La danse en trio

Rencontr3s a été présentée en première au Centre... (Patrick Woodbury, Le Droit)

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Rencontr3s a été présentée en première au Centre national des arts, jeudi soir. Le spectacle y tiendra l'affiche jusqu'au 22 avril.

Patrick Woodbury, Le Droit

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CRITIQUE / Explorer le format du duo, frotter la danse à un univers de science-fiction ou la considérer comme une matière malléable à merci; la carte blanche offerte à trois chorégraphes et trois compositeurs canadiens a surpris à plus d'un égard.

Rencontr3s, à la Salle Southam jusqu'au 22 avril, a fait converger leurs aspirations artistiques du moment, à la fois très ambitieuses et fort singulières.

Le concept ? Trois pièces jonglent avec les créations très différentes de trois compositeurs interprétées en direct par l'Orchestre du CNA. Soit un trajet excitant entre Caelestis de l'Alberta Ballet, Keep driving, I'm dreaming du Ballet BC et Dark Angels du Ballet national du Canada.  

Ces commandes passées à trois chorégraphes et trois compositeurs distinguent la détermination du Centre national des arts à ouvrir des portes et maintenir enclenchée la pédale création. Mais vers quelle direction ?

Interstellaire, sombre et très géométrique, la chorégraphie de Jean Grand-Maître apparaît ancrée à la fois dans l'infiniment grand de projections planétaires en fond de scène et l'infiniment petit du groupe de dix danseurs appréhendé comme une grappe d'atomes. Elle détonne du répertoire habituel de l'Alberta Ballet, davantage porté sur la culture «pop» avec ses «portraits ballets» et autre Casse-noisette présenté en alternance au CNA. Clair-obscur fuyant, lignes chorégraphiques sèches et diagonales en portés risqués...Sur la partition très cinématographique et tarkovskienne d'Andrew Staniland, Caelestis a dansé une fin du monde athlétique et flamboyante où la planète partait littéralement en fumée. 

Puis la chorégraphe Emily Molnar et ses danseurs du Ballet BC ont poursuivi l'esthétique cinématographique, cette fois transplantée sous le halo de projecteurs en découpe cartoonesque du plateau. Danse rotative et parfois répétitive, Keep driving, I'm dreaming a progressé en accélérations et décélérations, arrêts sur image, privilégiant la mise en lumière de l'individu face au groupe. Le surprenante partition de Nicole Lizée, éclectique et inattendue (sons de cloches et battements de mains convoqués) a offert une bande originale...très originale. 

En dernière partie, Guillaume Côté, plus connu à titre de danseur que de chorégraphe, a exploré la notion du duo en s'appuyant sur la technique classique de Balanchine. Asexués de prime abord, les duos se sont affirmés dans une relation homme/femme plus distincte avant de s'achever sur une figure féminine seule en scène, plongée dans le noir. La partition épique de Kevin Lau rehaussait la solennité de chaque mouvement...ou peut-être est-ce l'inverse. 

Pour le seul plaisir de voir ces chorégraphes présentés dans la même soirée, comparer leurs styles et partitions choisies, c'est un événement à ne pas manquer.




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