Retour aux sources avec Diana Krall

Diana Krall... (Olivier Jean, Archives La Presse)

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Diana Krall

Olivier Jean, Archives La Presse

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« Pourquoi vous ne touchez pas au piano ? Pourquoi faites-vous de la bossa-nova ? Pourquoi vous ne chantez plus de jazz ? » Autant de questions auxquelles Diana Krall n'a pas à répondre ces jours-ci. C'est qu'avec son nouvel album, Turn Up The Quiet, la chanteuse et pianiste canadienne effectue le retour aux sources que plusieurs attendaient, proposant des reprises jazz sans artifices, ni fioritures, où son chant autant que son doigté ne sont jamais forcés.

S'inspirant des enseignements que lui a prodigués Ray Brown, Diana Krall a voulu donner forme à des chansons avec lesquelles elle serait parfaitement à l'aise. Un enregistrement avec différentes factures aussi, où elle évolue avec trois ensembles qui sont autant de formules, permettant d'offrir des titres épurés et d'autres davantage étoffés. On passe ainsi d'une configuration voix-piano-guitare-contrebasse sur Like Someone In Love, avec laquelle elle ouvre l'album, d'abord accompagnée uniquement de la contrebasse, à des orchestrations plus riches, comme sur la feutrée Night and Day de Cole Porter. La pianiste en elle s'exprime aussi, avec des envolées très bien senties, notamment dans la dynamique Blue Skies

Cette expérience a été si fructueuse que l'artiste de 52 ans nous a confié, sans cacher son enthousiasme, avoir encore l'équivalent d'un album de matériel qui pourrait voir le jour...

Q Turn Up The Quiet est clairement un retour aux sources : vous êtes de nouveau derrière le piano et vous avez renoué avec des complices de longue date comme Christian McBride (contrebasse), Russell Malone (guitare), feu le réalisateur Tommy LiPuma ou, encore, l'ingénieur de son Al Schmitt. Qu'aviez-vous en tête quand vous avez lancé ce projet ?

R Je voulais vraiment jouer du jazz décontracté, qui soit influencé par les grands albums qu'Oscar Peterson a fait avec des gens comme Ella Fitzgerald, Louis Armstrong, Ben Webster, Teddy Wilson, Fred Astaire - sur cet album, l'ensemble est tellement relax, c'est formidable ! Alors je me suis dit « tu n'as pas à forcer quoi que ce soit, sois juste toi-même, joue ce que tu joues. J'ai retrouvé des bandes que j'avais faites avec Ray Brown et Jimmy Rowles quand j'étais étudiante. J'ai médité là-dessus et j'ai fait ce duo avec John Clayton, qui avait aussi été mon prof. 

Q Comment êtes-vous tombée sur ces vieilles bandes ?

R J'avais enregistré ça sur mon Walkman quand j'avais entre 19 ans et 22 ans et que j'étudiais avec Ray Brown, Jimmy Rowles, John Clayton et Jeff Hamilton. J'ai gardé ça pendant 28 ans dans un étui. Je les ai fait transférer et l'an dernier, je suis tombé sur un enregistrement que j'avais fait avec Ray Brown et ça m'a complètement fait changer d'avis sur ce que je voulais faire. Je pensais aller vers quelque chose de très orchestré. Sur l'enregistrement, Ray me disait « joue quelque chose avec lequel tu es à l'aise » et il s'est mis à jouer avec moi. C'était comme si John McEnroe venait de t'envoyer la balle tennis et tu dis 'ok, voilà comment on se sent !' C'était hallucinant et je me suis dit 'Diana, fais juste jouer' - je ne chantais pas à cette époque - alors j'ai pris la liberté de faire avec Tommy LiPuma un album comme ça. Il y a du piano et il y a aussi de l'humour, je pense que c'est important. 

Q Plusieurs critiques ont été très durs envers votre album précédent, Wallflower (2015), qui réunissait des classiques de la pop et qui avait été réalisé par David Foster. Est-ce que vous vous êtes dit 'avec celui-là, on va les faire taire ?'

R C'est une façon très directe de dire ça ! Ha ! Ha ! C'est très amusant ! Vous pouvez dire ça - moi je ne peux pas ! Mais jusqu'à maintenant, avec l'expérience que j'ai eue avec les médias, je dirais que c'est le premier album que je n'ai pas à défendre. C'est le premier album depuis longtemps dont je peux parler de la musique dans un véritable échange et non pas en répondant à 'Pourquoi faites-vous ceci ? Pourquoi vous ne touchez pas au piano ? Pourquoi vous faites de la bossa-nova ? Pourquoi vous ne chantez plus de jazz ?' [...] C'est assez clair qu'on a réussi à faire ce que je souhaitais : un album avec lequel j'étais pleinement à l'aise. Je crois que je joue mieux, que je me sens mieux, que je suis davantage en paix avec moi-même et je pense que ça vient avec l'expérience et la maturité.

Pour y aller

Les 1­er et 2 décembre, 20 h

Centre national des arts

1-888-991-2787 ; ticketmaster.ca

Billets en vente à compter du 15 mai




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