L'humour en questions

Katherine Levac... (Etienne Ranger, Le Droit)

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Katherine Levac

Etienne Ranger, Le Droit

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Depuis sa sortie de l'École nationale de l'humour, le public a pu suivre Katherine Levac au petit écran, d'abord dans En route vers mon premier gala Juste pour rireSNL QuébecLes 5 prochainsCode F et PaparaGilles, puis dans Like-moi !, entre autres. D'autres l'ont découverte sur scène lors de divers galas d'humour. Couronnée de l'Olivier de Découverte de l'année en 2015, la Franco-Ontarienne prépare son premier spectacle solo, Velours, qu'elle vient roder à guichets fermés à Gatineau. Entretien avec une artiste qui redéfinit, par et pour elle, son rapport au temps et au devoir de « puncher » ses opinions.

« Quand on me dit que tout va vite pour moi, j'ai plutôt envie de dire : 'Enfin !'. J'avais hâte de pouvoir travailler sur mon premier spectacle ! » clame Katherine Levac, rencontrée à Ottawa, il y a peu, avant un événement corporatif réunissant des médecins au cours duquel elle devait livrer une courte prestation.

« Je vais leur parler de ma toute nouvelle carte-soleil, parce que, tu sais, je suis devenue Québécoise, maintenant ! » lance la fière native de Saint-Bernardin, dans l'Est ontarien, les yeux pétillants de malice et un sourire moqueur aux lèvres.

Si elle ne croit pas incarner son personnage de Paige Beaulieu au franc-parler teinté d'anglais dans Velours, Katherine Levac trouve ça quand même « riche » de faire rigoler des deux côtés de la rivière des Outaouais, « mais pas pour les mêmes raisons, ni de la même façon ».

Elle se réjouit donc de jouer avec les différentes pièces de son « casse-tête », profitant de son actuelle période de rodage pour tester ses numéros, confirmer le ton, retravailler les textes, voire les couper.

Le Velours de son titre, et fil conducteur de son spectacle ? Il renvoie à sa vie « sans grandes tragédies ». 

« Mais quand tu as une vie de velours, est-ce parce qu'on te l'a donnée, ou parce que tu t'organises pour que ta vie soit douce ? » soulève-t-elle d'un autre sourire mutin.

D'Opinions et de questions... de timing

Car l'humoriste de 27 ans se donne la liberté d'explorer des thèmes (son rapport à l'éducation, par exemple) en se questionnant plutôt qu'en campant des positions bien arrêtées. 

« Combien de fois, on m'a demandé ce que je pensais de l'affaire Mike Ward... Pour moi, c'est inacceptable, mais pas illégal. On m'a d'ailleurs reproché de ne pas avoir une opinion plus tranchée dans ce dossier. Mais c'est ça, ma vie : des fois, je ne suis pas certaine, et je change même d'idée ! »

Par ailleurs, et sans qu'elle s'y attende, c'est surtout son rapport au temps qui a changé dans le processus de création de Velours. Plus habituée à calculer la durée des temps morts entre les rires pour mieux les éviter, elle prend maintenant plaisir à revoir sa notion de rythme. 

« Dans un gala, un numéro dure au maximum six minutes. À d'autres moments, tu ne peux pas dépasser les 2 min. 30 sec. permises. J'ai donc vécu avec cette obsession de faire du ménage dans mes textes, tout le temps. Là, pour la première fois, je peux étoffer, faire respirer mes textes. Le temps pour m'installer est différent. » 

Elle accepte aussi de mieux en mieux de ne pas toujours faire rire tout le monde au même moment.

« En six minutes, devant plus de 3000 personnes dans un gala, tu ne peux pas te permettre ça : il faut que tu punches en ratissant le plus large possible », explique-t-elle.

« Dans Velours, j'accepte qu'un gag parle aux gens de mon âge et que quelques minutes plus tard, ce soit la génération de ma grand-mère qui me trouve drôle. Diviser les rires ne me fait plus peur. »

D'autant qu'écrire, pour cette ancienne étudiante en littérature de l'Université d'Ottawa, demeure l'essence première de son métier.

« Avec l'expérience, je ressens moins la pression d'être toujours drôle. Mon but, c'est de pouvoir retirer toutes les blagues et qu'il reste l'essentiel de mon propos, de ce que j'ai envie de partager, de dire. C'est pour ça que j'écris. Une joke bien placée provoque une réaction, et je l'aime, ce rire, mais il n'est pas mon moteur pour écrire. » 

Entre rodage et supplémentaires

Katherine Levac accumule les dates de représentations des deux côtés de la rivière des Outaouais.

En plus des séances de rodage en formule cabaret dans le foyer de la Maison de la culture de Gatineau (30 avril et 1er mai, 20 et 21 novembre, toutes à guichets fermés), l'humoriste reviendra dans la salle Odyssée, les 15 et 16 mai 2018.

Du côté ontarien, elle foulera les planches du Centre des arts Shenkman du 13 au 16 février, devant des salles combles là aussi.




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