Les risques de Pierre Hébert

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Pierre Hébert sera en spectacle à la salle Odyssée de la Maison de la culture de Gatineau en novembre prochain.

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Vie de banlieue paisible. Tendance pantouflarde. Jeune papa comblé. Sans pulsion masochiste. L'humoriste Pierre Hébert n'est pas du genre à prendre des risques. Du tout. Et c'est justement pour combattre son côté routinier qu'une fois de temps en temps, se faisant violence, bravant ses appréhensions et ses « complexes », il s'engage volontairement dans le chemin qui lui semble le plus risqué.

Pierre Hébert (le fils « mascotte » de Mme Lebrun ; Vrak la vie ; Gang de malades) « ne parle pas nécessairement de risques énormes comme sauter en bungee ou partir au bout du monde », mais juste de « de se lancer dans le vide ».

« La vie est remplie de petits risques qui lui donnent tout son sens ». Souvent inoffensifs, comme « découvrir un nouveau resto ». On peut parfois y perdre quelques plumes, mais, dans l'ensemble, le jeu en vaut toujours la chandelle. « L'amour, c'est toujours un risque, quelque part. » 

Prendre des risques, pour Pierre Hébert, c'est simplement faire le choix « d'aller dans une direction sans savoir où tu vas arriver ». Dans son cas précis, c'est « plaquer à 23 ans un doctorat en psychologie pour se lancer dans une carrière en humour », parce que le choix initial le laissait tiède. C'est suivre des cours de motos à 35 ans. Se marier. Devenir parent. 

Et, pour son nouveau one man show, c'était se mettre en marché de façon anonyme, juste pour le plaisir de voir si le public était game de le suivre. C'est pourquoi Pierre Hébert a entrepris de vendre, pour 20 $, des billets pour aller voir un « humoriste mystère ». Dont le spectacle s'intitulerait Le goût du risque. Concept.

S'il était déjà intuitivement convaincu que le risque ça paie, son pari a clairement démontré la formule. Pierre Hébert, qui avait prévu de se dévoiler après 48 h, s'attendait à vendre quelques centaines de billets, de cette façon. Il en a écoulé 20 000 en deux jours. Le goût du risque se donne à guichets fermés partout à travers le Québec. C'est le cas à la Maison de la culture de Gatineau, où il est attendu jeudi 30 mars. La supplémentaire prévue le 18 mai affiche aussi complet. Il reste en revanche des places pour la représentation du 1er novembre. Mais il y a toujours le risque qu'elles disparaissent rapidement. 

« Quand j'étais jeune, avec mon grand-père, on faisait ce qu'on appelait des "tours de machine" : on prenait la voiture et on partait faire des nowheres. On arrivait à une intersection et il me demandait : "est-ce qu'on tourne à droite ou à gauche ?" Et l'itinéraire se décidait comme ça, au gré des lumières rouges et des intersections. Ce qui était génial, c'est qu'on finissait toujours par arriver à un nouveau restaurant qu'on n'avait jamais vu avant. »

Le doux souvenir du nowhere

C'est en remuant ces souvenirs d'enfance que Pierre Hébert, devenu jeune père de famille, a pris conscience à la mi-trentaine qu'il était rendu à un point dans sa vie où « tout était contrôlé, planifié d'avance ». Qu'il savait toujours bien trop précisément où chaque pas le conduisait. Une vie confortable, sans houle ni surprise. Mais pas sans amertume. « J'ai réalisé que ce n'était pas le modèle que je voulais donner à mes enfants ». L'épiphanie est puissante. Les ressorts du ti-Pierre aventureux font boïng. Les décisions qu'il prendrait dans la foulée seraient, décide le papa, dictées par de plus hasardeuses folies. 

« Tout ça est cyclique. Dans nos vies, il y a toujours un moment où on prend des risques... puis on revient à notre zone de confort pendant un bout de temps avant de faire "OK, c'est le temps d'en reprendre d'autres". Et moi, j'étais justement dans un moment du cycle où j'étais dans mes pantoufles. C'est bien, d'être dans ses pantoufles... mais si tu l'es trop longtemps, tu pognes la poussière puis tu passes à côté de ta vie. » 

« On est fasciné par l'idée de se lancer dans le vide, parce que ça nous fait envie et ça nous fait peur en même temps. J'ai plein de complexes et j'ai souvent peur - De la mort, de décevoir, de ne pas plaire. Mais à chaque fois que j'ai pris des risques dans ma vie personnelle, ç'a été très positif », note-t-il en mentionnant, pour l'illustration, sa rencontre avec celle qui allait devenir sa femme. « On était dans un bar. On ne s'était jamais adressé la parole avant. Je me suis approché et, [en dépit de mon physique moyen] je lui ai demandé : "veux-tu frencher ?" Elle est partie à rire... c'était gagné! »

Voilà précisément la dualité que l'humoriste a voulu disséquer dans son deuxième spectacle solo. Si la prise de risques en est le fil conducteur, sa femme et leurs deux enfants - Agnès, 2 ans et Alfred, 2 semaines - en sont le moteur. 

« Je parle énormément de ma famille. Je ne suis pas revendicateur, je ne fais pas d'humour politique ou "social". J'ai un background en psychologie. Ce qui m'intéresse, ce sont les individus, leurs réactions, leurs interactions. J'ai vécu plein e choses ces dernières années : je me suis marié, j'ai eu des enfants, j'ai voyagé, j'ai été malade... c'est un quotidien très riche, et pourtant c'est ce qu'on vit tous! Et je pense que ça fait écho chez les spectateurs ».

Pour y aller

Où: Maison de la culture

Quand: 1er novembre, 20h

Renseignements: 819-243-2525 ; odyssee.ca




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