Le 7e souffle de Vallières

Vincent Vallières offrira 100 paires de billets pour... (La Presse Marco Campanozzi)

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Vincent Vallières offrira 100 paires de billets pour son spectacle à la salle Odyssée aux sinistrés des inondations.

La Presse Marco Campanozzi

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Vincent Vallières a le coeur au collectif, ces temps-ci.

Son dernier disque, Le temps des vivants, album intimiste teinté de spleen que le chanteur vient présenter à la Maison de la culture ce mercredi, cherchait à exprimer « l'urgence de vivre ». L'envie de « retrouver un sentiment d'appartenance, un lien au collectif », observe le chanteur, ballotté entre ses souvenirs parisiens post-attentats et les sourires amers provoqués par l'image des réseaux modernes, où le nombre de connexions n'efface en rien les solitudes individuelles.

« On est dans une époque de likes. Tu postes, et tu tchèque tes likes, tu surveille to reach. C'est énervant. Ça amène un certain repli sur soi, sur son nombril. Et je fais partie de ça, [parce que] rencontrer le public, ça passe par les réseaux sociaux, aujourd'hui », convient l'artiste. 

« Mais plus que jamais, on a besoin d'être ensemble. [...] Je sais à quel point c'est cliché de dire ça, mais je pense qu'on a besoin de moments où on se rassemble. Et que la musique est un bon vecteur, un lieu intéressant pour se réunir autour des chansons », dit-il posément, attablé à un café du secteur Hull.

Les guillemets datent de quelques semaines. C'était quelques jours avant le début des crues et des inondations qui ont frappé le Québec. Avant que le mot « sinistrés » ne fasse les gros titres en Outaouais.

Alors, même si l'initiative est inusitée, on n'était qu'à moitié surpris d'apprendre, lundi 15 mai, que pour « adoucir le quotidien difficile » des victimes des eaux, Vincent Vallières offrait aux sinistrés 100 paires de billets pour le spectacle à la salle Odyssée. 

Ses nouvelles chansons se sont imprégnées de l'élan vers l'autre, cette solidarité qu'il a observée - et ressentie - lors d'un voyage à Paris, dans la foulée de l'attentat du Bataclan, en novembre 2015. 

« En arrivant là-bas trois jours après, [ma blonde et moi], on a constaté le grand élan de solidarité mondial et la vie qui continuait, envers et contre tous ; la grande soif que les Parisiens avaient de nous parler, dès qu'on s'asseyait dans un café. Il y avait de l'inquiétude, nécessairement, mais [pas d'accablement]. Cette résilience est émouvante. Et nécessaire. Je trouvais que ce titre, Le temps des vivants [une référence directe à un poème de Gilbert Langevin], avait une résonnance toute neuve, dans ce contexte. »

Nouvelle gang

Ce septième opus, Vincent Vallières le présente avec humilité. Chaque nouveau projet est « toujours stressant ». 

Ses complices de longue date s'étant éparpillés le temps de mener à bien des projets personnels - son quasi-inséparable complice Michel-Olivier Gasse est accaparé par son duo Saratoga et Simon Blouin s'est fait 'voler' par Véronic DiCaire - Vincent Vallières s'est entouré « de nouveaux regards » pour échafauder Le temps des vivants

Parmi ces « âmes neuves » : François Plante, George Donoso III et Amélie Mandeville. Sans oublier Philippe B., qui cosigne une pièce. Seul demeure André Papanicolaou, « qui est un peu mon Mike Campbell », le frère d'armes  de Tom Petty, dont Vincent Vallières a toujours clamé une filiation.

Musique « vivante »

La nouvelle équipe lui a permis de trouver un (second ?) « souffle », à défaut de changer de ton. Rendu à son 7e disque, Vincent Vallières « capotait un peu », tarabusté qu'il était par « le désir de se renouveler ».  

« C'est là qu'est venue l'idée d'aller s'asseoir dans la cuisine de Philippe B. pour lui demander un coup de main. Et B. m'a 'rassis' [rassuré]. [...] Il n'essaie pas de 'faire différent' : il essaie juste de faire de bonnes chansons. Ça a comme calmé le jeu [en me ramenant] à ce que j'essaie de faire : des chansons qui touchent les gens. »

Avec son réalisateur François Plante, « on avait envie de faire quelque chose de beaucoup moins 'produit' que Fabriquer l'aube. Un disque local », en quelque sorte. On a préféré louer de l'équipement, on n'est pas allés en studio. On s'est donné plus de temps d'expérimentation. » Ils ont testé des instrumentations, mais ont surtout apprivoisé « le lâcher-prise », dans leur méthode de travail. 

« Alors au final, ce n'est pas tout à fait un 'nouveau son', mais j'aime l'énergie, la fraîcheur » de cet opus.

« Je crois qu'on n'a pas fait une seule chanson 'sur le clic' », dit-il, en référence aux sons du métronome électronique qui bat infailliblement la cadence à l'oreille collective des musiciens, lors des sessions d'enregistrement. « Quand tu n'es pas sur le clic, ça fait comme un souffle naturel, une wave. Dans La fille du Nord, par exemple, ça accélère quand tu arrives au refrain, puis ça ralentit vers la fin. Ça donne une musique très vivante. »

« Dans À hauteur d'homme, on trouve aussi cette respiration » poursuit-il au sujet de sa chanson « préférée » du disque. Elle creuse le même terreau qu'Asbestos

« C'est inspiré du livre J'habite une ville [du cinéaste] Pierre Perrault, un recueil de poésie-documentaire que j'ai beaucoup lu. En le refeuilletant, j'ai fait un parallèle avec les monteurs d'aciers. Un de mes amis est monteur d'acier. Le livre parle du travail de ces gars-là, à l'époque des années 50. Ce sont eux qui ont motivé l'écriture de la chanson. »

Pour y aller

Mercredi 17 mai, 20h

Maison de la culture de Gatineau

819-243-2525; maisondelaculture.ca




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