombé de sensiblerie de circonstance, le groupe a apporté le meilleur des baumes : un humour complice. Bravo.

Un piano en panne ? « C'est pas Vegas », se rattrape Vincent Vallières en amorçant une discussion amusée avec la salle. Il y aura d'autres moments effilochés à la « secondaire en spectacle », des oublis de paroles entre la guitare et l'harmonica, des réglages capricieux aussi. 

On aurait pu s'en douter d'emblée : un concert débutant par un long « whouhou », dans l'ombre des projecteurs, sur les premiers accords de Manu, ne pouvait se prendre complètement au sérieux. La suite le confirmera : chorégraphie bêtissime pour illustrer la chanson On danse comme des cons (« c'est le moment de se mouiller », ose-t-il), tour de chant déjanté avec ses musiciens de leurs tubes préférés, adolescents... Vincent Vallières ne ménage pas ses efforts pour « saluer la résilience et le courage » des habitants de Gatineau.

 Il nous avait prévenus : « ce soir, on va tout vous donner et oublier nos criss de bad luck. » Ça tombe bien, c'est le titre de l'une de ses chansons, Bad luck ! 

Son rire joyeux et son charme naturel font des vagues dans la salle ; quand il intime au public de se lever, les rangées passent en trois notes à marée haute. 

Il affiche une belle aisance avec juste ce qu'il faut de timidité et d'anecdotes qui ne dépareillent pas du personnage que l'on imagine, celui du « dude assez normal, avec de jeunes enfants, qui fait des lunchs le matin. » 

Si son dernier album se défend bien sur scène avec une énergie rock facilement communicative, il offre quelques pépites plus apaisées parmi lesquelles brille Loin dans le bleu, écrite lors d'un atelier de création avec Gilles Vigneault. Et ce précieux conseil du grand maître : affrontez le public sans votre instrument... Touché-coulé !

Tout lui réussit : il cultive sa voix sans chercher à forcer (on aime ou pas son timbre minéral), des textes renforcés par diverses collaborations artistiques (dont Philippe B), des mélodies faciles à reprendre en choeur.    

À l'entracte, les Sénateurs menaient 4 à 0 ce qui a paru réjouir la foule et tombait fort à propos pour chanter « j'ai l'insouciance étrange du joueur de hockey » dans O.K. on part. À 5-0, sans accuser de baisse de régime, Vincent Vallières emportait les coeurs haut la main À hauteur d'homme avant de faire monter sur scène une jeune admiratrice (terrorisée) et son père (fier). Bon prince jusqu'aux dernières notes, le chanteur a quitté le public en lui susurrant On va s'aimer encore

Les inondations, quelles inondations ?




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer